CONCLU AVEC LE 8AINT SIÈGE
TEglise , ils sentent la nécessité d'un arrangement aTec Rome.
C'est dans ces circonstances qu'a été coacIu le traité que les fournaux bous ont fait connoitre, , et qui, selon le poiot de vue tous lequel on l'envisage 9 inspire des réflexions bien diverses.
Si l'on considère avec queb hommes le Bape avoit à négocier, et ce que leurs dispositions pouvoient faire craindre , on comprendra facilement que le Saint-Siège n'a eu que trop de motifs pour se résigner à de douloureux sacrifices. Ainsi , en gémissant sur la position où le souverain Pontife s'est trouvé, les catholiques reconnoitront , dans les concessions mêmes qui lui ont été arrachées , une preuve de son amour pour l'église de France. Ce qu'il a pu faire, il l'a fait ; il a consolé plus de vingt diocèses dépourvus de premiers pasteurs , réservant d'ailleurs l'exécution du concordat de 1817, de nouveau garantie, sauf quelques légères modifications , par la parole sacrée du Roi.
Mais les raisons de nécessité qui justifient la conduite du Pape accusent nos ministres. Qui a créé cette nécessité , si ce n'est eux? IN 'est-ce pas leur volonté seule qui s'oppose & l'exécu-
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lion du concordat ? et sous quels frivoles prétextes ! < Les charges qui pèsent sur le royaume M ne permettent pas , disent-ils , rétablissement »des quatre-vingt-douze sièges épiscopaux '. t Mais le projet de loi présenté le aa novembre 1817 à la Chambre des députés par le ministre de Tintérieur ne porte-t-^il pas , art. ^in Lvl I» dotation des archerêchés et évêchés sera pré- 9 levée sur les fonds mis à la disposition du .»Roi par l'article i^3 de la loi du 25 mars dei^ • nier. • Maïs plusieurs villes n'ont-elles pas offert de venir, en cette circonstance, au secoure de l'État? Mais les évêques n'ont-ils pas hautement déclaré que , sacrifiant avec Joie tout intérêt personnel, ils ne demandoient que la permission d'aller évangéliser leurs troupeaux? N'importe, on ne souffrira pas qu'il j ait plus de cinquante évêchés en France ; et les ministres du Roi détruiront son ouvrage pour conserver celui de Buonaparte.
II faut avouer aussi que leur' position est difficile. Si vingt-cinq millions de Français Veulent la religion de leurs ancêtres , les jacobins n'en veulent pas , et le ministère doit des égards aux jacobins. Que fera-t-il dono? Il ré-
' Allocation prononcie par le Saint-Père^ dant le conaiitoire da i3 août 1819.
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dmrtk le plus possible le nombre des évèques , pour diminuer Tiiiflaence du corps épîscopal , et empêcher les établissements religieux de se multiplier. Il opprimera sourdement le clergé par des mesures administratives ; il s'efforcera de lui Oter la liberté de ses fonctions ; il persé'^ cutera de mille manières les écoles ecclésias-» tiques , prescrira Tenseighement dans les séxntnaires, réglera la discipline, entravera lès missions , et fera périodiquement insulter les missionnaires dans les journaux k ses ordres. Ce n'est pas tout , et si le parti dont il s est rendu l'instrument exige qu'il se prononce arec encore plus de force et d'éclat, il effacera de nos lois jusqu'au nom de la religion , et l'Europe saura -qu'en France on est libre d'attaquer
• L'esprit do miniftère fe l^it remarquer jasque dans les moindres deuils de fadminiitralion. Après atoir enlevé ans petits séminaires leur principale ressource, eq leur défendant de recevoir des externes , feignant pour eaz un tendre intérêt , i( les recommande à la munificence des conseils de département : mék la circulaire ministérielle , datée du 39 juillet , est envoyée précisément à l'^èpoque où au moins la plupart des conseils dëpaftementanz , ayant terminé leurs opérations, ne peuvent plus voter les secours qu'on a l'air de leur demander. Grflce à cette rase ingénieuse, on laisse dans-l'abandon les écoles ecclésiastiques en paroissant les protéger. En vierité , au point où nous en sommes , I0 ministère poorroit s'épargner ces petits frais d'hypocrisie.
72 ^UE l'aBRANGSHENT conclu ATSG le s. SIEGE.
le culte établi, la première iastitution de TÉtat, le Christianisme et Dieu même.
Que les hommes cependant qui se s^ut réjouis d'un pareil scandale apprennent qu'ils se trompent dans leurs calculs. La Religion, qui a triomphé de* la barbarie des lois , triomphera de leur indifférence. Le désordre et Terreur n'ont qu'un temps; la yérité est éternelle. Quelle^ que soient les épreuves qu'elle doit encore subir, la victoire lui est assurée. En vain l'impiété se flatte de la chasser de la terre ; ja-* mais il ne lui sera donné de prévaloir contre elle, et il restera toujours un chrétien pour annoncer Dieu sur la tombe du dernier athée.
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