XIV PREFACE
d'étoile à l'humanité, la littérature ne sortira pas d'un naturalisme limité, le drame des vérités de surface, la musique des tâtonnements. Car la matière ne se transforme que sous le feu de l'âme, et l'âme ne s'éveille qu'au souffle de l'esprit. Or l'esprit vient d'en haut. Mais cette question est trop vaste pour que je songe même à l'effleurer ici.
Je me contenterai de donner en finissant un conseil aux très jeunes musiciens qui par hasard liront ces pages. D'abord l'étude des chansons populaires que l'abondante littérature du Folklore met aujourd'hui à leur portée ne leur serait-elle pas profitable ? Préparée par les beaux travaux de savants tels que M. Gaston Paris, elle a débuté par la résurrection d'une fée nationale : Mélusine, due à l'initiative courageuse d'un érudit plein de goût et d'esprit, M. Henry Gaidoz (1). Depuis, MM. Bourgaud-Ducoudray, Tiersot et Quellien ont donné au Cercle Saint-Simon et ailleurs d'intéressantes séances de chansons populaires de toutes les provinces de France et de presque tous les pays d'Europe. Ils ont dit et ils rediront, mieux que je ne saurais le faire, tout le parti qu'on en peut tirer au point de vue musical. Je n'en veux qu'un exemple : cette perle d'opéra qui se nomme Carmen. Il est vrai que Bizet avait une étincelle de génie et qu'il eût la chance de tomber sur un livret taillé ma-
(1) L'intéressante Revue mensuelle de Mélusine, fondée par MM. Gaidoz et Rolland, continue à paraître sous la direction de M. Gaidoz. Celle des Traditions populaires de M. Sébillot et la Tradition de MM. Blémont, Vicaire, etc., l'ont suivie et ont emboîté son pas.