PARIS
BRISSOT-THIVARS, LIBRAIRE,
lUX-DK l'aBB4TB-84I1IT-OBRMAIII-DBS-PRB8, If^* l4>
te
te
V (« te
te
te
to
te te • te C>
<• te te,, ^
DU if JAimKR AU 31 DECEMBRE 1SS8.
Janvier i8a8. ^— Tous les bons esprits avaient
TU avec satisfaction la dissolution cleJLgichambriSé -^^ > • (I cette chambre rapidement j^^^sC^iquemcito^ ir servile^ qui fut le fléau du pai^^C^^lri^âtS* (T de Tétranger. » {Courrier ^ n^ ^*'XV*!r* **''.'• * Ce langage n'a rien d'exag^é: r*Icé ji^^ff^ V qu'une justice rigoureuse. Nous allons rapporter une particularité qui le prouve; elle a été racontée, par M. Ravez, devant des té^ moins dignes de foi. Ce président ne revenait point de la surprise que lui causait un noyau d'environ cinquante députés d'une ignorance crasse , pleins de préjugés absurdes , pratiquant avec scrupule des momerîes religieuses abandonnées depuis plus de quatre siècles , n'en sant faire aucun usage de leur raison ; enfin ^
â NOUVEAUX
entièrement dévouéi au pouvoir devant lequel ils se prosternaient. M. Ravez ne pouvait concevoir qu'il existât^ parmi les éligibles, seulement dix individus de cette trempe qui eussent^ en quelque sorte ^ renoncé à l'usage de leurs facultés intellectuelles. On juge combien cinquante lui paraissaient un phénomène admirable. Il sentit le parti que le miniaftère pouvait en tirer, agit en conséquence, et forma le noyau de ce bataillon sacré d^ Ilotes , ministériels per fas et nef as; mais les cinquante lui causèrent plus d'une fois un embarras dont il ne s'était pas douté , et dont il X\i «beaucoup Après en avoir triomphé : c'était ^e : ce», fitra^^s gens ne sachant pas un mot de i<|$r slQ^ire^ le levaient quand il fallait s'asseoir, 'èV ^'^s^çfyaient quand il fallait se lever. On fut y obligé :dé\lèur donner des guidc'^nes sur lesquels ils avaient les yeux, et dont ils suivaient les mouvements. Quand ils furent au fait de ces évolutions, grâce à l'instruction presque élémentaire qu'ils reçurent, on n'eut plus, d'inquiétudes sur le sort des décisions prises par assis et levé^
Mais l'inconvénient se trouve toujours à côté de l'avantage. C'était un grand avantage que de compter sur la conscience de votans superstitieux ou dévots. Il fallait donc ne rien pro*
MÉMOIRB9 SECRETS, 3
poser qui put alarmer cette conscience timorée. Nos cinquante avaient été élus pour cinq ans t le scrupule les prit quand il fut question de la chambre septennale. Rien ne put les en guérir; ils prétendirent qu'ils n'avaient pas le droit de siéger au-delà du terme pour lequel ils étaient venus. Ce fut une des causes de la dissolution de la chambre^ qu'on a tant imputée comme défaut de prévoyance au ministère» Ce lui fut une nécessité 9 grâce à l'entêtement des cinquante; mais il crut les ravoir, et compta sans ses hôtes y heureusement pour la France (i).
On attendait avec impatience le premier jour de l'année i8a8, parce qu'on espérait qu'un nouveau ministère naîtrait avec elle ; mais on fut trompé : seulement il parut quelques pro« motions pour récompenser les préfets qui s'é-
■«i^.— rf-MBiarillMaii^Mi
(i) Un académicien 9 qui ne s'est pas fait connaître ^ a fait , sur cette chambre , un singulier calcul*
Nobles anciens et nouveaux. * . . , 807 Roturiei*s . I23
Ptds il a mis au bas les vers suivants :
Loin qu^an semblable choix nous blesse , De nos dëputés soyons fiers; n n'est rien tel qae la noblesse Pbar bien représenter le tiers.
taient disdogùés dans les dernières électionê parleur dévouement au ministère. Ainsi M. Bastard^ préfet de la Haute-Loire , fut fait officier de la Légion-d'Honneur à la suite de sa camrpagne électorale; il en^ut de même de M. de Juignéy préfet de la Haute •- Garonne , qui, ainsi que le précédent, était parvenu à faire élir%les candidats ministériels; de M. de Chaulieu , préfet de la Loire.
