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diate, comme chacun sait, de prévue tous les maux qai ont accablé le genre humain. Il n'est, dans nos collèges t)ii les lumières ontfmt tant, de progrès , si petit écolier qui , sur ce point, ne fQrtifi^de tout le poids de son opinion^ rautoritédesprofdndS penseurs à qui le monde .doit cette précieuse découverte. £aûii c'est uo concert général de plaintes sur les calamités qu'entraînent à' leur suite les. religions posittves. Et remarques qu'en même temps on ne reconaoit pour vraies que les choses positives^ comme on les appelle ; de sorte que la «Tenté dans la religion Ëeroit précisément ce qui la rend funeste , et qu'on n'aùroijt rien à lui reprocher si, par bonheur, elle n'étoit pas vraie. On ne la craint , on ne.^a rejette qu'autant qu'dte n'a |)as l'avantage d^trc fausse; car, en cç cas , ell^ ne présenteroijt qi danger ni inconvénient , au contraire peut-Ôtre..t
Tout cela e&t singulièrement himiûeu-x et philosophique. Mais, dans ui^ autre sens plus conforme aulangage ordinaire des hommes, u*e8t-ce pas quelque chose d'étrangement bîMrrc^ pour employer une expression douc£, que ces déclamations de nos sages contre Tes religfous positives? Qw'j a-t-il en toute religion? Des dogmes, des préceptes, tm culte. Qrconçoi^n
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des dogmes, des préceptes, un culte, qui ne soient pas nécessairement posttifs? Conçoit-on une religion où l'on n& sviUVoitpasiUveniientiA ce qu'on doit croire^ ni ce qu'on doit pratiquer , utte religion qui' n'auroit. ni symbole ^ uf com- . mandements? une religton qui, pour toute règle de conduite et de foi, diroit aux hommes : « Je ne sais pas positivement s'il existe un Dieu, »6i on lui doit Ofn culte, ni quel culte on lui »doit. Je' ne s^ispas positivement si l'âme est aimmortelle, si la justice' divine lui réserre >dans une autre Tie des peines et des récom- 1 penses, ni quelle sera la durée de ces rccom- 1 penses et de ces peines dont la nature m'est > totalement inconnue. Je ne sais pas positive^
• ment si le créateur 'de l'homme, quel qu'il
• spit, lui a imposé des devoirs, ou l'a laissé » entièrement maître de ses croyances et de sos . «actions. Je ne sais pas positivement t'iV y a •quelque chose de réel dans ce qu'on nomme 1 crime , et quelque chose de réel dans ce qu'on » nomme vertu» i
Toute religion qui ne tient pas ce ||ngage, toute religion qui décide quelqu'une de ces inportantes questions, est, au plus haut degré, une religion positive. ProscrîVe les religions positi-' ves , c''cst donc proscrire toute religion. Il en-
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faut bien venir là, dès que l'#n s'entend^ et t'est bicQ là aussi qu'on en veut venjr. Mais pourqiioi ne le pas dire franchement. On se déguîset on s'enveloppe » on prend des détoim, pour ne pas heurter de front la conscience uni- Terselle. Il y a des doctrines si hideuses qu'elles effraient quiconque les regarde en face^ On est contraint de les Toiler pour aiioïblîr l'horreur et tromper les reidords.
