‹ Nouveaux poèmes de l'AnjouChapitre 88 sur 92 · LE VILLAGE · texte numérisé non relu

LE VILLAGE

Enfin Juigné-sur-Loire, avec son mail dormant, Son église plongée en une douce extase, Son voile de silence épars comme une gaze Apparut, m'apportant un autre enchantement.

J'y fus. Il me conta des choses ravissantes, Car toujours les hameaux s'entendirent avec Ceux qui passent porteurs d'un luth ou d'un rebec, Et chantent au hasard des routes et des sentes.

Il me dit son passé riant et. tour à tour Jean de Châteaubriant et Jehanne Lesveillée Qui, loin de son manoir allait sous la feuillée Faire dévotement de beaux rêves d'amour.

AU HASARD DE LA kOL'TE

Il me fit miroiter ses légendaires fêtes. Quand l'épousée offrait au seigneur sa chanson Avec un «'ai chapel de fleurs de la saison. Femme et ballade étant tontes les deux bien faites.

Et puis, il me montra le profil simple et pur D'une enfant qui songeait aux marches d'une auberge M éblouit par l'éclat de ses grands yeux de vierge Dont !e saphir avait la candeur de l'azur.

Alors, j'eus devant moi, réalité vivante. Dans le rayonnement de sa sublimité, Le svmbole incarné de la Toute-Beauté,

A jamais glorieuse, à jamais triomphante.

Et j'admirai longtemps ces lignes, ces contours. Ces veux qui projetaient une attirante flamme, En un mot la beauté divine de la femme. Vers laquelle toujours iront les troubadours.

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