M. Peyronnet avait, de àon côté,. obtenu une promotion de conseillers d'État; c'étaient autant de dettes qu'il acquittait. Cet ordre dans ses affaires entretenait l'espoir de sa retraite; mais il était facile de voir que tous ceux à qui ces faveurs étaient accordées étaient les créatures du ministère, ce qui faisait conclure que le système ne changerait pas*
J!^ janvier. — On a remarqué que les discours adressés au roi pour le renouvellement de Tannée étaient sans courage» sans énergie, sans couleur, et que le mot de Charte ne se trouvait dans aucun. M. Barbé - Marbois a , dans celui qu'il adressait au duc de Bordeaux, mis une petite historiette pour dire au jeune prince qu'il appartenait à la nation, ce que Fénelon, Massillon avaient dit sans détour, l'un au roi. Vautre à celui qui devait Iç devenir , si l'ordre
MiHOIRES SECRETS. 5
<[e la nature n'eût pas été dérangé. La tournure prise par le président de la cour des compteB n^était propre qu'à faire voir non-seulement que ridée de propriété entre dans l'éducation
des princes 9 mais qu'on n'ose le dire
Dans les premiers jours, l'annonce d'un nouveau ministère circulait dans la capitale. Le 4 janvier y ce bruit eut plus de consistance; on donna comme positives la sortie de M. deVillèle ûu palais de Rivoli , celle de M. de Corbière de l'hôtel Conti , où sont les bureaux de l'intérieur; enfin celle de M. Peyromiet de la chancellerie , place Vendôme. Qn sut que M. Corbière était parti pour Rennes , que M. Villèle avait loué, pour trois mois, un hôtel rue Monsieur; enfin, que M. Peyronnét avait loué pareillement , et pour trois mois, rue de l'Arcade , n® 25, l'hôtel d'une dame partie pour l'Italie.
Les journaux du 4 donnaient ces nouvelles , çt les confirmaient le 5, en désigpiaiit les sucfcesseurs des ministres , sans cependant qu'il y eût rien d'officiel. La cour retardait tant qu'elle pouvait un remplacement qu'elle regardait comme très-nuisible.
6 fani^ier. — On parlait encore de la retraite de MM. Franchet et Delavau , ces deux bras droits de la congrégation.
Enfin l'ordonnance parut le 6 janvier dans toiis les journaux.
Le comte Peyronnet fut remplace par le comte Portails* Le baron de Damas , par le comte de La Ferronnays. Le marquis de Clermont-Tonnerre , par le vicomte
de Caux.
Le comte Corbière , par le vicomte de Martignac* Lé comte Villèle, par le comte Roy.
lié département de la guerre confié à M. de €aux reçut une modification remarquable. Le Bauphin est chargé de la présentation aux emplois vacants dans l'armée^ et le ministre , de Tadininistration. Cette disposition fut critiquée ^ parce que le prince ne pouvait être responsable , et que le directeur du personnel doit Tètre ; il est vrai que la responsabilité pèse sur le mi^ nistre , mais il n'est pas juste de faire répondre un Qiinistre des actes auxquels il est censé ne prendre aucune part.
Il fut créé un ministère du commerce com^ posé des attributions relatives au commerce et aux manufactures, distraites à cet effet du mi-^ nistére de l'intérieur. Ce nouveau ministère fut confié à M. de Saii;it-*Cricq.
Enfin, dans la même ordonnance, Tins truction publique fut séparée du ministère des affaires ecclésiastiques.
MÉHOIBES SECRETS. 7
. M. de Chabrol-Croazol , ministre de la marine , coQtre-signa cette ordonnance. Le rôle subàUerne qu'il a toujours joué, en ce sens qu'il n*a jamais été qu'un instrument , le fit choisir pour congédier ses collègues, (hi sera toujours sur de le trouver prêt pour des mesures de cette espèce.
Le tnamvirat se retira triom|Aant et mo^ queur. MM. Villèle, Peyromiet et Corbière furent faits ministres d'État et membres de la chambre des pairs. La cour ne pouvait mieux faire pour prouver sa répugnance et protester contre ce qu'elle était forcée de souffrir plutôt que de faire , car son action ne fut, dans cette circonstance y que pour retenir ceux qui s'en allèrent. Nous aurons plus d'une fois l'occasion de faire remarquer des actes en sens inverse des mesures adoptées.
La séparation de l'instruction publique du ministère des affaires ecclésiastiques eut en priu'eipe l'approbation générale. Mais^ comme en France une institution n'est que ce que le chef veut qu'elle soit, il fallait savoir à quel chef l'instmclion serait confiée. Tant qu'elle serait entre les mains de M.Frayssinous, rien n'était cfaan*géy et ceux qui croient que la religion ne peut prospérer si les prêtres ne sont complètement maîtres de Finstruction publique ^ avaient dans
8 HOUYBA0X
Tévêque d'Hermopolis une garantie suflQsante.
• Le 7 janvier , le Moniteur anncuiça la sup-^
pression de la direction de la police générale,
conséquemment la retraite du directeur Fran-?
chet; le remplacement de M. Delavau, préfet
de police , par M. de Belleyme , procureur du
roi prés le tribunal de première instance de
Paris. M. Delayau fut fait conseiller d'État^
et ne sortait ainsi d'une porte que pour entrer
par une autre , récompensé de la haine publique
dont il était Tobjet.
