Lettre de Mercy-Argenteau, tijaoût
2. « Aussi longtemps que la reine ne sera pas le point central des affaires, il faudra s'attendre aux plus grandes fautes et à
même à son mari Ty autorisait, et le péril de son fils lui en donnait le droit. Si la France eût senti une main de roi, cette main fût-elle celle d'une femme, j'ose dire que la France s'y serait accoutumée, malgré la loi salique. Marie-Antoinelte ne voulut pas de ce rôle, et, si elle n'en voulut pas, c'est qu'elle ne s'en crut pas capable. 11 en arriva que, ne prenant pas tout le pouvoir, si peu qu'elle en prît, on trouva que c'était trop; en sorte qu'elle trahissait elle-même la faiblesse du roi par son scrupule à le supplanter. Dans cette situation misérable, entre la royauté qui s'abandonnait et la Révolution qui ne voyait déjà plus dans le roi qu'un dernier abus à supprimer, que restait-il à la reine, sinon ce rôle équivoque d'importuner les cours étrangères, sans avoir pour ellemême et sans pouvoir donner aux autres l'assurance qu'elle ne serait pas désavouée?
Non, les grands talents manquant, aucune politique de salut n'était possible. La royauté, comme la Révolution, est désormais sous l'empire de celte force irrésistible par laquelle il plait à Dieu de confondre les desseins par les passions et les calculs par l'imprévu, de pousser tous les caractères hors de leur mesure et de ne laisser innocents, dans le bouleversement unimille dangers. Car enfin, il faut dire le mot, le roi est incapable de régner, et la reine seule peut y suppléer. » Le comte de La Marck au comte de Mercy-Argenteau, 28 septembre 1791.