LE SOIR
Le deuil mystérieux du soir voile la terre. S'étend, atténuant les formes et le bruit : Dans les arbres chenus le vent d'hiver bruit. Ajoutant sa tristesse à la campagne austère.
Tout à l'heure la voix de l'homme va se taire : Bientôt bois et sentiers se fondront dans la nuit. Soudain, à l'huis d'un chaume, une lumière luit. Et guide par les champs les pas du solitaire ...
— Comme il est consolant et comme il est humain, Cet astre qu'un fermier alluma de sa main ! Mais, comme il fait songer à des choses profondes...
On entrevoit alors le chemin du tombeau,
Et l'on marche, espérant que le Maître des mondes.
Daignera l'éclairer d'un aussi doux flambeau I. ,
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ROXDELS D'HIVER
A Mu* Elida PETIT
La route sonne sous nos pas.
La campagne est silencieuse.
Aux léards grêles, à l'yeuse, La bise livre des combats.
Veuve de parfums et d'appas, La terre semble soucieuse.
La route sonne sous nos pas.
La campagne est silencieuse.
L'horizon est voilé là-bas De grisaille mystérieuse...
Elle a fui la chanson joyeuse !
Les oiseaux bavardent tout bas, La route sonne sous nos pas...
Mais voici l'auberge accueillante.
Close aux vents qui viennent et vont.
Avec ses coins d'ombre où se fond Ton profil, hôtesse riante
Voici sa bûche flamboyante.
Ciaire au fond du foyer profond !
Mais voici l'auberge accueillante.
Close aux vents qui viennent et vont.
Elle exubère, elle est bruyante :
Ses rires formidables font, Dessous les jambons du plafond.
Contraste à la paix ambiante !
Mais voici l'auberge accueillante !
Bonne hôtesse, vite du vin, De celui qui donne des rêves.
Emporte l'âme sur des grèves Eblouissantes et sans fin.
Du pain aussi, nous avons faim.
Car nous avons marché sans trêves.
Bonne hôtesse, vite du vin.
De celui qui donne des rêves...
S'asseoir près d'un âtre angevin Quand 1 âpre hiver glace les sèves Des arbres nus comme de? glaives, Par saint Lézin! vrai, c'est divin!
Bonne hôtesse, vite du vin !
Maintenant reprenons la rouie Pleine de calme et de beauté.
Et de givre diamanté, Et que la lune éclaire toute.
Ames humaines en déroute, Enivrons-nous de liberté, Et jouissons de cette route Pleine de calme et de beauté.
Soyons jeunes, chassons le doute.
Grisons-nous de sérénité.
Car la tyrannique cité
Avec ses bruits que l'on redoute.
Hélas ! est au bout de la route...