PAR II. LE COMTE DE UAISTRE
(i8ao.)
Dans le sièole où nous vivons, beaucoup de gens n*apprendrout pas sans surprise qu un homme du monde, un homme d'état, en qui toute r£urope reconnoit une haute supériorité d'esprit , ait écrit un livre de théologie ; et on les étonnera davantage encore , en leur disant que ce livre , plein de réflexions piquantes , de traits d'éloquence et de vues profondes , est un des ouTrages les plus remarquables qui aient paru depuis long<«temps. En arrêtant sur la terre lès pensées de ses disciples, la philosophie a tellement rétréci leur raison , qu'elle ne peut plus s'élever à rien de grand ; car il n'y a de Traie grandeur que dans l'ordre moral » et Dieu en est le terme extrême. Elle a créé , au milieu de la civilisation, une race de sauvages, uni<quement occupés des choses matérielles et d'intérêts du moment. Parlex-leur de ce qui s'y rapporte , ils écoutent , ils entendent ; mais au-delà de ce cercle étolt, tout est chimère à
$û SUR UN OUVKiGE INTITULÉ
leurs yeux. Jamais on ne vit d'ignorance si stupide et si vaine , et bientôt , peut-être , on n'en aura jamais vu de plus générale. Qui sait aujourd'hui ce que c'est que la religion? qui en comprend l'importance? Etrangère à une partie de la génération naissante, à peine tolérée par les gouvernements les mieux disposés en sa faveur 9 violemment attaquée par les ennemis de l'ordre social, sous quelque bannière qu'ils se rallient, objet d'indifférence et de mépris pour les uns , de haine et de persécution pour les autres , mais sûre de ses destinées , elle s'avance à travers le monde qu'elle a sauvé et qui la renie, protégeant sur son passage et les nations qui l'insultent et les puissances qui Toppriment, et guidant vers le royaume qui lui e%t préparé le petit troupeau à qui Jésus-Christ recommandoit de ne pas craindre^.
Malheur aux peuples qui la bannissent ou qui l'abandonnent ! Véritable lumière des intelligences, à mesure qu'elle s'éloigne, tout s'obscurcit; d'éj^aisses ténèbres couvrent la société; elle n'y voit plus , elle ne reconnoit plus ni la vérité ni l'erreur, ni le bien ni le mal , ni les devoirs ni les droits ; elle cherche en vain le
> Jf otite (imere putiltas grex, quia eomplaemi patri vcslro daté 'v9é^ n||«irfiii Lttc, XII» 3i*
pouvoir égaré dans la nuit : dans cette nuit tous
sont égaux, tous sont maftres, parceque tous sont seuls.
Voilà notre état, et Toilà ce qui frappe les hommes capables de réflexion. Témoins de ce grand désordre , leur pensée s'élève naturellement vers Dieu , principe de tout ordre. Dans l'effroi que leur inspire l'obscurité profonde répandue autour d'eux, ils montent sur les hauteurs pour découvrir quelques rajons de l'astre qui a cessé d'éclairer la terre.
La religion seule explique Terreur , parcequ'elle renferme toute vérité ; seule elle explique le mal, parcequ'elle est la source de tout bien. Expression complète de Dieu et de l'homme , loi éternelle des esprits , la raison hors d'elle n'a point de règle non plus que le cœur, et les actions n'ont qu'une règle arbitraire , imposée par la volonté de l'homme. Et comme la volonté de l'homme qui n'obéit pas à hk vérité varie sans cesse, et se déprave sans cesse , le désordre va croissant dans la société que ne régit plus la religion. Cela s'est vu bien clairement de nos jours , et l'effroyable confusion où le' monde social est tombé après l'invasion des doctrines philosophiques , a pleinement révélé les lois de la vie et de la mort des
84 6i;h un ouyhage intitule
nations. La lumière est sortie du chaos ; et , sëleyant sur ces énormes ruines, on a découvert les fondements de l'édifice détruit ; les vrais rapports des êtres entre eux , qui constituent tout ensemble et la société et la religion , ont été connus ; et dès lors la vérité de la religion ou du christianisme a été aussi évidente pour la raison , que la nécessité de la société et que son existence même.
Ce nouveau genre de considérations et de preuves qu'a fait naître le développement de l'erreur , par cela même qu'il résulte de la situation actuelle des esprits , est plus qu'aucun autre approprié à leurs besoins. Il étoit donc à désirer qu'on l'appliquât aux grandes ques* tionsdu gouvernement de l'Eglise et du pouvoir de son chef, questions pratiques et d'une importance qui se fait sentir à tous les instants. Personne n'étoit plus capable que M. le comte de Maistre d'exécuter cet utile dessein. On est étonné, de la multitude d'aperçus neufs , ingénieux , profonds , que renferme son ouvrage. Sans négliger les preuves ordinaires d'autorité et de tradition , preuves décisives dans l'Église , où l'autorité ne défaillit jamais, il établit invinciblement , par des preuves d'une nature différente , les droits d'un souverain Pontife, égale-
ment pressant , également fort ., lorsqu'il fait f'
entendre la sainte voix de l'antiquité et la voix de là raison , qui s'accordent , comme il devoit \
être , pour prononcer le même jugement.
