UNI FUMÉE D'USINE UN JOUR D HIVER
A Daniel LA MOTTE
Le ciel est gris, la terre est grise, tout est gris...
L'azur a aéserté l'inaccessible Voûte...
L'azur! l'âme gémit de n'en plus voir la route. Et son rêve ressemble aux rêves des proscrits...
Le ciel est gris, la terre est grise, tout est gris...
Et les chemins sont gras de feuillages pourris... Et la ville, aux douleurs, aux deuils accoutumée, Étend sur sa tristesse un crêpe de fumée--.
Le ciel est gris, la terre est grise, tout est gris. ..
Et partout, de partout, dans le brouillard opaque Qui, s'imprégnant au sol élargit chaque flaque. Montent des bruits confus, des sanglots ut des cris..
Le ciel est gris, la terre est grise, tout est gris...
Et du milieu des toits, des clochers assombris, Et comme si cela sortait de quelque gouffre, S'élève la rumeur de la plèbe qui soulïYe...
Le ciel est gris, la terre est grise, tout est gris ..
Et l'on marche hanté par ces plaintes lointaines. Frissonnant et songeant aux misères humaines. Aux vaincus d'ici-bas, aux pauvres cœurs meurtris,
Car la terre et le ciel sont gris, car tout est gris...