‹ Nouveaux mélangesChapitre 45 sur 107 · SUR UN CARACTERE · texte numérisé non relu

SUR UN CARACTERE

délit de conspiration et de révolte , à TinMant même elle crie qu'on Topprime , qu'il n y a plus de liberté , de sûreté pour les défenseurs du peuple. En 93 , au moins , les bourreaux ne se plaignoient pas d'être victimes ; le crime parloit son langage, mais il parloit sans déguisement : on s'entendolt dans la Convention. En enfer même, on sait ce qui est vrai et Ce qui est faux ; on * ne nie pas la vérité , on la brave. Mais ce n'est pas assez pour les êtres pervers que la révolution nous a faits. Ils ont créé dans l'enfer un autre enfer plus profond, plus ténébreux, où aucune vérité ne pénètre. La parole n'éclaire plus, elle obscurcit : elle parcourt la terre '^ disant au mal, tu es le bien, et au bien, tu es le mal. Les peuples écoutent, ils hésitent, et la raison publique affoiblie ploie sous le poids de l'imposture.

Si ce genre de dépravation se propageoit, si Ton ôtoit au discours , avec sa conscience , Je caractère de témoignage, il n'y auroit plus de société possible. Nulle certitude, nulle foi, mais un doute universel qui sépareroit à jamais l'homme de l'homme. Toute pensée seroit impénétrable , et tout esprit un mystère, un abime pour un autre esprit. Une nuit épaisse

* liingua torum irûnthit in (errû, Pf. uuiii,9.

Page 1