En défendant la doctrine ancienne , M. le comte de Maistre est contraint d'attaquer des i
opinions que les parlements avoientpris à tâche ^
d'accréditer en France ; mais il les attaque sans aigreur. Faudroit-il se fâcher si la magistrature ,
ordonnoit de soutenir que les planètes nedoi- ".J'^^vent pas tourner autour du soleil, et qu'en maxime de droit c'est le soleil qui doit tourner autour des planètes? Le monde n'en iroit pas moins comme Dieu l'a voulu , malgré les itératives remontrance$ ^ et l'arrêt de la cour, et toutes les thèses y conformes.
Et comment M. de Maistre auroit--il mis de Tamertume dans la discussion , lui qui , François par le cœur, ne parle qu'avec transports
de sa patrie d'affection » de cette nation prirc-
ligiie 9 extraordinaire ', destinée à jouer un rôle
étonnant parmi les autres , et surtout à se retrou^
ver à la tête du système religieux en Europe '• Pénétré de respect et d'admiration pour
l'Église de France], il fait de cette illustre Église
un éloge aussi juste que magnifique 9 et que
> Dm Piip9 , toni. i, Diicoart préUraîDaiir et pag^, iiiii et iirii.
as StJR Uff OUVBAOE INTlTUli
nous pouvons opposer avec orgueil aux calom* oies dont eile èit Tobjet,
« Il y a dauB le gouyeniement naturel , et » dans lea idées nationales du peuple françoia ,
• je ne sais quel élément théocratique et reli- ■ gieux qui se retroufe toujours. Le François a
• besoin de la religion plus que tout autre homime; 6*il en manque, il n'est pas seulement » affoibli , il est mutilé : voyes son histoire. Au » gouvernement des druides qui pouvoient tout, » asuccédé celui des évoques qui turent constam-
• ment, mais bien plus dans l'antiquité que de » DOS jours 9 les canMeillêrs du roi en tous ses eon^ » seilê. Les évoques , c'est Gibbon qui l'observe , •ont fait le royaume de France^ : rien n'est plus » vrai. Les cvêqueson^cwfMfrcitl cette monarchie,
• comme les abeilles construisent une ruche. » Les conciles, dans les premiers siècles delà mo-
• narchie, étoient véritables conciles nationaux.
• Les druides chrétiens, si je puis m'exprimer » ainsi, y )Ouoieat le premier rôle. Les formes
• avoient changé, mais toujours on retrouve
• la même nation*...
• Le christianisme pénétra de bonne heures
• Hiitoire de la Décadence p etc. , tom. tu, ch. xxitiii, édition d« lfândaii« 1811. — • Du Pape 9 Diicoan préliminaire, pagj(»ii et nuv.
ÙV PAPE. S7
• les François , avec une facilité qui nepouvoit »étre que le résultat d une affinité particulière. » L'Eglise gallicane n'eut presque pas d'enfance;
• pour ainsi dire en naissant , elle se trouva la •première des Eglises nationales, et le plus
• ferme appui de l'unité.
• Les François eurent l'honneur unique , et
• dont ils n'ont pas été à beaucoup près assez
• orgueilleux, celui d'avoir constitué ( humai- > nement ) l'Église catholique dans le monde , 9 en élevant son auguste chef au rang indispen-
• sablemeat dû à ses fonctions divines, et sans
• lequel il n'eût été qu'un patriarche de Gonr » stantinople , déplorable jouet des sultans chié-
• tiens et des autocrates musulmans' •..
• Une grande partie de la gloire littéraire des » François , surtout dans le grand siècle , appar*- » tient au clergé.. • Aucune nation n'a possédé
• un plus grand nombre d'élabiissemeatsecclé^
• sia^ques que la nation françoise , et nulle
• souf eraineté n'employa plus avantageusement •pour elle un plus grand nombre de prêtres •que la cour de France. Ministres , ambassa>-
• deors, négociateurs, instituteurs, etc^ on
• les trouve partout ; de Sugerà Fleury , la France
• n'a qu'à se louer d'eux...
'. Dm Pûp^t pag. UTU.
■ La plus haute noblesse de France s'iionoroit de remplir les grandes dignités de l'Eglise. Qu'y avoit-il en Europe au*dessus de cette Église gallicane , qui possédoit tout ce qui plaît à Dieu , 'et tout ce qui captive les hommes, la vertu , la science, la noblesse et l'opulence ?
• Veut-on dessiner la grandeur idéale? qu'on essaie d'imaginer quelque chose qui surpasse Fénelon , on n'y réussira pas* ?...
