POUR DIRE QUE LE COUCHANT AIME LE POÈTE
L'heure crépusculaire empourpre l'horizon, Et, sur les arbres fiers, beaux arbres d'avenue, De devant que la nuit lunaire soit venue, Met meffablement sa brève floraison.
Tout se tait. Les oiseaux songent à la chanson Qu'ils chanteront demain. La cité s'atténue. Seul, le bon roi porteur de lyre continue Son rêve que jamais ne trouble aucun frisson.
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Immortel comme un dieu, debout dans la lumière, Il accepte, serein, la lueur coutumière Dont le soleil aimé le baigne chaque soir:
Car, chaque soir ainsi, nimbé de couchant rose, — Feu magique, reflet d'un divin encensoir, — Il se dresse, sublime, en pleine apothéose (i).
i. Srul|il. David d'\ngers.