On savait parlé d'une recette générale, comme compensation, pour M. Franchet, que la cour ne pouvait abandonner sans ingratitude. Cette recette était promise par M. de Villèle, mais ce ministre avait oublié de signer la nomina-tion, et son successeur, M. Roy, ne s'est pas cru obligé d'acquitter les dettes ou promesses de son devancier.
Mais il n'est pas inutile de faire connaître M. Franchet.
M. Franchet est de Lyon. Obscur employé de la poste , avant la restauration , il doit à cet événement son élévation. Il était connu par une dévotion intolérante et des principes rigi'* des. Nous lui devons la justice de convenir qu'il 9^^\% toujours la même voie, et qu'il était de U
MÉMOIRES SBGRETS. Q
eongrégalion bien avant qu'elle agit ostensiblement. Il a été bien servi par les circonstances.
En 18149 il faisait la cour à une demoiselle dont la mère, fille non reconnue du duc de Lauraguais, portait le nom de Sainte-Luce, celui d'un borgne qui n'était connu que par sa laideur ; ce qui n'a pas empêché madame de "^^^ d'avoir deux filles : Tune courtisée par M. Franchet, devait devenir sa compagne^ et le sort de l'autre dépendait d'un événement qui changeait la face de l'ïlurope.
Madame de Sainte-Luce partageait son temps entre la dévotion et la musique ; elle donnait des concerts rue Cassette. Un singulier hasard lui fit recevoir dans sa modeste demeure le roi de Prusse, C'était à l'époque de la première invasion; la mère et les deux filles assistaient à un concert où ce prince était invité. Soit par un effet de la chaleur, soit par suite d'une de ces émotions dont la cause reste ignorée , mademoiselle de Sainte-Luce se trouve mal* Le
roi prend part à sa situation , offre sa voiture pour reconduire ces dames chez elles, et les confie à son aide de camp. Cet officier prend intérêt à la jeune malade. Le roi l'envoie savoir de ses nouvelles; il y retourne pour son propre compte j, et se sent bientôt épris au poiat de Youloir se marier; ipais le roi lui fait des obm
lO nOUYEAUX
•ervations : ce sont des ordres dans la bouche d'un roi. Cependant Frédéric honore de sa présence l'asile de ces dames ; il trouve la mère aimable (on sait que M. de Lauraguais l'était beaucoup). Elle avait assez d'expérience et de tact pour pressentir ce qui pouvait plaire au prince. EÏle remarqua qu'il aimait à parler de religion. Frédéric était de la religion réformée, raiscHi de plus pour répandre quelque variété sur ces entretiens. Chacun plaidait pour sort saint; mais l'invasion- finissait , les affaires s'arrangeaient, les Prussiens et leur roi partirent; ' Taide de camp suivit son maître. Il y eut malheureusement une seconde invasion , ils revinrent; l'officier ne manqua pas de retourner rue Cassette ; il trouva l'une des deux sœurs mariée à M. Franchet. Témoin de leur bonheur, il voulut enr goûter un pareil; ses feux se rallumèrent; il obtint enfin le consentement de Frédéric, et le mariage eut lieu ; il emmène sa femme en Prusse. Ce fut l'occasion d'une correspondance directe entre le prince et madame de Sainte -Luce, qui entreprit de convertir le roi ; l'on assure qu'elle lui tenait un langage plein d'onction. Cette connaissance de l'un des principau:;: chefs de la coalition fut Utile à M. Franchet, auquel nous revenons pour ne plus l'abandonner.
MÉMOIRES SECRETS. It
Nous avons dit qu'il était dévot; s'il eût été pieux ^ aurait -il fait ce que nous allons ra-* conter?
Pendant qu'il était chef de bureau à Tadministration des postes, il eut avec un employé une querelle qui parut n'avoir pas de suite , lorsque cet employé reçut sa nomination (qu'il n'avait point demandée ) à la place de directeur de la poste aux lettres d'Aire, en Flandre , et l'ordre de se rei^dre sans délai à sa destination. Il part, et trouve à son arrivée un paquet de Tadministration des postes à son adresse ; il l'ouvre ^ et voit un ordre qui l'envoie à Cette, en Pro« vence ^ pour remplir le même emploi ; défense ^ de passer par la capitale et de s'arrêter en
route. M. Feni traverse toute la France,
et se rend à son poste. Il y trouve le croi-*
rait-on? un paquet contenant sa destitution pure et simple j il est à deux cents lieues de gon pays, et sans aucune ressource. Comme il avait quelques amis à Lyon , il part pour cette ville, et leur raconte sa mésaventure. Indignés d'un si diabolique raffinement de vengeance , ils se cotisent pour le pauvre destitué, et le recommandent à M. Decazes, qui était alors ministre de la police. Celui«ci placé dans ses bureaux M. Feni... Le ministère est supprimé , réuni en partie à l'intérieur^ auquel passe
M. Décazes à la fin de décembre i8r8; il entraiDe avec lui et maintient M. Fem,..En 1820^ M. Decazes est remplacé par M. Corbière ; la direction de la police est créée et confiée à M. Franchet; celui-ci se fait présenter l'état deg employés au ministère de l'intérieur, dont sa direction faisait partie ; le malheureux nom deFeni... se trouve sur cet état. Le temps aurait du le faire oublier, mais la rancune du dévot résiste au temps; en voyant ce nom proscrit, M. Franchet met en marge ces mots : u Me <c dire si .M. Feni... n'a pas jadis été employé « aux postes; p et sur la réponse a£Eirmative , le dévot a biffé ce nom avec un tel mouvement de colère, que le papier a été percé de part en part.