U y a d'étranges opinions daas le monde , et ce ne sont pas les moins fortement établies. Quelle est la sottise crfminelle dont on n'ait pas fait une maxime , une sorte de loi, en ce siècle de lumières ? Écoutez nos sages : Un enfant doit toujours , disent-ils , suivre la religion de son père. Ils n'en exceptent qde les ûlles; celles-jà s'en'rapporteront à kur mère , ou à leur mari. C'est la loi salique en fait de religion ; on succède de mâle en, mâle par ordre de primogéniture. Un homnite hohxme ^^ disent-ils encore, ne change pas de religion f c'est^-à-dire un bo^oéte homme qui s'est abusé sur son éeYoîr le plus essentiel doit persister inrariablement d^tns son erreur jusqu'à la fin ; un honnête homme ne renonce j&mais à des opinions fausses reçues dés l'enfance > quand son
sort éternel dépend de rabaodon qu'il lui est ordonoQ de faire ; un honoête hoàime ne tient aucun compte de la vérité , lorsqu'elle intéresse son sal-ut; un honnête homme qui a eu quelque temps le malheur d'ignorer iln commau'-
' dément que Dieu lui a fait, et à tous les hom-* mes 9 sous peine de mort , n'obéit point à ce
' commandement , lorsqu'il le connoît, et^. plutôt que. d'avouer son ignorance première , il se résigne à subir toutes les suites de cette coupable désobéissance ; un honnête homme qui, par une fatale méprise , a mal vécu pendant des années, n'hésite point de continuer À mal vivre; un honnête homme, éloigné de Dieu, ferme obstinément . l'oreille à la voix de ce Dieu qui le rappelle à lui; un honnête homme qui a fait un pas sur le chemin de l'enfer ne s*en détourne jamais.
Il est vrai néfanmoins , en un certain sens , qu^un honnête homme ne change pas de religion j par la raison toute simple qu'il n'y en à* pas deux , qu'il n'en existe et qu'il ne peut en exister qu'une seule. On l'embrasse quand on n'en a point ; quand on la quitte , on n'en adopte pas une autre; car une opinion y quelque vive qu'elle soit, n'est pas plus une religion, qu'une secte n'est une société. C'est le pouvoir 9 et un
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pouvoir souvemip /qui fstit la société ; c'ùsi la loi, et une loi certaine, absolue, qui fait la relîgîon. Ainsi jamais il ne^Jicut y avoir de changement, d5î passage, d'une reUgion à une autre,. pas pins qu'on ne .peut passer de la croyance d'urt Dieu a la croyance d'un autre Dieu. On est théiste , ou l'on est aljiée ; on est membre de 1 Eglise , ou l'on n est d'aucune tigjise ; on est de la seule religion divine , ou l'on n'est d*aucune religion. Tout se réduit là , «t c'est là-dessus que„ chacun doit prendre son parti.
L*homtoe croit nécessairement ; il faut donc que la religion l'empêche de. croire ce qui seroit funeste à lui-iiiéme et à ses semblables.
L'homme corrompu hait natui^Ilement la vérité ; il faut donc que la religion le force à croire cette vérité', qu 'il. hait parcequ 'elle le contraint à la perfection. ,
Or-, on ne trouve ces deux cUoscsxjuedans l'Eglise catholique.
L'Église anglicane parle ajix protestants le langage des cî^tUoliques , et aux catholiques le langage des protjpstants; elle attaque avec l^rreur. et se défend avec .la vérité.
U n'y a pas. en Europe un seul homme ins-' truit qui ne sache que le protestantisme est une monstrueuse absurdité. Mais on le mé^ prise comme une sottise, et on le soutient comme une révolte. .
On ne sait pas assez, à quelle perfection de vertu certains homizies ont dû s'élever, pour que les autres hommes eussent des vertus ordinaires. Ce que la société doit, sous ce rapport, aux ordres religieux est inappréciabre. Plus qu'aucune autre institution , ils ont con« tribué à introduire le christianisme dans les
mœurs.
Tous les i9Ponstres de cruauté ont été des monstres de débauche: s*il est des exceptions , il y en a bien peu. Le moyen de donner au peuple le goût du sang est de corrompre ses mœurs, comme 00 l'a bien vu pendant notre hideuse révolution : toujours on y prépara les massacres dans les orgies. Aux voluptneux romains il falloit des spectacles atroces j lô cirque , le^ gladiateurs. Parmi nous, le parti qui lue se compose d'hommes horribles par l^ur dépravation. Chose m$;rveilleuse , la ^chasteté rend les hommes doux , humains , compatis-
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en elle. CùftlarbaUB êunt génies et içcUnata 9tmt régna.
Quand rhomme ne compte que sur luimèfne pour son salut, la société ne compte non* pUis que sur Jës hommes pour se sauver. Elle attend tout de la raison particulière , elle lui demande la vérité, Tordre, la vie; on en a fait un Dieu , elle l'invoque.