» Le clergé françois , dispersé chex toutes les nations étrangères , quel spectacle n'a-t-il pas donné au monde? A l'aspect de ses vertus, que deviennent toutes lesr déclamations ennemies? Le prêtre françois , libre de toute autorité , environné de séductions , souvent dans toute la force de l'âge et des passions , poussé chei des nations étrangères à son austère discipline, et qui auroient applaudi à ce que nous aurionsappelé des crimes, estcependantdemeuré invariablement fidèle à ses voeux. Quelle force l'a donc soutenu , et comment s'est-il montré constamment au-dessus des foiblesses de l'humanité? Il a conquis surtout l'estime de l'Angleterre , très juste appréciatrice des talents
• Du Pap^ , Dîicourf prélimioftire , pa;. izi et «uiv.
DU PAPE. 8g
>et des vertus , comme elle eût été l'inexorable • délatrice des moindres foiblesses'. •
Celui qui a rendu cet éclatant hommage au clergé françois ne sauroit être soupçonné d'entretenir des préventions dont db même clergé put légitimement se plaindre. Les opinions reçues en France ne font loi pour personne ; on peut les examiner, les rejeter, sans manquer à ce qu'on doit aux hommes estimables qui les adoptent. Il combat Bossuet sur les points où Bossuet combat l'Eglise romaine ; mais il ne l'en appelle pas moins cm grand hamme^ « un théologien du premier ordre^ ; il se plait à reconnoitre son excellent esprit , sa droiture , son génie K Que voudroit-on de plus ? apparemment on ne contestera pas à Iff. de Maistre le droit d'avoir son avis, et de le dire, quand cet avis surtout n'est que la doctrine du Saint-Siège et de toutes les Églises , hors la nôtre; encore n'a-t-ellc abandonné le sentiment général que dans des temps très modernes. Se blesser de quelques expressions un peu vives peut-être, parcequ'on exprime toujours vivement ce qu'on croit ou ce qu'on sent fortement, seroit un tel excès de foiblesse qu'on ne
• Du Pape, tom. ii , paf^. 497* -— " ihid, , tom. i, pag. 407 — ' Hid, , pag. II. — 4 Ibid,f^ê^, 100 et 101.
sauroit se permettre de le supposer en personne. Qui oserait s'attacher puérilemeni à des mots dans un sujet si grave? son importance même fait uo devoir de s'expliquer avec franchise. C^est de la véilté qu'il s'agit : qu'importe tout le reste? et quel homme d'assez peu de sens et d'assez peu de foi pourroit s'occuper de luimême , de son petit amour-propre , de ses} petites habitudes d'idées, de ses petites convenances , lorsqu'on agite ces hautes questions qui intéressent l'Eglise entière? Si, ce que nous sommes loin de présumer, l'auteur du livre que nous annonçons rencontroU quelques uns de ces adversaires chagrins :Etes-vous infailli* blés? pouproit-il leur dire; alors ne vous piquez pas et décidez souverainement : convenez-vous au contraire que vous n'êtes point infaillibles? discutez et ne vous piquez pas : autrement vous ne prouverez que l'impuissance où vous êtes de m'opposer de bonnes raisons.
Quiconque traite gravement un sujet grave mérite, s'il se trompe, qu'on Téclaire eu le réfutant. Mais les plaintes vogues, l'humeur, les murmures , n'éclairent point et ne réfutent rien* M. le comte de Maistre a usé de son droit en combattant certaines opinionsqu'il croit fausses. Ceux qui admettent ces opinions useront à leur
Dli PAPE. g%
tour de leur droit en lui répondant ; heureux s'il peuvent dire comme lui i « Si je ne mesen^ 9 lois pénétré d'une bienveillance universelle 9
• absolument dégagé de tout esprit contentieux > et de-toute colère polémique, même a Tégard wdeé hommes dont les systèmes me choquent
• le plus , Dieu m'est témoin que je jetterois la » plume; et j'ose espérer que la probité qui i m'aura lu ne doutera pas de mes intention^*
• Mais ce sentiment n'exclut ni la profession i solennelle de ma croyance, ni l'accect daip 9 et élevé de la foi, ni le cri d'alarme en face de
• l'ennemi connu où masqué, ni cet honnête 9 prosélytisme , enfin , qui procède de la per-
■ auasion... Tout écrivain qui se tient dans le
• cercle de la sévère logique ne manque à per«»
■ sonne. Il n'y a qu'une seule vengeance houo-
• rable à tirer de lui ; c'est de raisonner contre »lai, mieux que lui'.»
Le but que se propose M. le comte deMaistre est de prouver que sans leiouverain Pontife il n'y a point de véritable christianisme j et que nul hon* nSte homme chrétien, séparé de lui , ne signera sur son honneur ( s'il a quelque science ) une profes^ sion de foi clairement circonscrite '.