Tantame animis celestibus irœl
Ce trait , ces calculs peignent l'homme.
Comme nous ne disons que ce que nous savons ou ce que nous pensons, nous devons ajouter que M. Franchet est en amitié comme en haine : s'il poursuit son ennemi avec achar** nement, il reste aveuglément dévoué; mais cette qualité précieuse et rare est un défaut quand l'amitié n'est pa5 éclairée, quand elle est fondée sur des préjugés.
M.* Franchet ne voit que le mauvais côté du
MÉMOIRES SECRETS. l3
cœur humain y et la place qu'il occupait n'était pas propre à mettre l'autre sous les yeux* Comme il est de bonne foi , il croyait tous lea i^apports que lui faisait sa police (i), et ne sen-
(i) Voici Une anecdote singulière à ce sujet , et qui suppléera suiBsamnient à tout ce qu'on pourrait dire avec raison sur ou plutôt contre Porganisation de la
police. Le général Ma etM< Le G... de Ber..., tous
deux élevés jadis à l'école militaire de Paris , rencontrent dans la rue un de leurs anciens camarades. Ils ne l'avaient pas vu depuis vingt ans* On s'embrasse ^ oa se félicite , et pour mieux causer de ce temps heureux qu'on n'oublie jamais , on convient de dinér ensemble. On se rend chez Grignon. Le général et M. de Ber...«. remarquent dans leur ami de collège une certaine in-^ quiétude qu'ils ne peuvent s'expliquer. L'attribuant à l'état de ses finances , ils paient son écot , et ne voulant pqint se séparer de la soirée , la prolongent en faisan^ venir du punch. L'inquiétude du camarade redouble; il veut se retirer , on s'y oppose. Enfin , ne pouvant triompher de la résistance, 'il tire à part M. de B....^
qui lui inspirait plus de confiance , et lui dit f sous le secret, qu'il est obligé de porter avant minuit, à la police , un rapport , et que non-seulement il n'en a point fait , mais qu'il n'a point de documents pour le faire. M. de B...... trouve plaisant de l'aider. Il se ren-»
ferme dans un cabinet , écrit tout ce qui lui passe par la tête, et le remet au camarade, qui court le déposer
à la police. Le général et M« de B rentrent chez eux,
bien résolus de renoncer à cette société. Effectivement^
t4 KOUYEAUX
tait pas qu'un homme qui vit d'un emploi dana lequel il faut toujours dénoncer à tort et à travers y sous peine de passer pour ne pas remplir ses fonctions^ doit nécessairement inventer; car enfin ^ dans la sphère où l'on vit> il n'y a pas toujours du mal , que du mal^ et que des gens qui songent sans cesse à le faire «
Les conspirations forment un chapitre sérieux dans la vie de M. Franchet. Peut-4tre un jour possèderons-^nous assez de détails pour faire ce chapitre; aujourd'hui^ nous n'avons point assez de certitude pour l'esquisser. Mais voici un fait remarquable, peut-être unique dans son genre.
M. *** avait enlevé une fort jolie femme avec laquelle il goûtait un bonheur d'autant plus vif, qu'il était doublement contrarié, d'un coté par son père qui, comme on va le voir, prenait grandement à cœur les intérêts de la morale'^ et de l'autre par un mari jaloux, à qui la ven* geance semblait légitime. Rien ne nourrit mieux l'amour que les dangers qui l'accompagnent. Le
M. "^"^"^ ne vint pas les voir, quoiqa'il eut leur adresse. Mais quinze jours environ après celui de leur ren-*
contre , M* de B trouve an Palais-Royal l'inspecteur
qui vient à lui , le remercie , en lui disant que son rap^ port lui avait valu une gratification et la promesse d'à-»
vancement !
