‹ Nouveaux mélangesChapitre 38 sur 107 · DE LA SOUMISSION DUE AUX LOIS 1>E L EGLISE · texte numérisé non relu

DE LA SOUMISSION DUE AUX LOIS 1>E L EGLISE

mes ne le lui ôteront pas. Tous les Empereurs chrétiens, tous les Princes catholiques, Tont reconnu , comme il soroit aisé de le prouver . par des actes authentiques , si' on avoit la hardiesse ou l'imprudence de le nier.

Mais le droit de faire des lois de discipline implique le devoir d'y oljéir : aussi le concile de Trente âéclare-t-il que tous les fidèles sont tenus de les observer exaciemenV; et le Pape Léon , dan§ sa lettre aux Évéqdes de la Bretagne , parlant avec Tautorité du premier pasteui; | prononce sans hésiter ceUe sentence digiu: du siège apostolique : «Celui qui ne reçoit point les •règles et Ie$ statuts des Pères qu'on appelle

• Canons , se convainc lui-même de ne pas re-

• cevoir', ou de ne pas croire utilement et e£*

• ficacementia foi caUiolique et les saints Évan-

• giles de Jésus-Christ*. »

Le ministre ]ugera-t-il ces autorités' insuffisantes? Eh bien! qu'il sache donc que le grand et saint Pontife Pfe VI a condamné comme hérélique^ par une sentence irrcfarmable , la proposition que voici : « Ce scroit abuser de

• Tautorité de l'Eglise que delà porter au-delà » des limites de la doctrine 6t des mœurs , en •l'étendant aux choses extérieures, et en exi-

• itau IXT. Dû nform* « c. i8» — * Toni« tiui CoaeU.

Sl4 6DR LA NATCaS ET. L'iTKNDUE

• géant par la force ce qui dépend de la per-

• suasion du œur. Il lui appartient bien moins

• encore^ d'exiger parla force extérieure Tobéis- B saDce à ses décrets '. »

On doit donc aux lois de TÉglise sur la discipliné la même soumission qu'à ses décrets sur la foi ; autreofient tout y tomberoit dans la con-* fusion , et elle de?iendroit ce royaume divisé qui s'icrOuîe\ Qu'on montre dans l'Ecriture, dans

* C'est la iy« des propoûtioas condamnées par la bulle ^«ciêrem fkiei, dont voici les paroles :

Be potes tate Ecclesic quoad conatltuendam , et sauciendam » extcriorem discipUnam.

iV. Propositio «ffirmansy ahutum for^ autMoriiatU Eeeluim iransferendo ilhm ultra limitei docirinœ, ac morum , et eam extgH' dfindo ad ret exterioret, et pcr vim exigendo id, quod pendet à pertuationt, e$ corde ^ tnm etSanS) muHo minas ad aarn pertinarê^ emigere per vim eœteriorftn subjeciionem guis decretit,

Qaatetaùs indctermiaatis verbis exleudendo ad res exteriorti notet velut abusnm aactorits^is Ecclesiae, asnm ejas potestatis accepta à Deo , qiiâ usi suotiiït ipsimet Apostoii io disciplina exterl&re cunstitaendà ot saaciendft ,

HARKTICA.

V. Qaà parte insinuât, Ecclesiam non h\ibere auctoritJitj^nDi sub|cctioms suit docretis ezigcndae aliter qaam per média, qa» pendent à pcrsuasione;

Quatenùs intendat Ecclesiam non habere eoHaiam tibi à Qec potestatem non tolùm dtrtgendi per eonsitia, et suasionet , eeéetiam Jubendi per (eget, ae deêiot, contuvuiees^ue éteierione Judiçiop aê talubribus panais cœrccndi^ algue eogcndi^

IUDOCBHS IR STSTBVA ALIAS OA1I5ATC1I OT ■AaBTIGVM,

• Lae« $ ai $ 17.

BI LA SOUKI88ION DUE ADX LOIS DS l^iGUêH. d 1 5

les conciles , dans les Pères , quelque trace de la distinction qu'établit le ministre, et l'ombre ' seulement d'une dérogation à ce précepte uni* fersel d'obéissance : S'il n'écoute pas ÇÉglUe^ qu'il nous soit comme un païen ou un publicain \ Qu'est-ce que et respect éclairé qu'on Tient pour la première fois nous recommander au dixneuvième siècle , pour nous mettre en garde contre la soumission ? Respecter les lois , c'est leur obéir. Tout autre genre de respect est une dérision , une hypocrisie. Mais on voit bien que ce mot éclairé n*est pas employé sans dessein : il est là pour tenter l'orgueil des prêtres ainsi que des simples fidèles i pour leur faire entendre qu'avant d'obéir ils doivent examiner 9 juger, et les comuHindements del'Êgliseet l'Eglise ellemême. Etonnante prétention ! Et qui les a donc établis juges eu ces matières? Sont-ils un tribunal préposé pour approuver , suspendre <4i abroger les canons? Est-ce à eux qu'appartient la souveraineté? Que deviendra l'ordre hiérarchique; comment ce chef pourra-t-il conduire le troupeau dans ses voies*; quel moyen restérat-il de régir la société spirituelle et d'y maintenir l'unité qui est de son essence , si elle n'a

• Si 0Mtan Stclêtiam non Mudkrit , fil iiki tieui etlmictu êi ^u* éêiemuu. Matt.» 17. — • BxposUion de BomimI.

ai6 Sl}ll,=*LA NATURE ET l'ÉTENBCE

pas le pouvoir d'ordonner, ou si on a le droit de ne pas obéir? Il faut le répéter, puisqu'on l'oublie ou qu'on feint de l'oublier : l'Eglise n'est pas moins assistée de TEsprit saint, elle n'est pas moins infaillible dans les actes de son goufernement spirituel que dans ses décisions dog- • matiques. Jésus-Christ, qui a promis f/V/re avec elle tous les Jours jusqu'à la consommation' des temps\ la soutient, la guide, l'éclairé également, soit qu'elle proclame la foi , soit qu'elle enseigne la règle des mœurs , soit qu'elle promulgue les lois dont se compose sa police divine : et comme son autorité est la même dans tous ces cas, dans tous ces cas aussi on lui doit la même obéissance; et le respect éclairé du ministre , ou se confond^ quoi qu'il en dise, avec cette obéissance sa^créc , ou n'est , sous un beau nom , qu'un synonyme de schisme.

* Dieu seul voit le fond des cœurs et juge les intentions : nous n'attaquons pas celles du ministre , car la charité ne présume point le mal* ; mais notre devoir nous obligeoit à relever des paroles qui , en quelque sens qu'on les veuille entendre, sonnent étrangement aux oreilles chrétiennes. De tout ce que , dans la longue

" Matth. y zxfiii, 20. — * Ckuritoi non eogitaî malum, l ad Cor. 9 XIII, 5.

DE LÀ SOUMISSION DUE kV X LOIS DE L'ÉGLISE. 2 1 7

suite des siècles , TÊglise avoit reçu de Tétat et de la piété des rois , il lui reste peu de chose aujourd'hui: qu'on lui laisse au moins ce qu'elle tient delà munificence du Roi des rois ; aussibien il n'est pas en son pouvoir de le céder, et Ton tenteroit en vain de le ravir..

*^<fc^^i% »^%»»» wofc v^^i^^90ttt^%0Vtv^^m^%^v%mmm^i^%i^f^%>%m v^t^^v^tmmt^vm

sua CN OUTRAGE INTITUli

Page 1