RESTAURATION
ceToir» une loi de vérité et une loi d'amour. Mais quand on vient à considérer là foiblesse de la raison humaine , si facile à s'égarer, si opiniâtre à ne jamais revenir de Terreur qui la flatte, et la corruption de la volonté qui, concentrant rhomme en lui-même, le porte à faire de son intérêt propre , tel que les passions le comprennent, l'upique règle de ses affections, on voit bientôt *que le lien social ou ne pourroit se former, ou se briseroit à chaque instant, s'il n'avoit pas hors de nous son origine - dans une puissance plus sage. Les hommes ne sont pas plus tôt abandonnés à eux-mêmes qu'ils deviennent ennemis les uns des autres par un effet de l'amour désordonné de soi , et qu'ils se perdent dans une multitude d'opinions contradictoires. Pour qu'il existe un ordre de croyances et de sentiments invariables , ou pour que la société naisse et se conserve, il faut que les lois de l'Intelligence, manifestées à l'homme avec certitude par une raison audessus de la sienne , soient obligatoires pour lui ; et point de société sans un pouvoir souverain qui impose à l'esprit le devoir de certaines croyances , et au cœur le devoir de certaines^ vertus. Aussi tous les peuples ont-ils reconnu une loi primordialepromulguée par Dieu mêaie,