SCENE Vn. 36î
MATHURINE
Tu n'iras pas tout seul. N'y a pas de sûreté à cause du bois.
THOMAS
Pourquoi voulez-vous qu'il ait peur du bois?
MATHURIIfE.
C'est vrai qu'i ne faut pas aller si loin pour trouver de mauvais garnemens.
THOMAS
Queu qu'elle entend par là?
MATHUEINE, d'un ton patelin.
Vous raccorapagnerez , voisin Thomas , vous qui êtes un si bon ami.
THOMAS> à part.
On dirait qu'elle se doute.
MATHURINE
Je vas toujours te chercher ta blouse pour te tenir chaud en route.
MATHURIN
Je n'ai besoin de rîen.
MATHURINE
Alors, mon petit homme, pars pu tôt que pu . tard pour êfre arrivé avant la nuit.
THOMAS, bas à Mathurin.
Elle voudrait déjà vous voir ben loin.
MATHURINE
Mathurin , j'ai là un chiffon de lettre pour ma-
dame Langlois de la poste; veux-tu t'en charger? Je ne devais l'envoyer que demain ; mais puisque voilà une occasion ^ elle l'aura plus vite. Prends ben garde de la perdre, au moins.
THOMAS
Donnez, voisine. ( Bas à Matharin. ) Prenez toujours. Nous trouverons ben moyen de l'envoyer. ( Haut.) Allons; venez- vous-en. Adieu, madame Mathurine.
( Il entraîne Mathurin qui s'échappe pour parler isa femme.) BfATHURIN, bas à Blathurine.
Écoute, Mathurine; retiens ben ce que je vas te dire ; tout le temps que je serai dehors , ne quitte pas not' fille Thérèse.
MATHURIIŒ.
N'aie pas peur, va; je saurai ben l'empêcher de parler à Gervais.
MATHURIN , i part.
Gervais ! et toujours Gervais. ( il va pour s*en aller et revient.) Embrasse-moi , nia femme. N'est-ce pas que tu m'aimes ? T'aurais tort de me faire du chagrin. Adieu. Embrasse-moi encore. (A part en s'en allant. ) C'est mauvais ce que je fais. N'y a plus à s'en dédire.
( Il sort avec Thomas. )