HAINE DE CERTAINS H01CME
rare ; ce n'est guère qu'un doute affreux , confiné dans quelques âmes ténébreuses , pour y consoler le remords. La plupart des hommes admettent volontiers la nécessité d'une religion, même pour eux; tout ce qu'ils demandent, c'est qu'elle n'ôte pas à l'esprit son indépendance, ou qu'elle ne soit loi que de son consentement. Telles sont toutes les religions fondées sur l'examen particulier. Elles ne choquent , elles n'inquiètent personne , parcequ 'elles ne disent à personne croyez , et qu'on sait bien qu'après tout ce ne sont que les pensées d'un homme qui ne privent pas les autres hommes du droit de penser différemment.
L'orgueil est donc en sûreté dans ces espèces de systèmes philosophiques , où il n'existe ni autorité , ni obéissance. Il y trouve même un aliment aussi doux que pernicieux. Quand un homme se fait lui-même sa religion r il est ordinairement meilleur que cette religion , précisèment parcequ 'il l'a faite pour lui-même , et, dès lors, telle qu'elle convenoit à sa raison, à son caractère, à ses penchants; il pose en quelque sorte la barrière â l'extrémité de ses passions, et se tenant sans peine toujours en deçà, il s'applaudit de sa perfection. Parmi les catholiques, c'est autre chose; ils sont tous
POUR Lk RELIGION CATHOLIQUE. 1^5
moins bons que leur doctrine, parcequ'elle est réellement la bi de Dieu, loi parfaite, et qui exige de Thomme la perfection de Dieu même , ou la parfaite conformité de la raison 'à la yérité infinie, et de sa volonté. à Tordre éternel. Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. Tel est le but où nous devons tendre, et nous ne l'atteignons jamais ici4>a8 , car le plus juste a toujours des foiblesses assez nombreuses pour s'humilier profondément.
Ainsi le même regard sur soi-même qui nourrit l'orgueil du sectaire confond l'orgueil du catholique , et sa foi seule est un acte d'humilité, puisqu'elle en est un d'obéissance.
11 n'y a qu'une erreur dans le monde , la souveraineté de l'homme; et qu'un crime, la révolte contre Dieu. Tous les désordres du cœur et de la raison sortent de là, comme l'effet de sa cause. Or la religion catholique seule établit pleinement la souveraineté de Dieu, et la dépendance de l'homme. Voilà le vrai , l'unique tnotif de la haine exclusive dont l'honoient certains hommes, qui poussent jus* qu'au fanatisme l'orgueil de l'indépendance et l'aversion de la règle. Tant qu'ils ne forment que le petit nombre, contenus par les lois de la société , par les mœurs , les usages , l'opi-
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nion publique, on ne juge qu'imparfaitement des suites de leur erreur. Mais^i leurs sentiments deviennent ceux d'une nation entière, ou de la plus grande partie d'une nation, toutes ces conséquences se développent; car' lorsque les peuples ont secoué le joug, il n'y a plus rien qui les contienne ; ils vont jusqu'où l'on peiU aller, et ne s'arrêtent qu'au fond de l'abîme*
I4 'Europe est-elle arrivée à ce dernier degré de perversion? Ne peut-elle plus supporter le pouvoir? le règne de Dieu est-il uni? est-ce le règne de l'homme qui commence? Je ne sais» t\ • mais voici ce que je lis dans rÉcriture :
Malheur à vous qui inventez des lois impies , et qui écrivez l'injustice ! La terre a été infectée par ses propres habitants, parcequ'ils ont vioU la loi, renversé le droit, et brisé l'alliance étcr^ nelle. C'est pourquoi la malédiction dévorera cette terre. Les peuples s'agiteront au milieu^ d'an grand feu; les nations travailleront dans le vide, et s'en iront en. défaillance '•
■ Fk. t, I et tiiTf 5 et 6» Habtc.» 11 , i3. .
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