MÉMOIRES SECRETS. l5
père emploie tous les moyens pour guérir son fils de sa passion , n'obtient rien. Les menaces succèdent; on s'en moque. Enfin, il a recours à un moyen auquel je n'aurais jamais pu croire , s'il ne me l'avait conté lui--mème. Il va trouver le directeur de la police , et le supplie avec ins* tances et larmes , de comprendre son fils dans la prochaine conspiration. Cette demande dut paraître fort extraordinaire : il e»t probable qu'on crut que c'était un piège ou que le père étaitfou. Elle fut refusée. Il faut avoir été comme moi témoin du désespoir du bonhomme , pour ne pas douter de sa sincérité. Voulant savoir jusqu'où pouvait aller la colère paternelle, je fis observer à M. '^'^*, qu'une fois dans une conspiration , il y allait de la vie, set qu'il n'aurait plus été maître d'en retirer son fils ( notez bien que c'était un fils unique). Il me répondit de manière à ne me laisser aucun doute sur la sévérité de ses principes. Il avait prévu la chance dont je lui parlais, el le malheureux s'y était résigné.
Mais revenons aux affaires générales. Nous en étions aux changements dont M. Franchet a fait heureusement partie.
Tous ces changements , quoique bons en euxmêmes, car il était impossible d'avoir pris et difficile de trouver des gens ^us^i forts, n'ins-
piraient qu'une médiocre confiance , parce qii ë tout faisait craindre que les doctrines du ministère ne lui survécussent. Mais ils n'en causèrent pas moins une joie générale. C'était un hommage rendu à l'opinion dont les ministres se moquaient depuis sept années; d'ailleurs ^ l'essentiel était obtenu. En supposant le nouveau ministère formé par l'ancien et composé de ses créatures , quelque engagement qu'aient pris celle«-ciy elles ne rempliront leurs promesses qu'autant que leur intérêt l'exigera.
7 janvier. — A peine ce ministère fut -il nommé, qu'il se hâta de faire connaître ses pro^ jets, et dès le 6 janvier, on répandit qu'il adoptait pour bases de son système : i^ l'abolition de la censure et de la faculté d'imaginer des circonstances graves pour la motiver; a^ des mesures répressives contre l'invasion àio» jésuites; 3^ le rétablissement de la garde natio^ nale parisienne ; 4^ une loi pour prévenir les fraudes électorales; S^leredressementduscan-" daleux abus des conflits.
En répétant ces bruits, en exprimant le désir qu'ils eussent quelque fondement, les journaux attendaient le ministère à Vépreuve^ et le met-< talent au défi.
Pendant quelque temps, le ministère de-*
MÉMOIRES SECRETS. l'f
foeura dans 1- inaction . Il restait encore un porter fenille à donner; il fut offert, refusé, proposé sous des conditions qu*on n'accepta point. On parlait d'intrigues, de négociations; il devait évidem nient y en avoir , mais on ne les connaissait pas. On assurait que le ministère était divisé en deux parties égales , dont l'une voulait suivre le système de la précédente administration , et dont l'autre penchait vers lei» maximes constitutionnelles. Celle-ci, disait-on, sentait qu'on ne pouvait marcher sans une direction arrêtée, qui ne pouvait être obtenue qu'au moyen d'une augmentation ou d'une recompo-^ sition;
MM. Delàlot, de La Bourdonnaye et Hyde de Neuville, comme représentants de l'extrême droite^ furent appelés au conseil; mais il fallait un personnage qui exerçât de l'influence sur un nombre assez considérable de députés, pour former une majorité* Aucun de ces trois députés n'offrai t ce t a van tage •
On s'adressa ensuite à MM. de Chateaubriand et Royer-CoUard i on mit plus de mystère dans cette négociation; on sut seulement que ces deux personnages voulaient s'adjoindre deux autres collaborateurs pris dans la couleur àû leur opinion politique , de manière qu'il aurait fallu quatre porte-feuilles disponibles au lieu de
l8 iîOUVKADK
deux (MM. de Chabrol et Fraysainous) , qu^U élaît question de changer de mains. Cette com* binaison échoua comme la précédente^
Au même instant^ on répandait le bruit d'une recomposition du, ministère : MM« Por^ talis et Roy quittaient; MM. de Polignac, La^ Bourdonnaye et Delalot entraient au conseil.
Cette nouvelle prit assez de consistance pour faire baisser les fonds (bdurse du i5 janvier). On s'empressa de la démentir^
Le ministre de l'intérieur confia la direction de l'instruction et des cultes protestants à M. Cuvier. Cette mesure fut approuvée^ quoique le savant naturaliste eut terriblement compromi» sa réputation en politique et donné plus d'une preuve de dévoûment au dernier ministère.
Mais enfin les protestautsr avaient plus de .ga-« rantie en voyant un des leurs à la tête de leurS' affaires. D'ailleurs, M. Cuvier, en. refusant d'être du dernier comité de censure, avait un peu ramené l'opinion publique en sa faveur.
M. For talis, garde des sceaux, forma, le i ôjanvier, une commission de neuf membres relatif vemeut à la question des conflits, invention odieuse qui tend à soustraire à la justice le» fonctionnaires coupables et leur garantit Timpunité.