Que dire d'en peuple qui , dopné en,^pectade d'épouvante aux autres peuples , subissant pour un crime sans exemple un châtiment sans exemple, se croit l'objet pi^ivilégié de lamour du Dieu qui exerce sur lui ses vengeajtces , et s'enorgueilKt en loi-même d'u^ supplice de dix boit siècles?
Il a voulu être sauvé seul, et seul il seinbje exclu du salut, tant ille repQusse obstinément. Il a voulu dominer sur toutes les oatiotts, et toutes' les nations dominent sur lui.- Il a refysé constamcnQnt d'élever ses^ros.Vières espérances au»dessus de laUerre , et tout ce qui est de la terre lui a^té enlevé sans retour. Seulement un peq d'or, amassé péniblement .par un vil trafic, sert de pàturo A son avidité abjecte, jusqu'à ce qu'il devienne une dépouille qui tente ses oppresseurs.' • •
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Dans le' mouTement des choses humaines, nulle ré*olution n'a pu le détruire , ni le taire reoioater au rang de peuple ; rien ne desceud jusqu'à lai ; son état est si bas , qa'il ne peut rendre à aucifn homme le mépris qu'il inâpire à tous. La justice qai le poursuit l'a privé même de ce soi^ag;emeDt , |et ne lut a laî!^ la haine que parc^qu'elle est ua,e souffraiice de plus- Juifs! dites-nous donc qui voiis êtes; révélez-jious le seeiet de votre iDconcevable existence et de votre prodigieuse misère. Qui tous agite, qu^ tous tourmente, qui tous force à errer sans oesse, comme l'auteur du premier meurtre?
L'univers le sait, eux seuls l'ignorent; le mystère dç leurs destïpèes leur est impénétrable. Il y a eu une parole prononcée sur eux ; ils ne sarent pas quelle est cette parole, mais ils croient l'entendre partout, et ils fuient.
Ils ont mouillé de leurs larmes toutes les contrées du monde, et pas une de ces larmes n'est tombée sur un coin de terre qui fût à eux. Partout'où il y a quelque opprobre à subir , ils y sont; ils n'ont point d'autre patrie.
Sans magistrats, sans goureroement, sans aucune forme de société, ils ne vivent que
de sQUTenirs çt d*unef gran()e illusiOB dont ils tfichent vainement der fèlfe un€ espérance, le temps est fini pour, eux ; fn diroit qu'ils ont déTancé le reste du genre iràmaiD , et qu'as l'attendent pour entrer dans l'éternité.
Il lut dit i la fempne :. Tu enfanterai avec dou-^ hur; et à l'homme s La terre à iU manàtU à eau$e nie toij tu numgerm de êcê fruiît d«its^ te
travail, eiiu ie nourriraè de pain é la weteur de
Travail et douleur» voilà done ce qui est promis à la raec humaine , voilà l'héritage des enfants d'Adam ; maudits, ils sont jelé^sur >ine terre a^audite , pour y remplir leur destinée , jusqu^au jour où s'accomplit cette autre parole : f^oui iteepoumere , et^vaus retournerez en poue-sière.
A quoi revient-il de se hitt Ulusion ^ d'ajou^ ter la vanité de nos pensées à ta vanjté de notre vie ? Nous aurons beau fouilbr en ftous^m^êmes, nous n'y trouverons que cela : c'est tout te que notre père a pu nouS' donner.
Qui no seroit, en se regardant , effrayé de sa misère? Perdu dans l'espace comme dans la durée, cet être, au fond duquel l'orgueil se remue , ignore tout et s'ignore lui-même. Sa
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nature , $a Trie , lui sont incompréhensibles. Naître, mourir, qu'est-ce? Le "Bait-on? On a cru voir passer une om^re et entendre une plainte; c'étoit ce qu'on appelle l'homme. ^ Oh ! qu'elle est belle , la, foi qiii , dans cette ombre insaisissable, nous montre l'image îo)* mortelle de Dieu ; la foi qui /«'élevant au-des-r^ sus de la terre , au-dessus dti tempe , réalise oç qui n'est pas encore , et transforme cette plainte fogitive en un chant éterûel de joie et d'amour!