SC& LX JOURNEE BU CHRÉTIEN
temps 9 et que la dignité du discours fait partie du respect dû aux vérités divines que notre devoir nous commande d'annoncer. Saint Paul, parlant aux Athéniens, nous en a donné l'exemple; et certes ce sublime ignorant dans l'art de bien dire*, cet homme qui ne savait que Jisus-Ckristj et Jésus-Christ erueifié % ne douta pas alors de la puissance de la croix. ^.
A Dieu ne plaise que notre confiance ait non plus d'autre fondement. Nous n'espérons qu'en la croix , nous n'attendons que d'elle l'unique succès où nous aspirions , qui est de gagner des âmes à Jésus-Christ ; et ce désir ardent que sa grâce met en nous , et que nous le prions de bénir , est tout ensemble et notre encouragement dans nos travaux, et notre soutien dans les contradictions qui pourroient nous être suscitées , et toute notre joie sur la terre.
Après avoir donné une idée succincte de l'ouvrage que nous publions, il nous reste à parler des dispositions avec lesquelles on doit le lire pour en tirer un véritable fruit. Il suffira de quelques courtes réflexions.
Même parmi les chrétiens foibles que le monde entraine, il en est peu qui se dispensent^ des devoirs extérieurs de religion, de la prière^
• BoMQtl. — « I Cor. , Il , 9. -*s/éM.,i, 17.
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de TassisUDce à l'office divin ; mais trop sou* vent on ne s'acquitte de ces importants devoirs qu'avec une froide indolence, une attention distraite 9 et par une sorte d'habitude où l'âme n'a presque aucune part. On est tranquille cependant, et Ton se persuade avoir accompli toute justice , parcequ'on a pris soin de se conformer à la lettre du précepte. Illusion déplorable 1 Qu'on écoute Dieu même : (k peuple m'honore des lèvres , et son cœur est loin de moi \ La prière qui ne part pas du cœur se dissipe avant d'arriver au ciel ; elle ne glorifie pas , elle outrage celui à qui elle s'adresse. Aussi considérez le châtiment : Dieu irrité prépare pour cesfaux adorateurs^ un breuvage assoupissant, et leurs yeux se ferment» Dans ce sommeil j il leur semble qu'ils ont faim et qu'ils mangent, et au réveil leur âme est vide. J Itérés, ils rêvent qu'ils boivent 9 et ils se réveillent pleins de laesi* tude 9 et ils ont encore soif, et leur âme est vide \ Tel est l'état effrayant des chrétiens tièdes et aveugles dont nous parlons , et c'est à eux que s'adressent ces paroles terribles de Jésus- Christ : Tous ceux qui me disent , Seigneur ^ Seigneur 9 n'entreront point dans le royaume des eieux K N'est-ce pas asseik d'une pareille^ me-
> Mue.*, Yii, 6. — •Ii.yiiiK^ioetS. — *lUU.«tru,ai.
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Dftce ? Qu'attendent-ils de plus pout sortir de leur mortel assoupissement? Après les mots qu'ils viennent d'entendre» il n'y a plus que ceux-ci : A liez ^ maudits ^ au feu étemel '/
Dieu exige qu'^n l'adore en e$prit et en vérité '. Or toute la TÎe du chrétien doit être un grand et perpétuel acte d'adoration : car la ?ie ne nous est donnée que pour tendre vers Dieu et nous unira Dieu par une parfaite obéissance de notre raison » de notre cœur et de nos sens, à ses lois.
MaiS) pour pénétrer encore plus ayant dana cette sainte doctrine , qu'est-ce qu'adorer Dieu en esprit? C'est l'adorer par ce qu'il y a en nous de plus élevé et de plus intime» notre intelligence ; et comme on n'adore que ce qu'on connoit) et que par elle-même notre intelligence est incapable de connoître Dieu » l'ado* rer en esprit , c'est l'adorer par la foi, et dès lors l'adorer en vérité j puisque notre foi repose , non sur l'autorité ou la pensée de l'homme » mais sur le témoignage de Dieu même , ou de la souveraine vérité. Et cette vérité souveraine étant aussi le souverain bien » on ne peut la connoître sans l'aimer; et la foi produit l'amour» d où dérivent tous les actes extérieurs
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du culte. Par eux , l'homme réalise au dehors son amour et sa foi, comme la vérité et Tamour infinis, ou Dieu lui-même se réalise extérieurement sur nos autels. Et de même qu'il s'unit à nous par la présence réelle de sa vérité , de son Verbe fait chair, bous nous unissons à lui par un culte qu'animent une foi et un amour réellement présents ; et , sans cet amour et cette foi 9 notre culte n'est qu'une vaine cérémonie et une coupable dérision.
Ainsi donc la vie chrétienne est une vie dé foi et d'amour ; et l'amour et la foi doivent être le ressort, le fond, l'dme, non seulement des œuvres propres de religion, mais de toutes nos actions, de tous nos sentiments ^ de toutes nos pensées, sans quoi âotre culte est incomplet, et nous ne sommes plus du nombre de$ vrais adorateurs qui adorent le Père en esprit et en vérité.
On voit encore que l'Eglise seule peut rendre à Dieu un culte digne de lui, parcequ'elle seule a reçu les promesses de vérité et la plénitude de l'esprit d'amour , en sorte que notre culte , toujours imparfait, n'a de prix que par son union avec le culte de l'Eglise; et nous sommes d'autant plus unis à elle , et par elle à Jesus-Christ , et par Jésus-Christ à la Trinité tout
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entière que notre foi est plus profonde, et notre amour plus ardent, Redisons-'le donc avec les apôtres: Seigneur ^augmentez notre foi*; enflammez notre amour : jusqu'ici nous n'ayons point aimé. Jusqu'ici nos actions , nos pensées , nos prières mêmes , ont dû , au lieu de votre grâce, nous attirer le reproche que TOUS adressiez à yos disciples : Où est votre foi*? Nous avions faim et nous avons cru manger; nous avions soif et nous avons cru^hoire ; et notre âme est demeurée vide. Je s us, qui voyez notre misère, soyez-en le réparateur ,* ayez pitié de notre indigence , nul n'est plus pauvre que nous : et Dieu n'a-t'ilpas choisi les pauvres en ce monde pour tes rendre riches dans la foi, et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment \
' Luc. I ivii, 5. — ' mdf fin 9 »5« ^ ^ Jtcob. # ii » 5.