‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 29 sur 248 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

tu ne tournes mal , et je ne sais pas la seule qui ait cette cramte-là. Tes supiérieurs aussi sont fort en «(^re, et l'on trouvé que je suis trop ihduVgenle. J'ai grand plaisir à té yoir; mais je sais me faire une raison. Tu as d^ goûts trop dissipes : je ne crois pas qi^e tu aies envie de faire le lii)uertîn;/poùrtant tes courses continuelles le donneraient à penser. Pourquoi soupires-tu ?

RA.YMOirD.

C'est que je voudrais vous parier.

UiLD^We HUBERT.

T'auraît-on fait encore xjuçlqne injustice?

Non, Madame; mais vous vous rappelez sans doute que quand vous me fîtes entrer au séminaire , pour adoucir le regret que j'avais de vous quitter, vous eûtes la Isoàtë de m'assurer qiie cela ne m'engagerait à rien.

MADAME HÉBERT

. Ëh bien ! est-ce que tu voudi^ais jeter le froc aux orties? Ce n'est pourtant pas un ëtat fatigant. Quand M. S*-Utsunt apprendra cela! Consulte-toi bien, mon enfant.

RATMONO.

Soyez .persuadée, Ma<|ame, que si je m'étais senti capable.....

* viii. 4

5o . LE SÉMINARISTE.

MADAME HÉPEBT.

Moi qui croyais que ton parti ëlait pris ! On parlait y en plaisantant , de te voir un jour curé de ce village; je ne te cache pas que cette idée me flattait.

BATMOND.

Je sens en moi quelque chose iqui s'y oppose.

MADAME HÉBËHxi

Tu sens en toi quelque chose qui s'y oppose ! (Elle sourit.) Pauvre en£mt! Si ce n'était pas si embarrassant de faire un sort à>un jeune homme , je concevi*aiscela; mais que va dire M^ S^-Utsunt? Après tout, si c'est plus fort que toi, que veux-tu qqe j'y fasse. Tu as, bien combattu ?

RAYMOND

Pavais si peur de vous déplaire.

MADAME H1ÊBERT.

Quels sont tes projets?

RAYMOND

Je n'en ai pas.

MADAME HÉBERT

C'est singulier. Un grand garçon comme toi ne peut pas s'imaginer qu'il passera sa vie à rien faire.

RAYMOND

Si je ne puis pas prendre d'autre parti , je serai soldat. C'est ainsi que mon père a commencé.

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