LE FOND
THOMAS
Êtes-vous au moins sûr qu'eHe l'aime autant qUe vous le dites?
MATHURm,'
Dame ! écoutez^ donc, quant à ce qui est de moi^ je ne m'y entepds guères; en général, cet: sont les femmes tjui se connaissent à tobt fl^^t Mathurine m'a assur'ë plus de cent fois que Thérèse et Gervais avaient un amour tarrible l'un pour l'autre.
M ATHURINE, s'avançant.
Et je suis prête à le répéter. Ces pauvres enfans! ça fait pitié rien que de les voir. Si j'étais la maîtresse y je ne barguignerais pas long-temps. Gervais n'a pas de bien; queuque ça fait? il en gagnera. Est-ce que'j'étionst plus avancés que lui quand j'avons pris jc^le farme ? Avec de l'économie et du travail , on vient à ' bout de tout.
(Elle fait la révérence à Thomas.) Vot' servante ^ monsieur
Thomas. Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis?
MATHORIN, à part.
V'ià une question ben tombée.
MATHCRINE.
Not' Thérèse n'est pas vaniteuse: La c^re fille! qu'elle, soit contente. du côté du cœur, elle n'en demandera pas davantage. Faut la connaître comme je la connais ; faut voir dans son pauvre petit cœur comme j'y vois. Elle n'a rien de caché pour sa mère ; elle me conte tous ses chagrins^ et je pleure queuquefois tout autant qu'elle. Je me rappelle si berf ce qu'on souffre à c't âge-là. Tu ne te le rappelles plus, toi^ Mathurîn; les hommes, ça n'a^B de mémoire. Et vous , voisin Thomas , avez-vous jamais su ce que c'était que l'amour?
MATHURIW.
Allons 9 voisin, répondez.
Je suppose qu'on donne un mari riche à not' enfant; car c'est toujours c'te richesse que vous recherchez , vous autres ; à coup sûr , ce sera un vieux, un homme qui serait son père; quand on est jeune, on n'est pas encore riche; ou ben ce sera un jeune homme, si on veut, dont les parens seront arrondis. Qu'est-ce qu'il arrivera? que les parens de ce jeune homme voudront peut-être que not' Thérèse aille habiter cIkîux eux ; un vieux non