‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 199 sur 248 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

un cruel homme avec vos tâtonnemens. Y a encore un an que Thérèse et Gervais ne se connaissaient seulement pas.

THOMAS

C'est que je vois d'ici que votre fille fera positivement une fem^e comniie il me la faut.,

GEEVAIS, àp^.

Voyez-vous le traître? Courons avertir madame Mat^hurine; il n'y a qu'elle qui puisse nous sauver.

(Il sort.) THOMAS.

Thérèse est mon affaire.

MATHURIN

Parce qu'elle ne sera pas pour vous. Si je vous l'avions offerte, vous n'en auriais peut-être pas voulu.

THOMAS

Elle est si bien élevée.

MÀTHURIJV.

Elle Tétait tout aussi ben, y a un an.

THOMAS

Si polie, si avenante. O mon Dieu , que madame Mathurine me fait de tort f D'abord je le dis ouvertement , si je n'épouse pas votre fille je n'en épouserai jamais d'autre.

MATHURIN, riant.

Vous épouserez une veuve.

346 LA MÉCHANTE lANGUE.

THOMAS

Je ne crois pas ça.

MATHURIIf.

Et pourquoi pas ?

THOMAS

Parce que je ne voudrais pas qu'elle me fît enrager avec son défunt , comme c'est l'usage; qu'elle me répétît toute la journée que c'était un homme charmant , qui lui faisait sans cesse des cadeaux , qui lui obéissait d'un clin d'œil ; qui la laissait mai* tresse de tout, quand , le plus souvent , c'était tout le contraire. Mais c'est égal ; le mort sert à tourmenter le vivant y et, pour une femme, c'est toujours ça.

MATHURIN

Vous en savez trop long, voisin; vous^ resterez garçon.

THOMAS

C'est vot' fille, c'est Thérèse qu'il me fallait.

MATHURIir.

Je n'en sais trop rien. Elle aurait ben pu vous parler de G^rvais comme les veuves parlent de leur défunt.

Page 1