DE LA LIBERTÉ
de sa nature. Dieu n'a pas voulu qu'un être qu'il a formé à son image offrît à Tunivers lé spectacle d'une si haute créature abaissée jusqu'à ne vivre, comme la bête, que du pur instinct.
L'homme n'étant libre que dans la société*, et nulle société ne pouvant exister sans pou^ voir, il s'ensuit que le pouvoir est la première condition de la liberté.
Ainsi , dans la société religieuse , l'homme est libre lorsqu'il obéit pleinement au pouyoir spirituel , parceque alors il croit ou possède toutes les vérités nécessaires au développement de l'intelligence , et se conforme aux lois de l'ordre moral ; et le remords qui le tourmente après leur violation, ce pesant fardeau que j'âme ne soulève qu'avec douleur, est le poids des chaînes qu'il s'est imposées. Esclave dès qu'il refuse d'obéir, il ne peut arriver à aucune vérité certaine , ni reconnoitre aucun devoir certain ; et ce ne sont pas des sociétés , ce ne sont pas des religions que ces sectes , où les esprits , n'obéissant qu'à leur propre foiblesse, se font à eux-mêmes leurs croyances, leurs lois , leur culte , leur Dieu , et se hâtent d'adorer, avant qu'ils aient disparu , tous les fantômes qui passent devant eux.