DE LA. SAINTE-ILLIAKCK
déjà 9 êx qu'on* le terra mieux tous Içs jours ; il faut Je dire poiir hâter le moment où ce qu'on de «peut faire aujourd'hui deviendra possible : la Sainte-Alliance manque de base. Car 9 dans l'ordre spirituel- où les souverains , en la for« mant , se sont plaeés , il' n'y a point d'alliance sans union réelle , * point d'union sans unité de foi.
Quel but s'est-oû proposé? de défendre la société contre la révoIution,|[en lui opposant le christianisme, son enneilii le plus formidable» ou plutôt soti seul ennemi. Or, quel estle christianisme sur lequel e^t fondée la Sainte-Alliance? la réunion de différentes sectes , qui n'ont ni la même foi ni le même chef , dont plusieurs même ne reéonnoissent point de clicf , et ne pourroieat dire quelle est leur foi. Donc, ou la Sainte- Alliance n'a aucune base, ou* elle suppose que toutes ces sectes professent également le christianisme. Dans le premier cas^ il n'y a point véritablement d'alliance; dans le se* cond', elle repose sur l'hidifFérence des religions*, c'est-à-dire sur le fondement même de la révolution qu'on veut combattre.
Quels que soient dend lès nobles désirs des souverains à qui sont confiées les destinées de l'Europe, réduits à n'employer pour sa défense
tS6 OB lA SAIMTE-AUIAKCH.
qu'un mojen sans doute indispensable \ mais ifisuffisant, ils n'ont pu encore opposer à la Févolution que la force , qui ne la Yaîncra ja.maiSy parccque la révolution, nous ne saurions trop le répéter, est dans les esprits : c est leur révolte contre l'autorité. Or, on n'arrête point les tempêtes en jetant des pierres contre le yent ; on ne soumet point Les esprits avec du
oanon; Et puis , à qui obéiront-ils? est<-ce un point sur lequel les augustes auteurs de la Sainte-Alliance soient d'accord?
Tandis qu'il n^y aura point de christianisme eoilimun , universellement reconnu pour loi , Upolitique ne sera qu'un calcul d'intérêts matériela f qui, différents pour chaque état, peu^ vent bien être le sujet d'un traité , mais non
d'une alliance , et moins encore d'une alliance sainte. Qu'on en jugQ par deux faitff.
, Un peuple chrétien , opprimé deptfis quatre sièolefi par . des barbares campés en Europe^ secoue -ses fers, et armé du souvenir des outrages qu'il .a subis ^ de&. souffrances qu'il a
endurées , if se lève comme un seul homme pour reconquérir sa liberté politique et religieuse. Les bacbares jurent de l'exterminer. Lçur rage, ^ue rien n'adoucit , n'épargne paa mèxfxn l'enfance : le meurtre , le viol, V^en--
DB LA Si^INTE-AlUANGE. sftjf
*die 9 tous les crimes marcfuent leur passage. On retoit ce qu'on n'avoit pas vu depuis le paganisme, les sacrifices hum*ains '• ' Que fera la politique européenne? consulte ra-t^lle le christianisme sur la résolution qu'elle doit prendre? Comptera-t-elle la foi 9 rhtimamté même , pour quelque chose dans cette grande^question? Elle calculera des intérêts; elle soutiendra le peuple musulman; elle regardera peutTètre son chef comme un membre, de la JSainte^AUiance ; elle déaidera peut«-ètre que le peuple chrétien doit se replacer sous l*Qpée du Tartâre.
La rérolutioD éclate dans un royaume voisin de la France. I^oute^ les scènes d'horreur dont nous avons été témoins il y a trente ans le renouvellcn| c(aDS ce royaume. Oo proscrit la religion ; on égovge ses ministres au cri de vive l'tnftr! La Convention renaît ^vec se^ fureurs. Les jours du roi et de ses fnères sont en danger. Que fer& la politique européenne? elle dis* cuterâ les droits de la révolte ; elle trouvera qu'il «eroit injuste de troubler ses opérations et d'inquiéter ses oridies ; qu'on doit respecter le peuple souverain* lorsqu'il lui prend envie de se régénérer à sa manière; elle Suppliera
* Vojei1« Dtapmu ^/aneda q^joillet aSas.
iS& . ,DE tk SAINTE-AUIANCE.
humblement la Convention , appelée Cor^ , de tempérer son zële , et de modifier un peu ranarchie qu'elle fravaille à établir ; elle examinera froidement les probabilités que le roi soit assiassipé demain ou après-demain , afin de safoir si elle est constitutionnellement au-, torisée à le secourir aujourd'hui pu demain , de concert avec ses sujets fidèles ,«qu*en atten^ dant elle juge prudent d'appeler des insurgés. Généreux insurgés ! h^ros de- r£$p;igQe ! vous dvez. dit encore une fois : Mourons pour la ^ause Juste ! et tous les peuples de l-Eurôpe se sont assis pour regarder la royauté et la révolution» la foi et )'|mpiété, (^on^battre co]])s à corps dans Tarëne. Les ' gouverpements ont vQu}û t][ue ce fût un spectacle ; mais ce n'est pas le dernjer qui sera donné au^monde. Je le dis surtout à la France; je. le dis à ses ministres : 'qu'ils pré(^arent leur Réponse , lorsque bientôt peut-être on. leur demandera ce
qu'ils ont fait d'elle. Si la révolutîonU'emporte
en Ëspaene» un an .après son triomphe complet, on cherphera vainement un Boiirbon sur le trône 9 pt avec eux disparaîtront les detaières espérances de la société.
Qo'est-ce [ donc que la Sainte-^Alliance 9 si elle ne détruit pae la possibilité d'up. pareil