* Dm P9p9» tom. 1, Diflcoan prèliminaîre, pag. ixi et xzii. —
gSL SUR UN OUVRAGE INTITUli
Cette proposition a deux parties, l'une desqaelles étant prouvée , l'autre l'est également. Car s'il n'y a point de ?éritable christianisme sans le Pape , il n'y a point sans lui de véritable foi , et par conséquent toute profession de foi est nécessairement arbitraire: et si nul chrétien, séparé du Pape, ne peut raisonnablement signer une profession de foi clairement circonscrite , c'est-à-dire s'il ne peut s'assurer de ce qu'il doit croire , il n'y a plus de christianisme , à moins qu'être chrétien ce ne soit ignorer et douter.
Réduite à ces termes, la question devient, pour peu qu'on s'entende , extrêmement facile à résoudre. Ne veut-on voir dans le christianisme qu'un système de philosophie , des opinions sur Dieu et sur l'homme , sur les rapports qui les unissent, sur les devoirs, etc. , un Pape n'est pas plus nécessaire aux chrétiens . qu'aux stoïciens : mais aussi les croyances des chrétiens, toujours incertaines, pourront éternellement varier comme celles des stoïciens. Le christianisme est-il, au contraire, une société qui ait sa constitution, ses lois, sa hiérarchie , sa police, il faut évidemment un pouvoir dans cette société , et un pouvoir un pour qu'elle soit une, perpétuel pour qu'elle soit
perpétuelle elle-oiêcnc, permanent pour qu'elle soit permanente.
Mais si le christianisme est véritable , le christianisme est une société, et même la seule Traie société, en ce sens qu'il est la seule société parfaite , et que toutes les autres ne subsistent qu'à l'aide de quelques unes des vérités qui le composent. En effet, la société est une des conditions , et la première , de l'existence des êtres intelligents ; donc il existe une société des êtres intelligents, ou une société spirituelle, que l'on appelle religion. Mais point de société sans pouvoir et sans devoirs , sans commandement et sans obéissance; donc il existe un pouvoir et des devoirs spirituels , une autorité ayant droit de commander aux esprits, qui sont tenus de lui obéir. Yoilà l'Eglise et son chef, et ses dogmes , et ses préceptes ; voilà la foi , qui n'est que l'obéissance de l'esprit, et la raison de la foi , qui ne se trouve que dans l'autorité. Qui ne voit pas cela est incapable de rien voir. Qui n'admet pas un pouvoir souverain, perpétuel et permanent, ou ne s'entend pas, ou nie l'Eglise ; qui nie l'Eglise et croit en Dieu , est un insensé ; qui ne croit pas en Dieu, ne peut, s'il est conséquent , croire à rien ; ce n'est pas seulement un insensé , c'est un
g4 SUR UN OUTRAGE INTITULA
monstre parmi les intelligences , un je ne sais quoi d*inerte et de vide , qui n'a de nom dans aucune langue; informe production à moitié sortie du néant , et que le néant rappelle à lui.
Ces considérations ne nous ont point éloigné de l'ouTrage de M. de Maistre. Comme il ne s'adresse qu'à ceux qui admettent la yérité du christianisme 9 elles justifient déjà pour eux sa proposition principale* Obligé , en la développant, d'examiner, parmi les questions relatives au gouvernement de l'Eglise , celles que les passions ont le plus obscurcies, ou essayé d'obscurcir, il les traite avec une clarté et une force de raison qui sembleroient devoir dissiper beaucoup de préjugés. Mais l'homme, qui se détache si aisément de la vérité , parcequ'elle appartient à tous , n'abandonne pas de même ses préjugés ; il y tient parcequ'iis sont à lui.
M. de Maistre a divisé son ouvrage en quatre parties. l\ y considère le Pape dans ses rapports avec l'Église catholique ^ avec les souverainetés temporelles , avec la civilisation et le bonheur des peuples j avec les églises nommées schismatiques. Chacun de ces sujets lui fournit l'occasion d'exposer et de prouver une multitude de vérités importantes. Ce seroit une grande erreur que*de penser qu'il eût mieux valu les taire ,
pour le bien de la paix. Le silence n'est pas la paix, et le temps est venu où il faut que toute yérité Mit dite , parceqn'îl faut que toute vérité soit crue^ laissons parler TiHustre auteur; M Le protestantisme, le philosophisme, et mille autres sectes plus ou moins perverses ou extravagantes , ayant prodigieusement di^ minué le$ viriîés parmi les kommes ' , le genr^ humain ne peut demeurer dans Tétat où il se trouve. Il s*agite , il esft en travail , il a honte de lui-même, et cherche, avec je ne sais quel mouTcment convulsif , à remonter contre le torrent des erreurs , après s'y être abandonné avec laveuglement systématique de l'orgueil. A cette époque méaiorable, il m'a paru utile d'exposer , dans toute sa plénitude» une théorie également yaste et importante « et de la débarrasser de tous les nuages dont on s'obstine à l'envelopper depuis si longtemps. Sans présumer trop de mes efforts , Inespéré cependant qu'ils ne seront pas abso-* lument taios. Un bon livre n'est pas celui qui persuade tout le monde, autrement il n'y auroit point de bon livre; c'est celui quisatis^ fait complètement une certaine classe de lecteurs à qui l'ouvrage s'adresse particulière-
* bnmimuim $imi vriiMiêê à fiUiê Aominimi. Pi. Ki, v. a.