C^est par le choix des membres d'une com-
MÉMOIBES SEGKETS^ I^^.
ttission, qu'on juge de l'intention Téritable dç celui qni l'établit et de sa sincérité. Aussi / l'on ne douta point de celle de M. Fortalis , quand on connut lesf noms de MM. Henrion de Fansey^ Allent^ Cuvier, Jacquinot-Fampelune, 2angiacomi, Cormenin, Agier, Le Poitevin et Delàcroix-Frainvilte.
ai janvier. — Mais il n'en fut pas de même de la commission nommée le :20 par le même ministre, pour assurer dans toutes les écoles ecclésiastiques secondaire^ f exécution des lois du royaume,^ et préparer les mesures à cet effet. Les membres de cette commission étaient M. l'archevêque de Paris, M, Laine, M. Sé->guier, M. Mounier, M. Alexis de Noailles, M. Feutrier, M. de La Bourdonnaye, M. Du<^ pin aine et M. de Courville^
Il «'agissait en termes plus dairs d'assurer dans les écoles ecclésiastiques secondaires, l'exécution dès lois contre les jésuites. Mais on préjugeait une question qui n'était pas officiellement décidée, et on la décidait par le fait, modo jesuitico. En effet, l'existence légale de ces écoles ou petits séminaires n'est pas reconnue. C'était la reconnaître que'd'exaraîner la conduite de ces établissemeuts; car si l'onnfi l'avait pas reconnue, on aurait commencé par
les supprimer : ce qui ne demandait qu'une ordonnance. Quant au choix des membres de la commission y il prouvait qu'on siv^it voulu àYcir une décision favorable aux jésuites, puisque sur neuf ^ cinq sont connus pour l'être. Les jésuites étaient donc juges et parties.
Si l'on suit avec attention la marche tenue depuis le renvoi du ministère, on sent qu'une cause cachée, mais puissante, entrave tout; que rien ne^e fait avec franchise j qu'au lieu de prendre un parti et d'agir ouvertement, on se laisse arracher, par l'opinion publique, des demi-* concessions qu'un repentir suit encore et qu'on voudrait révoquer aussitôt.
En France, toute la force d'une institution peut être paralysée par le chef de cette institution; son esprit y vicié par ce chef, sa marche obstruée, embarrassée par lui, son but, enfin, entièrement détourné, couvert, anéanti. Tout dépend d'un homme : et quand on songe que .cet homme qui se moque des lois, de ses ser- . ments, est, grâce à l'usage des conflits (i), à
(i) Le cercle vicieux dans lequel fait tourner sans cesse le système des conflits est remarquable , et l'on a peine à concevoir l'impertinence avec laquelle on a fait adopter, par un peuple éclairé, cette doctrine , qui prouve jusqu'à quel point on se moque de lui. Ainsi
Tabri de toute atteinte » de toute respous^bililé ; que l'impunité des faits les plus criants lui est assurée, on est obligé de convenir de la nécessité de bien cboisir cet homme. Il était facile de s'apercevoir que l'oii tâchait de conserver les hommes qui avaient le plus abusé du pouvoir dont ils étaient dépositaires : ce qui faisait conclure que le système n'avait point changé. - Parmi ces hommes , un des plus médiocres était M. Capelle; instrument passif du dernier ministère^ il avait semé dans tous les collèges électoraux la fraude et la ruse; par des circulaires confidentielles^ enjoint d'élever des conflits (il y en eut plus de cent en 1827 ). • • . Je m'arrêta, car il faut se hâter de dire qu'il ne prenait que la responsabilité des instructions qu'il signait^ étant incapable de les faire (i). Il
un fripon de préfet (et il peut y en avoir) commet un acte vexatoire; pour le citer en justice , il faut que j'en demande la permission à un conseil dont ce préfet fait partie ! Le èonflit bâillonne la justice ,. et lui dît : Hùç usque venies.
(i) M. Capelle mettait sur le travail de ses chefs de bureau des apostilles curieuses par leur contre -sens avec l'objet du travail. Un jour il se plaignit , 'mallieu*reusement par écrit, de la qualité de Vancre; c'est ainsi qu'il mettait l'orth(^raphe. Cette plaipta eourutlcsi
ne savait pas faire le mal ^ bieri ! comme M. Fran*> chet; comme M. Delavau, comme M. Cor-^ bière^ etc. Aussi est-il à une grande distance de ces modèles, quant au talent ; bien au-dessus d'eux par la pusillanimité.
Tant qu'un pareil homme restait en place ^^ de justes méfiances: étaient motivées. Il fallut donc le renvoyer; mais il était protégé par la cour. Aussi lui donnai t^on une préfecture de faveur, celle qui est le plus enviée , enfin la préfecture de Versailles.
