DE LA BIBLE. U^'J
parmi nous. Aii^si, dans les révolutions de leur patrie, les eofao^^es prophète, retirés au désert 9 le faisoient retentir de cea chaols qui , trente sièclçs api^s, nous consolent et nous ravissent d'admiration. •
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DP LA LIBERTÉ.
0^ n'est jpas à tort que les hommes atta-
chent tant de prix à la liberté ; ce sentiment est 4lans leur natucie , et aussi invincible que le désir même «de yivre. Mais, abusés par les passions , ils se forment une idée fausse de la liberté , et la cherchant où eUe n'est pas ^ ils se jettent dans la .i^efvitude.
La liberté n'est point le libre arbitre ; car, en Tertu même du4ibre arbitre, les peuples comme les«individus peuvent perdre la liberté.
Elle n'est pas noç plus l'indépendance ;, car riadépendance. est une chimère/ un mot vide ()e sens, à moins qu'il ne signifie le néant. Tout être^créé dépend nécessairement de son auteur, il dépend des autres êtres avec lesquels il fl^des rapports; il dépend de tout ce qui est, parcequ'il n'existe rien d'isolé, et qu'une mutuelle communication*, un mutuel assujettissement eati:etient l'harmonie dans le m^nifique ensemble des œuvres^ de Dieu.
Cela n'est pas moins Trai des esprits que des corps. Si notre cprps dépend des autres corps ,
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de la terre qui le porte » des alimepts quf le nouxris^eDt, de l'air, de la lumière 9 etc: , notre esprit dépend également des autres es«» pritS4 il leur doit la Térité, la pensée, le laiir gage ; et quel homme put jamais se croire indépendant , lorsqu'il ne vit qu'à l'aide d'autrui 9 lorsque son jnteUigence s'éteint dès qu'elle, cesse d'obéir à la raison pommvine , lorsque ea* volonté et son action trouvent partout des bor* nes , et dans les choses , et dans la volonté de ees semblables? Un être indépendant seroft celui qui Aisterdit par luinooéme , qui connof*' troit tout par Jui-*même , qui pourroit^ tou^ çt. qu'il Voudroit; et eneore cet être dépendroitil , comme les autres êtres , de sa bature et dçs lois qui en dérivent
Qu'est-ee donc que la liberté, puisqu'elle n*est ni l'indépendance ni ie libre^arbitre ? La liberté, ^eloa sa notion la i^lus génétaje, est l'état d'un étifi que riti» ne délovme dç sa fin, ou n empêche d'arriver à la peiffection qui lui est propre.
Ainsi Dieu est souverainement Ubre , car il est impossible qu'il ne soit pas sof veraioement parfait s et il est libre en vertu des lois mêmes auxquelles il obéit , et qui renferment toute perfection. S'il pouvoit les^violer en quelque
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point , à l'instant il cesseroit d'être libre , il ces- - seroit d*être Dieu , et , précipité de son ti^ne , il entratueroit a?ec lui au fond du néant toute lu création.
Tout ce qui seconde le développement . des êtres» soit directement, soit en écai^tant les obstacles "qui s'opposent à ce développement ,
favorise donc 1^ liberté* Prenons l'homme pour exemple , et considérons -le successivement ' comme être intelligent , moral et physique.
L'intelligence est faite pour connottre ; la véri{é est sa fin 9 son existence même ; car une inl^U^ênce qui qe connpStroit. rien n^existeroitpaS) et elle.existe plus*ou moins., ou elle èfii plus ou iboins* parfaite , selon qu'elle con* I noit plus eu moins de vérités.
Mais l'intelligence ne se développe que dans là société, ^A l'aide du langage que l'homme reçoit, des autres hommes avec ses premières penséea ou les premièies f éritésr Hors d'elle il végète et meurt dans son ignorance native ; borné à de simples sensations , il ne peut acquérir d'idée4 ; et quand il en acquerroit , ique seroient-^Uef en comparaison des vérités innombrables que possède l'homme en société ? De plus, comment s'assureroit-il de ses nolîans, de «es jugeqptents? Qui l'avertiroit de ses '
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erreurs ? Par quel moyen les redresseroit-il ? L'homme seul ne sauroit donc surmonter les obstacles qui s'opposent au développement de son intelligence: son intelligence n'est donc libre que dans la société.
•Los passions forment encore de nouveaux obstacles au développement de l'intelligence , aussi bien qu'au développement ou à la perfection de l'être nlbral. EUes offusquent l'entendement, elles détournent de sa fin l'amour qui ne doit s'arrêter qu'au bien véritable. Les passions et la liberté s'excluent donc mutuellement. Aussi tout homme que transporte une passion violente est -il universellement considéré comme esclave , impotens sut. < Il » n'est plus maître de soi , dit-on ; il n'a pas l'es* iprit libre , il est incapable de raisonner, in* > capable d'entendre : 1 et qu'est-ce que cela , sinon la plus profonde et la plus dégradante servitude ? Mais les passions ne sont contenues que par les lois religieuses , dont la connoissance certaine ne se trouve que dans la société : donc l'homme moral n'est libre que dans la société.
Il en est de même de l'homme physique ; car il ne peut naître et se conserver que dans la société ; et cela seul prouveroit la grandeur