M/LÎTRESSE GIRAUD, MERE MÉDARD
MAÎTRESSE GIRAUD
Tenez, mère Médard, ne me parlez pas pour lui, c'est inutile; une fermière nfe peut pas garder chez elle un garçon qui se conduit de cette manière-là. Je lui ai donné son compte; il s'en ira, et je n*y penserai plus.
MÈRE MiDÀRD.
Vous n'y penserez plus ! ah 1 comme je crois ça !
MAÎTRESSE GIRAUD
Vous trouvez donc que je dois lui passer toutes ses sottises.
MÈRE MÉDARD
Je ne trouve rien, moi, maîtresse Giraud, prenez bien garde que je ne trouve rien ; mais je dis que vous y penserez plus que vous ne voudrez.
MAÎTRESSE GIRAUD
Un garçon de ferme qui , dans cette saison-ci , devrait toujours être sur pieds dès quatre heures dû matin , et qu'on est souvent obligé de faire réveiller à six heures.
2i8 LUiSOUCIAÎîT.
MÈRE ICÉDARD.
Cesi un paresseux; il a tort, mais c'est égal.
MAÎTRESSE GIRAUD
Qui ne se plaît qu'au cabaret.
MÈRE MÉDARD
Que voulezrvous?
MAÎTRESSE GIRAUD
Et je ne sais oit, encore.
MÈRE MÉDARD
CTest possible.
MAÎTRESSE GIRAOD.
L'argent de cet héritage qu'il m'avait donné à garder, ah ! bien oui, il m'en reste grand' chose.
MÈ&E MEDARD.
Tant pis pour lui.
MAÎTRESSE GIRAUD
Si c'était pour s'acheter du linge, des effets...
MÈRE MEDARD.
Il n est peut-être pas glorieux.
MAÎTRESSE GIRAUD
Lui ! c'est ce qui vous trompe. Allez , allez , il sait bien qu'il est beau garçon. Le dimanche, quand il est requinqué, si vous le voyiez se regarder dans mon miroir; il n'en finit pas.
MÈRE' MÉDARD
Tout ça ne s'appelle pas des crimes.