DE LA SAINTE-ALLIANCE
Un woiiie ,' blessé dans son orgueil , ]o(a , du fond* d'un cloître, au miKefu des peuples, la parole de révolte. Le monde civilisé tressaillit , et se sôntit frappé d'un mal inconnu.
. Nier- le pouvoir spirituel , établi pour conserver la foi ou pour maintenir les esprits dans Totiélssance, c'éioit aierlô christianisme t aussi fut- on bientôt «conduit k- nier expressément tous ses dogmes et* tous 'ses préceptes, toutes les yérltés et tous lés devdifs , et enfin à nier Dieu même ou le pouvoir général de qui émanent tout .ordre ^ tojutc vérité, toute existence.
Alors la société spirituelle fut dissoute dans
son principe et dan» ses derniers éléments. Affranchi de lauterijé et ne dép.endant que de lui-même, 4'hbmme né reconnut plt^s d'autre souverain que sa raison 5 d'autre vérité tjue Vas opinions, d'autre loi qlie ses penchants : il fut roi , il fut Dieu ; c'est-à-dire qu'à^ l'instant où il sortît' de la société religieuse- il .sortit de toute sodété.^Il n''eo existoit plus aucune quanfl DOS trojul^les politiques éclatèrent. I:'état et ses vieilles .institutions . restoi.ent encore debout comme un éjdifice miné. Les formes extérieures de Id'Socîété, son corps, pour ainsi dire , offroit à J'œil les menées apparences'; mais ce* corps étoit sans .vie , l'esprit social avoit cessé de l'a-
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nimer. 11 y avoit .un culte public et plus de • foi , des temples et plus dt Dieu , un roi et plus de royauté.
Ainsi la révolution étoit faite , .elle étoit pleinement consommée à Tépoque où l'on s'imagine qu'elle commença. On a pris la putréfeetion pour la^mort; et peut-être est-ce à cause de cela 'que tous ceux qui ont entrepris la restauration de la société ont cru qu*il suJ^ lisait 'd*embauiner le cadavre.
On *ne sauroit trop le * redire : la véritable
société /-c'est la société religieuse ; il .n*f en. a point d'autre ; car, il ne peut exister dé société qu'entre ies êtres intelligents ; elle s'établit et se conserve par la soumission à une autorité qui s'exerce sur les esprits , et h révolirtion n'est autre. ôbose que la rébellion contre cette autorité nécessaire , ou la destruction absolue de la société spirituelle. Aussi voit-on toujours et partout- les révolntionaaires attaqtier d'abord cette société ,"en attaquant l'Église catholique , leschef qiii la gouverne , ses institutions , ses lots i ses ministaesv sa doctrine': c'est l'unique point SUT lequel'ils n'aient jamais varié yle seul sur lequel ils soient tous d'accord. Ils savent bien qa'ils ji'ont rien.à cVaindro d'aucune autre %lise , et que là où il rr^xisle point (}e pouvoir
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qui conmuinde aux esprits, i) n'y a du christia-
nisme que le nom., de dogmes que les pensées de cl^ûD 9 de lois que les intérêts , et de droits queJa force. * • .
YoilÀ pourquoi la révolution se montra si docile au joug de Buonapaxte. Son despotisme ne leffrayoit pas; il confirnioit au contraire ses maximes $ il en étoit une dure , mais écja-* tfinte application ; et ce Corse» venant an moment où la France toute sanglante et'meoàcée de nouveauji désastres appeloit de ses. vœux Tordre que les révolu tionaairea avoient renversé y les servit réellement en contenant leur violence; il parut up bien au milieu de tant de mayx , et il sauva la [[évolution en arrêtaflit sw fureurs. ». . .
Dieu sans doute avoit ses desseins , et Quo-
naparte ressembloit tf op peu aux aU1;res homr mes pour qu'il n'eût pas été formé pour une destination particulière.,
Cet homine alloit toujours en avant lies yeux fermés, et comme il détritisoit eo.marcbant^; il ne laissçît' derrière lui qtie , des .abîmes. D^ là nm|3o^sibilité de revenil* suf;ses pas, de réparer des foutes ou des pnaAieurs. A la guerre-, il ne sut jamais faire une retraite; en politique» il ae.siApas même, faii^.un can^pement.
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Il n*y AToit point de pusé pour lui $ il n'y afoU que le présent , qu'il serroit entre ses bras de fer» comme ppur étouffer Tavenir dans soti- . sein. Il craignoit le temps; et , ds^as ses terreurs et son impatience ,, il TÔuloit se pafiser de liij eu tout ce qu'il-entreprenoit.
Né au milieu des tempêtes , il fit le calme , mais ce calme brûlant qui précède et annonce de plus grands orages.
Indifférent au bien et au mal , il accomplissoit l'un sans joie et Tautre sans remords, comme un esclave exécute un ordre.
Il cbercboit la monarchie, et 11 s'enappro^ cha de plus près qu'on n'a fait depuis ; mais la révolution , qui lui commandoit en rampant au pied de son trône , l'empêcha toujours dy arriver.
Il releva les' autels, qu'elle avoit abattus ; mais il ne vit dans l'autel qu'une pierre, autour de laquelle il permettoit au peuple de s'assembler. Il attaqua l'Église d ans son chef; il voulut asservir le pouvoir spirituel ou l'anéantir». La révolu* tion sentit qu'elle régnoit encore : mais dans lès décrets divins déjà son roi avoît cessé de régner. * Sa mission , car il en avoit uRe , sa mission remplie, il disparut :J'univers cpnaoit sa- iih. L'eiprtt qui le poussoit s^étôit'reticé : il ne retn
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toit pas mëûie un homtne. Ce je pe sais quoi de foJble et d'ignoble qu'on .app^loit eucore l.'eiïi- ■percur s'éteignît sur un -rocher; etlanrort de ce soldjity à qpî h révolution deroit tant d'àmour et l'Europe tant dcvengeance , eut cela /l'étrange qu'elle n'inspira ni pitié, ni joie^ ni douleur.
• Quand Buotiaparte tomba, 11 y eut dans le monde un vioment d'espérance;, L'Europe , qu'il étouffoit sôus le poids de son épée 9 respira. On crut que Tordre <illdit renaître ; pais la révolution , appuyée sur les ruines dû trône impérial , négocia d'abord , metiaça bigitôt , oonspjra toujours. Ménagée comme une puissanoe, elle obtint dWmenses concessions : elle fut admise partout , dans les iostitutions , les
lois 9 les places. On. ratifia ses actes , on légitima ses doctrines, et on la consacra tput entière en-établissant l'athéisme politique.
Une seule chose »parut montrer que les soutrains avoient appris à la redouter et à la connottre. Ils essayèrent de former contre elle une alliance fondée sur le christianisme, piensée aussi juste qu'élevée, et qui honorera toujours ceux qui la conçurent. L'état' religieux de rEi>ropa^rendûjt pialheureusement.ce i\Qblë projet inexécutable. 11 faut le dire , puisqu'on je Toit