imeot» et qui, du reste, ne laisse douter pcr- »80DDe ni de la bonne foi parfaite delauteur, »ni de l'infatigable travail qu'il s'est imposé
• pour se rendre maître de son sujet, et lui «trouver même, s'il.étoit possible, quelques » faces nouvelles. Je me flatte naïvement que ,
• sous ce point de vue, tout lecteur équitable •jugera que je suis eu règle. Je crois qu'il n'a » jamais été plus nécessaire d'environner de tous nies rayons de l'évidence une vérité du premier
• ordrç, et je crois de plus que la vérité a besoin »de la France. J'espère donc que la France me » lira encore une fois avec bonté ; et je m'esti- » merois heureux surtout si ces grands person--
• nages de tous les ordres, en réfléchissant sur
• ce que j'attends d'eux , veuoient à se faire une
• conscience de me réfuter '. •
Combien , dans un temps où le plus parfait accord entre les chrétiens est si nécessaire, combien ne seroit-il pas à désirer que tous les vrais enfants de l'Eglise, tous ceux qui ont à cœur les intérêts de cette religion sur qui rcpo» sent les destins de la société , l'ordre général et le bonheur des peuples, déposant enfin toute prévention , s'unissent de bonne foi et avec un zèle que Dieu béniroit sans doute , pour éclair-
> Du Ptipe^ Discôort prèUminaire , pag. ili et xtn.
cir de concert les difficultés qui embarrassent encore quelques uns d'eux, et pour terminer à jamais ces dangereuses querelles d'opinions , source de tant de maux et qu'on ne sauroit trop s'empresser d'çteindre, quandleur plus funeste effet seroit d'agiter et d'aigrir les esprits , d'af-* foiblir la confiance et la charité»
Ne devroit-on pas savoir aujourd'hui que toute doctrine qui éloigne du centre est mauvaise , parcequ'elle sépare ; que borner sans nécessité l'autorité légitime, c'est borner la certitude, la paix , la vérité ; qu'il n'existe pour aucune Église, comme pour aucun peuple, de privilège de raison , et que la véritable liberté n'est pour tous qu'une parfaite obéissance?
Au reste , en rendant compte d'un ouvrage dont l'auteur défend, avec une si noble franchise , ce qu'il croit, être la vraie tradjtion , nous regarderions comme une basse et coupable foiblesse de dissimuler nos propres sentiments. Nous n'hésiterons point à le déclarer; ils ne diffèrent en rien d'important de ceux jde M. de Maistre. L'Église , nous le savons , ne fait à personne une obligation absolue de les partager : elle a cru jusqu'à présent devoir accorder, afin de prévenir de plus grands maux , un certain degré de tolérance à des opinions
(jumelle réprouve, et que leurs partisans même désavouent dans la pratique. Que ceux-là donc à qui cette tolérance suffit en profitent si leur conscience le leur permet ; cela ne regai^e qu'eux. Pour nous qur ne craignons point de nous montrer trop dociles à Tautorité suréminente des successeurs de l'apôtre à qui Jésus^^Christ disôit : J'ai prié pour toi 9 afin que ta foi ne iifaitle point ' ; jamais nous n'aurons la présomption, insupportable à nos yeux, de prétendre, en quoi que ce soit, réformer leur doctrine; et plus notre soumission sera profonde, plus nous nous croirons en droit de répéter ces admirables paroles du grand Bossuet ; « Sainte Église romaine , mère des Églises , et « mère de tous les fidèles , Église choisie de iDieu pour unir ses enfants dans la même foi
• et dans la même charité, nous tiendrons tou«
• jours à ton unité par le fond de nos entrailles. 9 Si Je t'oublie j Églite romaine ^ puissé-je m'ou* %btier moi-fmêmel Que ma langue $e shke et 9 demeure immobile- dans ma bouché , si tu n*es npa$ toujours la première dans mon souvenir; si •yV ne te mets pas au commencement de tous mes » cantiques de réjouissante* ' i
• JS^ «tffMii fogw'i pro <e, «< mm defidai fitbê tuê* Lao. nu , Sa» — • Btrmon rar l'aolté.
