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538 QUELQUES liFUDCIONS

on principe que le christianisme consacre « et sur lequel repose la société. En parlant d'un prince qui a mérité la reconnaissance de l'Europe, et à qui la Providence réserve peut-être de plus grandes destinées encore : « Croyez^ »?OQsdonCt a dit M. de Chateaubriand,, qu^il

• ait Toulu la guerre à to^t prix , en vertu de je

• ne iaiê quel droit divinf^et en haine des libertés êdu peuplé ' ? • Qui pourroit, en lisant ces mots, 86 défendre* d'un sentiment pénible? Où en 8omme8«nous donc, s'il nest plus permis à un ministre du Roi très chrétien de reconnoitre avec l'Évangile, avec tous les peuples civilisés , que le pouvoir vient de Dieu, omnis po-teêtae à Deo ? Seroit-il vrai que le principe contraire, que l'athéisme politique fût la base de la société nouvelle qu'on s'efforce de créer pour, satisfaire te besoin du siéele , et qu'^n vertu de je ne saie quel progrès des lumières humaines, le monde dût cesser de relever de ton Créateur?

Mais si le pouvoir n'a pas son origine en Dieu» où se trouve-t-eHe ? dans le peuple ? Non : U souveraineté du peuple renverserait tout ordre sociale Rien n'est en soi plus évident, et rien

IV Dsicovri de M. de GhAteanbrUnd, dtm U aétnce da %S iS^ tttar I8»S— - • I6«A

SUR NOTRE itAT PRÉSENT. SSg

n'est aussi plus pleinement confirmé par Texpérience. Ainsi la souveraineté ne Tient ni du peuple ni de'Dieu; le ministère l'assure. D où vient-eÙe donc? Ici commence la théorie ministérielle du pouvoir, théorie dont le succès ne seroit pas douteux un moment, s'il sui&soit, pour décider les esprits à l'admettre, du charme de la nouveauté et de la séduction du talent. Mais , outre la difficulté de faire clairement comprendre aux hommes ce que signifie cette maxime : la source de la souveraineté dé^ coule du souverain S ils diront toujours : ou TOUS entendez que la souveraineté véritable appartient à celui qui exerce le pouvoin pendant qu'il l'exerce , et alors vous consacrez le gouvernement de fait : ou le souverain légitime f dépossédé de ses États par la violence, conscrvcroît encore la souveraineté; et alors cette souveraineté , qui ne vient ni de Dieu ni du peuple, seroit quelque chose d'inhérent au mpuarque et d'inné en lut, une haute et sublime prérogative qu'il ne tiendroit que de lui-même ; c'est-à-dire que vous reconnoissez deux races d'hommes de nature différente « l'une destinée à commander, et l'autre à obéir;

• Ditcoun de M. do Châteaabrijmd daoi U séance da t$ fétrier iSaS.

54o QUELQUES RÉFLEXIONS

c'est-à-dire que, par amour pour la liberté du peuple, vous établissez le principe d'une servitude si avilissante , que Ton ne conçoit rien au-dessous d'elle. A tout prendre, nous préférons la doctrinç du christianisme. Avec le droit divin , Yhomme est libre, parcequ'il n'obéit réellement qu'à Dieu* : avec le droit divin , qui impose la même loi, et une loi parfaite, aux rois et aux sujets, on a des vertus. Jvec la souveraineté dont la source découle du souverain, on a l'esclavage ou l'anarchie; on est régi, suivant l'expression d'un député que la France honore, par des lois impies \ qu'on ne songe pas même à réformer ; des désordres effrayants se manifestent de toutes parts ; la société tombe en dissolution , et , au milieu, de ses débris , on se console en disant : « Il faut » prendre les siècles tels qu'ils sont ; le temps

• ne s'arrête ni ne recule. On peut regretter les

• anciennes mœurs, mais on ne peut pas faire » que les mœurs nouvelles n'existent pas. Les «arts ne sont pas la ba^e de la société, mais

> Discoors de M. de Marcellns dans la séance du 8 avril. Noos rappellerons ses propres paroles : « J'ai dit ce que ma conscience •me portoit à dire... Je n'ai pas avancé que la France ne ftttré* «gie que par des lois impies; mais j'ai soutenu et je soutiens en- •corCque , parmi les lois qui nous régissent , il s'en trouve d'im •pies. • ( A droite : Oui 1 oui l c'est vrai.)

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