‹ Nouveaux mélangesChapitre 37 sur 107 · DE LA SOUJOSSION DUE AUX LOIS DE L*ÉGLIS£. 20Q · texte numérisé non relu

DE LA SOUJOSSION DUE AUX LOIS DE L*ÉGLIS£. 20Q

et puisque M. le ministre de rintcrieLir a cru convenable de donner, avec plus de zèle que de bonheur» des instructions théologiques aux jeunes élèves qui Técoutoient, nous croyons convenable aussi de relever ce qu'il y a d'étrange dans son langage , et d'inexact dans sa doctrine. Sans doute il nous le permettra d'autant plus aisément qu'on doit > le supposer exempt de toute prétention comme théologien^ et qu'il est vi:;ible pour tout le monde que, d^ans les diverses places qu'il a occupées depuis vingt-cinq ans , rien ne l'obligeoit à faire une étude particulière dc^a religion.

Après avoir fait l'éloge de la congrégation de Saint-Sulpice, M. le ministre de l'intérieur poursuit e^xes termes : « Puissent se former

• ici d'heur Ax imitateurs des Bourdaloue et » des Masâîllon , de l'aigle de Meaux et de la

• colombe de Cambrai , ayant l'inflexibilité du •premier sur le dogme, la tolérance et la cha- » rite du second ! Puisse l'Église gallicane y trou- »Ter des défenseurs de ses libertés, soumis »au Saint-Siège, centre de l'unité catholique,

• mais attachés à nos immunités et à Tindé-

• pendance de la couronne ; aussi fidèles sujets

• que bons chrétiens : ne confondant point la sou^

t mission à t infaillibilité incontestable de t Église ». u

210 SUR U NATURE ET l'i^TENDUK

» en matière de foi , avec le respect éclairé dû à 9 son autorité en matière de discipline. »

Ayant de discuter cettte dernière maxime , nous observerons qu'il est plus que puéril d'opposer Bossuet et Fénelon pour recommander lUnflexibilité du premier sur le dogme j la tolérance et la charité du second. Certes , Bossuet n'étoit pas mpins charitable ni moins tolérant que Fénelon pour les personnes, comme This* toiie en fait foi ; et Fénelon n'étoit pas moins inflexible sur le dogme que Bossuet. Ces deux grands Évêques savo^ent également que Tapôtre qui a dit avec tant de force-, Depositum custodi^y est le même qui a ajouté , Oportet Episcopum non super bum (esse)^ non iracun^ dum.,..f sed hospitalem, benignutff^* ; et ils ne se tenoient pas moins obligés à remplir l'un de ces devoirs que l'autre.

Le ministre désire qu'il se forme des défenseurs des libertés de l'Église gallicane : et nous aussi ; car jamais elle n'en eut plus besoin j jamais elle ne languit dans une plus étroite dépendance. Que si c'étoit cette dépendance même qu'on décordt du nom de libertés, nous gémirions avec Bossuet sur ce déplorable abus des mots , et avec lui encore , tournant les jeux

> I ad. Tnnoth. ti» »o. — > • Ep. ad. lit. I, 7 et 8.

DE LA SOCMIMION OUB kVTt LOIS DB l'^GUSE. 2 1 1

fers un meilleur avenir , nous dirions : t Pourtrons^nous enfin espérer que les jaloux delà » France n'auront pas éternellement à lui re- > procher les libertés de r£gh>e, toujours em- • ployées contre elle-même'?»

Mais que prétend le ministre lorsqu'il re« commande aux élèves du sanctuaire de ne point confondre la $oumî$^ionàÇinfaiUibilité incoMesta « blê de CÉglise en matière de foi , avec le respect éclairé dû à son autorité en matière de discipline? A quel dessein établit-il cette distinction oiseuse, si elle n'est pas sacrilège? YoudroiMl faire entendre que les chrétiens ne doivent de soumission réelle qu'aux décisions de l'Église sur les dogmes? YoudroiMl les dispenser d'obéir aux loi^ de discipline? Est-ce là'son bit? qu'il le dise. nettement; et alors, avec le respect éclairé dû A son rang et à ses dignités présentes eVpassées, nous lui répondrons, nûh licet, il n'est pas permis , je ne dis pa^ de vous croire , mais seulement de vous écouter. La doctrine qu^ vouft enseignez, inouïe dansM'Eglise, détruit la puissance qu'elle a' reçue de Dieu , renverse son gouvernement , ef la vend esclave du iikcie.

Lorsque Jésus^Christ vint fonder , au milieu d'un monde qui tomboiten ruine, la<60ciétë

* Ortitoii fao. du cb«ncel. Le TelUer.

219 SVfi LA NATCRE ET L ETENDUE

dépositaire de toutes les vérités , de toutes les lois , de toutes les grâces nécessaires à rhomme» il n'abandonna pa^ au hasard cette société qui devoit subsister à jamais. Il la sépara de tout ce qui passe, et TO^^lut qu'indépendante des souverainetés temporelles » qui , dans leur durée toujours si courte » emprunteroient d'elle leur force et leur paix, elle ne relevât que de lui-même et de l'éternité. Et «c'est pourquoi, dit • Bossuet , elle a sa puissance, elle a ses lois et «sa police spirituelle , elle a ses ministres et ses » magistrats. Malheur à ceux qui la troublent , ou 9 qui«e mêlent dans cette céleste administration , »ou qui Osent en usurper la moindre partie !» Lui accorder simplement le droit de décider le$ questions de foi , il ne suffit pas : c'est lui accorder <:e que Henri VIII ne iuj contestoit point. Mais enfin , puisque l'on consent à être catholique j«sque-là , que l'on sache donc qu'il faut, ou renoncer à ce cpmmenceoient » ou aller pIus4oin avec les fidèles de tous les sièges. Car il est de foi que l'Eglise possède un pouvoir de législation pour maintenir l'ordre dans son seia par des règlements de dîicipliue , et que ce.pouvoir est indépendant de la puis* sance t/emporelle. C'est son "droit imprescriptible : elle nel'scpas reçu des hommes, leshom*

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