M. Gapélle était de fait le grand électeur de France « Au mépris de la loi qui porte que les recours contre les décisions en matière électoraie, seraient portés au conseil d'État, 41 s'interposait entre les citoyens et la haute justice administrative. Il s'était chargé du rapport de toutes ces afiaires; il suggérait aux préfets les réponses qu'ils avaient à faire aux plaintes portées contre eux; il transmettait au conseil des pièces fausses dont la communication était re-r fusée. Fendant les derniers jours de son règne ^ il s'est emparé des réclamations et des plaintes poihtées contre le dernier ministère. Il soutenait
bureaux, on rit; un employé dit qu*il voulait jeter Tancre dans le ministère. Nous donnerons la biogrs^-^ phie de M, Capelle.
M. de Roussy, préfet des Deux -Sèvres, qui avait eu l'audace de rayer trois cent quatre^ vingt -quinze électeurs de l'opposition; acte pour lequel ce préfet fut fait maitre de» re«* quêtes. Il supprimait les pièces produites à la charge des préfets; mais toutes ces peccadilles ne sont rien en comparaison des premiers fai(s d'armes du citoyen Capelle ; et comme ils sont antérieurs à cette époque, nous les réservons pour l'article qui lui sera spécialement consacré. Tous prouvent qu'il eut à un souverain degré le courage de la honte. Cet honnête homme fit sa retraite en laissant ses inspirations. Il eut assez de crédit pour se faire remplacer par M. Balzac, préfet de la Moselle, le plus intime de ses amis. Il n'existe contre celui-^i que cette prévention , mais elle est terrible.
Février. — L'inaction prolongée du nouveau ministère faisait toujours faire des conjectures; on le regardait comme un ministère provisoire et de transition; on supposait qu'il attendait, pour prendre une couleur, la réunion des chambres; on effrayait le public de l'annonce d'un nouveau ministère, où figuraient les noms de Blacas, Polignac et VitroUe. Voici ce qu'on lit^ sur le premier, dans un journal connu par sa hardiesse ( Courrier du 7& janvier) x « Il
Il4 MOUVEAUX
K s'opère, dans Tatmosphère de la cour, une ce sortç de résurrection , c'est celle de M. le duc « de Blacas, qu'on avait tout lieu de croire (T enterré sous les honteux souvenirs d'une (c faveur usurpée , sous les preuves de la plus « complète incapacité politique, sous le poids (c de fautes sans nombre (i) , et par lesquelles K il avait compromis le trône de Louis XYIII. u M. de Blacas agit-il pour son propre compte^ ce ou pour celui d'une fraction de parti qui pré* a tend nous envahir à son tour, et nous rendre K au besoin les catégories de i8i5? est -il le ic rival ou le second de M. de Polignac? c'est Cl ce qui n'est pas éclairci , car dans la région ce où il est placé, des hommes qui paraissent « amis sont accoutumés à se supplanter sans « scrupule. Ce qui est certain , c'est qu'il redew vient un des coryphées de la cour, et l'un m des prétendants au futur ministère, »
Quelques jours après , la nouvelle de ce projet de ministère s'accrédita de nouveau, ce qui
(i) La plus capitale et la plus étonnante est cette manière suffisant^, dédaigneuse (qui constitue la sottise ) , avec laquelle il reçut l'annonce du projet de Napoléon de sortir de l'île d'Elbe pour rentrer en France, annonce qui lui fut communiquée plusieurs semaines^ fiyant Iç débarcpiement.
détermina M« l'abbé de Pradt a publier quelques observations pleines de verve , et qu^il est bon de conserver. « Les noms soupçonnés ou (c bien oubliés y dit*il^ de Blacas et de Folifc gnaCy sont de nouveau proclamés; ce sont « des chances de malheur tenues en réserve ce pour aggraver les calamités publiques. Voilà « donc la France revenue en présence de MM. de cf Blacas et de Folignaç! Quel vertige peut les w engager à sortir de leur riche retraite dont « une nation généreuse le3 a laissés jouir ^ et a les porte à fairç revivrç un passé dont l'oubli « est leur premier besoin? que veulent-ils?
(t tout-puissant3 dans les salons du palais ^ de fc quoi disposent- ils dans la nation ?«... Que M MM. de Blacas et de Folignac nous pçrm.etlent a d'adresser à leur haute intelligence les sujets « suivants de réflexions :
« i"" Les élections ont révélé à la France le i< secret de ses forces , qu'elle ne connaissait If pas,
« n^ Ce réveil a suffi pour renverser un mif< nistère qu'on croyait inébranlable.
u 5"^ L'ancien ministérialisme est fini à ja- (c mais; il y a des choses qu'on ne recommence (( pas^ et celle-là est du nombre. Désormais (( on ne se donnera plus au minislére cQmme
f< jadis on se donnait au diable , corps et âme (i); Cl le pacte est rompu.
« 4*" Les préfets et fonctionnaires ne S€;ront (c plus des instruments aussi commodes , ils ne a frauderont plus les élections ; les voilà libres If d'être honnêtes gens ; ceux que la France a T ce signalés celte année seront les derniers de « leur race ( hasardé )•
ce 5** MM. de Blacas et de Polignac sont în- « vîtes à donner une honnête récompense à il celui qui leur dira, en termes clairs et in- (€ telligiblesy ce qu'en partie^ sous leurs heu- (c reuses inspirations , on a fait depuis i8i4 : w i*" de la religion^ 2"" de la royauté , S"" de la H Chatte .y 4"" de la chambre dés pairs ^ S"" de u celle dés députés , &" de l'administration in- H térieure , y"* du système extérieur.