DU PAPE. gg
Nous avons vu que, l*Église étant une société^ il existoit nécessairement un pouvoir souverain dans l'Eglise, ou, ce qui est la même chose , une autorité infaillible : car « IVn/atV/c-
• bilité dans Tordre spirituel , et la souveraineté
• dans Tordre temporel, sont deux mots parfai*
• tement synonymes. L'un et l'autre expriment
• cette haute puissance qui les domine toutes ,
• dont toutes les autres dérivent; qui gouverne
• et n'est pas gouvernée, qui juge et n*est pas
• jugée'. »
Cette puissance suprême , et, ainsi que Tob* serve M. de Maistre, absolue par sa nature ^ existe dans la république comme dans la mo« narchie. Première condition de la société, puisqu'on ne trouve qu'en elle la raison de To« béissance, elle e|tle lien qui unit tout, et la volonté à qui tout cède. Sans un dernier tribu* nal dont les décisions soient irréformables, jamais nulle contestation ne finiroit ; et , dans l'Église, la doctrine seroit éternellement incertaine comme les devoirs. En vain Ton condamnera ceux qui corrompent la foi ou violent la discipline ; les uns en appelleront à leur raison, les autres à Jésuê'Christ et à la très sainte Trinité » et il y a des exemples de cet
• Dm P*^, tom. I9 p. s.
appels S les premiers qu'on ait imaginés pour se soustraire à l'autorité du Saint-Siège.
Mais en qui réside la souveraineté , ou , en d'autres termes , quel est le souverain ? Pour résoudre cette question , il suffit de savoir de quelle nature est le gouvernement de l'Eglise. S'il est démocratique, la souveraineté appartient au peuple ou au corps entier des fidèles; elle réside , s'il est aristocratique , dans le concile; s'il est monarchique , le souverain c'est le monarque ou le Pape.
L'opinion qui attribue la souveraineté au corps entier des fidèles a été plusieurs fois condamnée comme hérétique.
Ceux -qui veulent que le gouvernement de l'Egljse soit aristocratique sont également condamnés à Rome et en Fra^p^, ditFleury'.
Il semble qu'après cela l'on devroit conclure que l'Eglise est une monarchie , et que la wurveraineté appartient au souverain Pontife. Mais il n'en va pas ainsi , et tout ce que nous venons
* Ceux que cite M. de Maiftre loot du quatorzième siècle. Le di&*6eptièine en offre un autre bien remarquable , car il est de Pascal. Simon fivrt , dit-il» «f wnéomnià Ronwj U ett approuvé dont le ciel. Gomment le saroit-il ? O paorre raison bumaine 1 et à quoi sert le génie, s'il ne garantit pas d'une pareille estrayaganoer ^ ■ Discimrt sur les libeités de l'Église gallicane, ffouveaux opuse» > pag. 3o.
de dire subsistant , on a trouvé le moyen de remettre en question ce qui paroissoit clairement et irrévocablement décidé : tant l'homme défend avec opiniâtreté son indépendance! Sans nier directement la monarchie du Pape ' , on a prétendu que , dans toutes les causes qui intéressent la foi et la discipline, le dernier jugement appartenoit à l'Eglise entière ou au concile qui la représente , en sorte que le Pontife romain lui-même est soumis à son auto-^ rite : ce qui est évidemment transporter la souveraineté dans le concile.
Nous essaierons de montrer, avec M. de Maistre, que ce système plein d'embarras et de contradictions ne sauroit se soutenir , et qu'il répugne également à la raison et à la tradition. Quelques'courtes observations sur la déclaration de i68a mettront , nous Tespérons > cette vérité dans tout son jour.
Le second article porte « que la plénitude de •puissance que le Saint-Siège apostolique et •les successeurs de saint Pierre, vicaire de » Jésus-Christ , ont sur les choses spirituelles, est • telle que néanmoins les décrets du saint con-
* MélanchlDii [c'en BêUMêi qui ^€rk) t'exprime d'one nusière adminble* lon({u'il dit : La mmikarehU eu Pape^ etq. Acftoin été vûriêt, , |. ?, n. ^.
109 SUR UN OOVaAGE IKTITUli
» cîle cBctifoéoîque de Constance touchant Tan** » torité des conciles généraux , décrets contenus » dans les sessions quatrième et cinquième, ap- »prouTés par le Saint-Siège apostolique, con- » firmes par la pratique de toute TÉglise et des » Pontifes romains, et observés religieusement »dans tous les temps par l'Église gallicane ^
• demeurent dans leur force et vertu, et que iFiËglisede France n'approuve pas l'opinion de »ceux qui donnent atteinte à ces décrets en diisant que leur autorité n*est pas bien établie,
• qu'ils ne sont point approuvés, ou qu'ils ne p regardent que le temps de schisme. •
Les décrets dont il est parlé dans cet article portent en substance que le concile légitime» ment assemblé à Constance , ou tout autre coi^ cile général , tient immédiatement de Jésua* Ghrist une puissance à laquelle toute personne, de quelque dignité qu'elle soit revêtue, même papale , doit M>éir en ee qui concerne la foi , rexiirpàiion du ukUme ^ et la réformaîwn de l'ÉglUe de- Dieu , dans son chef et dam eee mombree \
Mous ne parlerons point ici du troisième ar* ticle, qui n'a qu'un rapport indirect à la question piésente. Le quatrième est une conséquence
■ CoÊê* CpMf. Hif. If* et ▼, opweiV. jencr., !• iii|COiL 1911 sa.
