‹ Nouveaux poèmes de l'AnjouChapitre 40 sur 92 · INVOCATION A LA MUSE · texte numérisé non relu

INVOCATION A LA MUSE

Muse, pose tes doigts aux cordes de ma lyre! Insuffle à ma pensée un céleste délire,

Je veux chanter un dieu!

Je veux chanter le Maître admirable et sublime, Dont le regard tourné vers une auguste cime.

Rayonna plein de feu !

Inspire-moi des mots d'airain, des mots de marbre. Larges comme le bruit qu'en passant dans un arbre

Font les souffles du ciel !

Fais jaillir de mon sein l'unique symphonie Qu'il faut pour exalter la splendeur du génie

Au vol surnaturel !

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Que je sois un moment, par Toi, semblable au prêtre Qui chante à deux genoux, la louange de l'Être

Créateur des soleils t Que mon hymne soit saint ! qu'il ressemble aux cantiques, Aux chœurs divins scandés par les bardes antiques.

Dans les temples vermeils!

Fais qu'emporté, soudain, par ta grande aile austère, Mon verbe enthousiaste abandonne la terre

Pour monter dans l'azur!

Fais qu'il emplisse alors les plaines de l'espace! Ordonne qu il snit tel que la brise qui passe :

I neflablement pur !

Qu'il soit comme !a voix d'une bouche invisible! Qu'il descende d'en haut vers la terre paisible,

Vers les fières cités !

Qu'il se fasse écouter des Lutèces, des Rom es : Qu'il trouve le chemin qui mène au cœur des hommes

Epars de tous côtés !

Qu'il leur dise : » Hôtes vains de ces villes superbes: Vous aussi, moissonneurs, amis des blondes gerbes

Et des champs radieux :

Quand l'homme sent en lui la magique étincelle; Quand de son vaste front tout son rêve ruisselle,

11 est l'égal des dieux! »

Qu'il leur dise : « Celui qui conçoit et qui crée A droit à tout l'encens de la terre sacrée

Avide de beauté!

Tout comme elle, il tressaille et sa pensée enfante. Et son oeuvre surgit à jamais triomphante

Faite d'éternité ! »

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