(i) Ici le publiciste écoute plutôt ses désirs que Texpérieuce; tant qu'il y aura de l'argent, des places pour acheter des hommes, il y aura des hommes qui se vendront. L'abbé oublie le mot de Golbert à Loui^ XIY : « Sire y quand votre majesté crée une charge de secré- « taire du roi, le bon Dieu crée un sot pour l'acheter; . « ces deux créations vont de pair. » L'abbé croit encore à la pudeur qui retiendrait les acheteurs ou les vendeurs; mais on se perfectionne , et le temps n'est pas loin où l'on adoptera publiquement la maxime^ honte porte dommage^
u li faut pourtant que des aspirants au mi* « nistère, que des hommes qui se regardent et cf qui s'offrent comme des ressources dans un «r moment de danger^ sachent cela, et puissent « dire le nom propre de chacune de ces choses, u Nous attendons là ces messieurs, »
Ces messieurs n'ont probablement pas donné \ honnête récompense , et le publiciste attendra long-temps. Four tenir un langage aussi cruel-^ lement ironique ^ il faut se sentir bien fort^ et avoir une grande confiance dans le succès. Tout en la partageant , parce que nous regardons ce succès comme immanquable , nous avouons que nous le croyons moins prochain que ne le sup<* pose M, de Pradt, et nous pensons que pour que la cause soit décidée sans retour , il faudra nécessairement un ministère Blacas et compa* gnie; jusque-^là bascule y transactions, concessions f amalgames , et rien de satisfaisant et de complet.
On assure qu'en effet ce futur ministère fut organisé , l'ordonnance dressée et signée , lorsque le dauphin en obtint la suppression de son auguste père.
Le pouvoir occulte de là congrégation ayant perdu ses principaux chefs apparents, mais non son crédit ni son influence, se faisait sentir d^ns le gouvernement, et par la cour, paraly««
^8 HOUVEAUX
8ait le ministère y dont la position est singulièrement critique. On en jugera par un mémoire laconique que nous insérerons à son lieu et place. Ce pouvoir occulte se décela dans un grand bal dionné par M. de La Bouillerie, le ^5 janvier. M. Franchet y fut environné d'eux-' tant d'hommages , de prévenances et d'obséquiosité qu'au tera'ps de sa plus grande puissance; il faut dire y cependant, qu'une grande partie de cette assemblée était formée de la cour, et que la cour aime beaucoup M* Franchet, et compte sur sa réintégration comme eUè compte sur le maintien de M. de Yaulchier dans la direction des postes, et dont la congrégation a le plus grand besoin , soit pour assurer la rapidité et l'inviolabilité de sa correspondance, soit pour pénétrer dans le secret des familles. Le conseil avait prononcé à l'unani-^ mité le changement de ce directeur , mais les intérêts du pouvoir occulte ont triomphé du conseil.
Quelques journaux signalèrent une assemblée de gens de coiw, composée de cent trente-» deux individus , dirigée à la fois par un archevêque et un capitaine des gardes , et xjui se réunissait chez M. de Blacas. L'objet de cette réunion était d'influencer de hautes déterminations. Le roi était à Compiègne;, c'est au
MÉMOIRES SECRETS. 2g
retour de ce Voyage que le dauphin fit révoquer rordonnance dont nous avons parlé , et' qui reco/n posait un ministère. Les ministres actuels éprouvaient des désagréments; on leur faisait laisser leurs pbrte^reuillès^ qu'on leur renvoyait ensuite^ L'écriture de M* de Villèie fut recon*' nue dans une note; on le savait derrière le rideau ; c'était se montrer que d'agir ainsi; un pareil état de choses ne pouvait durer.
Le ministère fit une jres^irade très-insigni-^ fiante d'unie demi-douzaine de préfets qui pàs^ sèrent d'un département à l'autre; on ne vit dans cet acte qu'un essai qui prouvait sa faiblesse et l'inertie ou l'action du pouvoir occulte, parce qu'il y avait dans le nombre des administrateurs mobilisés y trois dévoués à la congrégation qui gagnaient au changement.
Les députés des départements se rendaient à Paris, où ils étaient convoqués pour le 5 février. Ils eurent l'idée de se réunir pour connaître leurs opinions y essayer leurs forces, acquérir quelques données sur la conduite qu'ils avaient à tenir. L'exemple de pareilles réunions faites ouvertement sous les auspices du dernier ministère les autorisait.
La réunion qui fut signalée la première choisit l'hôtel Grange-Batelière ; elle s'y rassembla le 3o janvier. Elle nomma dea commissaires;' ee