Q^tort 11^ du second. Il y e9t dit que « quoiqM
• le Pape aitlapriocipale part dans les questions
• defal, et que ses décrets regardent tout«s •les Églises, et chaque Eglise ea particulier f
• son jugement n'est pourtant point irréforaïa- •Me , à iQoiiis que le consentement de TEglise pQ'ioterrienne.»
Il est clair en effet que si 1^ Pape doit aàéh att €€mûih M 00 nui concerne /« foi , il existe dans l'Eglise une puissance aiiHlessua de la sleuue» une puissance qui peut réformer ses décrets » lesquels , par ooaséqurait » n'acquièrent une complète autorité que lorsqu'ils ont été ratiftés par ce dernier tribunal. Ainsi 1$ plein pomoir que, suivant le concile de Florence et toute l'antiquité , Jisus-Christ a donné à Pierre et en lui à se$ suceesseu^re, de pnltref régir ei gouverner l'ÉgUMe univereelle ' , est tel que néanmioins le souverain Pontife ne laisse pas d'être soumis i uu pouvoir supérieur iftvestl du dr<4t de déformer ses jugements ; de sorte que (a pUni^ude de $a puissance se réduit ^ ea
«a mmbfêrêwn orêem iûH9rê prUnatum^-» ; ti ip$i ùu kmttkPettm p#9* eemii, regtndi, me gMkcmandi univtrstilem Beclêêiam à Domiw mmtro J^êm ChrùiQ pltnum potetUttm tradiîam mm. Collée, eoncU. P. I««bb«j^ t. XIII »Qol. 5i5.
I04 fit'R UN OUTRAGE INTITULÉ
cas de contestation , au devoir d'obéir. On ne me pas que le Pape possède une autorité suprême» à Dieu ne plaise! on dit seulement qu'elle est suprême en ce sens qu'il existe une autorité au-dessus d'elle.
Au reste , après ayoir lu les deux articles que nous Tenons de citer , il se présente d'abord à l'esprit une réflexion. Le concile deConstance déclare former un vrai et légitime concile général , et tenir immédiatement de Jésus-Christ un pouvoir qui s'élève au-dessus de tout; et en conséquence il ordonne, dispote , statue, définit et décerne, ce sont ses propres termes , que tous sans exception , et le Pontife romain lui-même, lui doivent obéissance , ainsi qu'à tout autre concile général , en ce qui concerne la foi et la réformation de l'Eglise.
L'assemblée de i68â rcconnoît de son côté ce concile pour œcuménique ; elle déclare que ses décrets contenus dans la quatrième et la cinquième session ont été approuvés par le Saint- Siège apostolique , et confirmés par la pratique de toute CÉglise et des Pontifes romains ; ce qui leur donne assurément le plus haut degré d'autorité qu'aucune décision puisse avoir dansr l'Église'. Qu'y a-t-il en effet de plus solennel y
• Boisuel le dit en termes esprèi « Scalonu i? ef ▼• ca aucforî-
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nv PAPF. , io5
de plus îtréformable j que les décrets d*an coDcile œcuménique , approuvés]du Saint-Siège et de tonte l'Eglise, et confirmés en outre par une pratique universelle? Et cependant rassemblée de 1682 se borne à avertir quWfe n'approuve point ceux qui parient atteinte à ces décrets^ et Bossuet finit par dire: « Que la > déclaration devienne ce qu'elle pourra; car 1 j'aime à i4péter que je n'ai point entrepris de »la défendre , pourvu que l'ancienne opinion • de l'école de Paris demeure exempte décent- %$ure\ » Il faut avouer qu'il n'y a point de prétentions plus modestes. Les uns déclarent quHls n'approuvent pas qu'on rejette les décisions d'un concile œcuménique , c'est-à-dire qu'ils n'approuvent pas qu'on se mette en état de rébellion ouverte contre l'Eglise , ou qu'on cesse d'être catholique ; et Bossuet 9 plus facile encore » est content pourvu qu'on ne eensure pas ceux qui se soumettent à ses décisions. En eùt'il dit autant des décrets de Nicée et de Trente , lui qui , dans sa célèbre négociation
taUniti, qua nuUa major este poieti* Derens*, part. ii,]ir. ▼, cap. iz,
■ Aéeai ergo dec(aratto quo lUfutrit ; non enim êttm » quod iœp» prûfiieri jupai , tuîandam hie êutcipimug, Manel ineoncuisti^ «f emuurm omnU expert, pritea ilia genUnth Paruiçtuimn» Gallia or. tho<loia , II. 1.
