‹ Nouveaux mélangesChapitre 25 sur 107 · LA RELIGION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA RELIGION CATHOLIQUE

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La religion catholique est attaquée avec plus de fureur que jamais; c'est un fait incontestable. On tourne en dérision sa doctrine et son culte, on blasphème son fondateur, on outrage ses ministres, on les calomnie, on les désigne à la haine publique» on emploie jusqu'à la violence pour empêcher la prédication de l'Evangile; et les factieux ne daignent plus même déguiser le projet qu'ils ont formé, l'espérance qu'ils ont conçue d'abolir parmi nous la religion de nos ancêtres, la religion de Charlemagne et de Louis IX, de Duguesclin et de Turenne , de Bossuet et de d'Aguesseau , de Vincent de Paul et de Fénelon. Le complot ourdi dans l'ombre par, quelques sectaires du dernier siècle se poursuit au grand jour avec un acharnement* dont il n'existoit pas dVxemple.

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La' religion étant le plus fort obstacle, et peut^tre maintenant le seul , à la révolution qu'on médite, et nul pouvoir illégitime ne pouvant s'affermir tant qu'elle conservera de l'influence, il est naturel qu'elle inspire une haine proportionnée au désir qu'on a de ren* verser Tordre existante De là les efforts des ré« Tolutionnaires pour la décréditer dans l'esprit de la multitude, pour armer contre elle lea passions que désolent se% préceptes et que ses menaces inquièteut, et pour porter l'ad* miniatration, qui ne leur obéit que trop bien» à l'opprimer avec art, et à l'étouffer sous 1% poids de sa tjrrannique protection. De là encore les entraves que l'on met aux missions» et les invectives qu'on prodigue aux missioil^ Daires , véritables soldats de la royauté aussi bien que de l'autel , dans des temps d'erreur et de lâcheté. Ils apprennent aux Français à obéir au chef que Dieu leur a donné, à res* pecter leurs serments, à s'aimer ks uns les auties, à pardonner les torts et à les réparetr ; quel scandale 1 Si ViM n'arrête le«ir fanatisme, ils finiront par éteindre toutes les animosiléa, iJedétruiront jusqu'au dernier germe de dis^ corde. Guerre donc aux missionnaires , à ces peffturbatenvs de crime , qui s'en vont en tous

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Keux réveillant les conscieDces» et répétant cet horrible cri : Repentir et pardon!

Les réfolutionnaires craignent peu les lois ; foibles ils les éludent, forts ils les bravent : ils ne redoutent pas même les armées 9 il 7 a des mojrens d'en changer l'esprit ; mais ils tremblent devant la Croix , ils connoissent sa puissance. Le souvenir des prodiges qu'elle opéra dans la Bretagne et dans la Vendée agite leur sommeil. De ce bois sacré sort une vertu qui les trouble et les abat. Us voient une menace de vengeance partout où les autres hommes découvrent un signe de salut.

Mais, pour mieux entendre combien la religion les importune, considérez quels sont leurs desseins : Ils attaquent la dynastie légitime, la justice, puisque[le crime n'est à leurs yeux qu^une opinion qui doit avoir dans les Chambres ses représentants ; la morale , puisqu'ils ne reconnoissent d'autre droit que la possession ; en un mot , ils attaquent Tordre social tout entier. II leur faut donc nécessairement renverser la religion , qui est le fondement et la garantie de toutes les légitimités, qui consacre tous les droits, condamne tous les crimes, et oppose ainsi une barrière invincible aux révolutions.

Mais si, à cet égard, les révolutionnaires

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comprennent parfaitement leurs intérêts , que penser du gouvernement , qui, au lieu de réprimer ces hommes pervers, et de défendre contre eux la religion qui le défend lui-même, la leur jette comme une vile pâture, pour apai* ser leur faim ? Comment expliquer un pareil délire? et c'est pourtant ce qu'on appelle sagesse et modération! En vérité, selon l'expression d'un paysan vendéen , tes choses rêvent à prisent.

Jusqu'ici nous avons parlé de ce qui frappe les yeux. En s'élevant à de plus hautes considérations, on découvre dans la nature même de l'homme déchu une cause générale de haine pour la reUgion catholique , cause dont l'influence se manifeste de mille manières, dans toutes les contrées et dans tous les temps , et à laquelle on doit originairement attribuer les nombreuses persécutions que le christianisme a subies.

Nous naissons pour obéir. Il existe une loi de vérité qui est la règle de l'intelligence et une loi d'ordre qui est la règle du cœur. Mais naturellement l'homme est impatient do toute règle; il abhore l'obéissance. Son orgueil , aspirant à une pleine souveraineté , s'irrite contre les devoirs ^ui l'avertissent de la dépendance d'un

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