LE RETOUR
Le jour tomba, le jour dent les derniers feux vagues,
Pâles rayons pressés de mourir, éclairaient
A peine les guérets et les bois, effleuraient
Le fleuve qui coulait sans murmure et sans vagues.
Et dans le soir je dus reprendre le chemin Où |e m'étais, joyeux, tout imprégné d'aurore, Où lentement, de tous côtés, venaient d'éclore Les nuances qui font songer au lendemain.
Des nuages teintés du deuil de l'améthyste, Légèrement frangés d'un mince filet d'or, Dans le regret du jour qui s'exilait encor, S'éployaient sur le ciel comme un grand sente triste
Mais les cœurs, eux aussi, soudain se sentent las Devant l'invasion du crépuscule austère, Et tel qui se croit fort, se voyant solitaire. Trouble la paix du soir d'un inquiet : hélas !
Oh ! le couchant versant sa langueur infinie Sur l'étendue obscure et sereine des champs Que le grillon remplit de mystérieux chants Augmentant ta tristesse, ô nocturne harmonie !
Pourtant rassérénant la chaude nuit d'été, La lune auréola de sa lumière pure Le fleuve qui coulait sans vagues, sans murmure, Les chaumes paysans, toute l'immensité.
L'n brouillard bleu parut, léger, sur chaque prée Que limitait la ligne ombreuse des halliers, Mit sa fraîcheur au front hautain des peupliers, Et le brouillard flottait sous la lueur dorée.
Puis, sans abandonner lemeraude des prés, La mystique clarté colporta sa magie Au cœur d'une futaie, à cette heure, assagie, Et les arbres dormaient pleins de rayons sacrés.
Au détour d'un sentier, des enfants de Bohème, Jouaient, riaient, tout près de leur abri roulant, Comprenant la bonté du bel astre indolent Qui mettait dans leurs yeux son lumineux poème.
Car la lune toujours aima les vagabonds,
Se plut à caresser leur rêve et leur peau brune;
Et ceux-ci, de tout temps, invoquèrent la lune,
Dont le regard approuve et leurs jeux et leurs bonds.
Elle connaît leurs cœurs, elle sait leurs misères, Et, quand elle sourit, claire au milieu des nuits, C'est afin de calmer leurs éternels ennuis, En les enveloppant de ses rayons sincères
Et mon âme. elle aussi, par delà les sommets, Chevauchait, chevauchait, vagabonde du rêve. Recherchant la Chimère et la fuyante grève Qu'elle savait hélas! ne rencontrer jamais!
Et sans trêve, elle allait, loin du sol où nous sommes. En des lieux réjouis par des lunes de miel. Vers le but mensonger, splendide comme un ciel, Où s'en ira toujours l'âme folle des hommes !
La peifection ne consiste pas à n'avoir point d'amitié, mais à n'en avoir point que de bonne, de saincte et sacrée.
Sairit François de Sales.
Il y a un goût dans la pure amitié où ne peuvent attticdre ceux qui sont nés médiocres.
La Bruyère.
Toute humaine douceur forte un poison en elle, 0 sœur, cherchons plus haut !
Abbé Louis Le Cardo.nnel.