I06 8LR UN OVTIAGX INTITLLÉ
avec Leibuitz , ne Touloit pas même consentir à ce que ces derniers demeurasseot uo seul moment eo suspens? Et pour ne parler ici que du concile de Constance , suffiroit^il de dire qu'on n'approuve point ceux qui portent atteinte aux décrets qui condamnent les er<reurs de Wiclef et de Jean Hus , et qu'en recevant ces décrets tout ce qu'on demande c'est d être exempt de censure? «»
Il y a donc une contradiction manifeste dans le langage de la déclaration. Ou l'on regarde les décrets contenus dans les quatrième et cinquième sessions du concile de Constance comme des décisions d'un concile œcuméni<que 9 et alors il n'est permis à personne de s'en écarter : ébranler leur autorité c'est se séparer de l'Église, c'est nier son infaillibilité , et pas** ser dans les rangs de Thérésie et du schisme t ou l'on ne regarde pas ces décrets comme des décisions d'un concile œcuménique, et alors il faut effacer le second article de la déclaration , et avouer qu'il est aussi faux qu'absurde \
* On a |>roavé mille (oU, i^ que les décrets du concile de GoDitance, rappelés dans la déclaration de iÇSiy n'étoient appticables , suivant rintention des Pères du concile , qu'aux cas od l'Église n'avoit à sa lête qu'un Pape douteux ; a<> que ces décrets, qui ne furent point confirmés par Martin V, ne peuvent point
DU PAPE. IÇi'J
Si l'oD abandonne les décrets de ConsUnce comme décisions dogmatiques » et qu'on n'y yeuille voir qu'une approbation donnée à une opinion particulière, on contredit le concile même qui statue , définit , décerne au nom du Saînt'Eiprit\ Jamais concile général a-t-il dit: Je statue , définis , déclare que telle est la Traie doctrine, laquelle néanmoins reste douteuse? Ces saintes assemblées sont-elles assistées du Saint-Esprit pour enseigner des opinions , ou. pour promulguer le dogme catholique?
De quelque manière qu'on interprète la Dé* claration de 1682, il est donc clair qu'on ne s*enteud pas. Le souverain Pontife, considéré à part du concile , est-il tenu^de lui obéir? Un concile général a-t-il , selon vous , décidé cette question affirmativement ? Dites donc anatbème à quiconque le nie ; et ne vous bornez pas à ne point approuver qu*on rejette une décÎMOn de l'Église universelle. N'est-ce à vos yeux qn une opinion libre , adoptée par le concile? Ne'nous parlez donc plu^ de décrets d'un emmU œcuménique approuvés par le Saint-Siège f
ék» Iwi être oonAÎdéréf coaiae une décÎMOo d'an concile orcu- •éni^ee* (Vojet let LsUru sur k* quatrt ariielu lit ta Dédarm-
■ /^M tjmàuê in SpiritM mrcIo etmgftgmta hgUime, Sesi. it.
laS SUR UN OUVBAGE INTITULÉ
et confirmés par la pratique de toute l'Église et des Pontifes romains \
* Co qae noat ditons dn second article de la Dèclaratton de i68a oe peut être rétorqué contre les théologiens qui, soutenant le sentiment contraire, s'appnient du cinquième concQe de Latran; car i« le concile n'a rien défini sur cette question, et Léon X, dans la bolle où on lit ces paroles , ■ La puissance du
• Pontife romain s'élèrc an-dessus de tous les conciles ; ltofiiaii«m
• Ponlificem supra omnia eone'Uia potettatem habere, • ( Bull. Patior «etêmoij in concil. Later. , p. 5 1 1), ne définit rien non plus : non dùpn'unio, dit Bossuet , ad namtndo este posUum. ( Def, part, 1 1, 1. Ti, c. 18); ao les théologiens dont j'ai parié plus haut conviennent que Pœcuménicité du cinquième concile de Latran est douteuse : De eomcUio Laieranaui nonnuiii dutitant , an fiterii were générale; ideo usque adhane diem gutBêth eupêrest etiam iniereaihoiicot* Ce sont les paroles de Bellarmin. {Lib, 1, deeonciL auc ior, , c. 17.) Le Pape lui-même , dans la bulle citée, ne lui donne pu le titre de général; H l'appelle le Saint Candie^ Sacrum Laiet^nente coneillum. Enfin , Orsi déclare • qu'il ne pense pas et ne » prétend pas que le passage de Ja constitution de Léon X , qui •établit la supériorité dn Pape sur le concile, doive être considéré
• comme une définition dernière, suprême «t irrévocable do Pon-
• tite romain et d'un concile œcuménique; Qum guanquam pro
• ultime, Muprema, irreiraotabili romani Pontifiei* et caneilii eeeume-
• nividefinitiane vel eanone habenda este non Judieem aut eenten^
• dam, • (De Rom, Poniif, auetor. 1. viyC. 18, tom. in, p. 109. ) Ce qui fait qu'il y a contradiction dans le second article de la Déclaration de 168a, c'est que lii , comme dans la Défense, Bossnet ne permet pas qu'on mette en doute la suprême autorité des quatrième et cinquième sessions du concile de Constance ; et ,* en effet 9 si elle est douteuse , que devient le système gallican ? De quel secours un simple doute seroît-il dans la pratique F et qui oseroit résister au souverain Pontife, en disant : U est passibie que j'en aie te droit, U est possible que je ne taie pas ; mais mon opinion est que je C ai?