LE COMMANDEUR , LA MARQUISE
UN DQMESTIQUBtaoïtçn^aQl.
Madame la marquise de Saint-AndioL
LA MAJIQUISE.
Ah! bonjour, monsieur le commandeur. Ma^ dame votre nièce n'est pas ici ?
LE COMMANDEUR
Elle va venir à l'instant.
LA MARQUISE
Vous m'aviez parlé d'un jardin; est-ce que c'est cet acacia qui^ est au fond de U cour derrière ta grille?
8GEWE II. II
Li COMlfÀlfDBUR.
Mais U y a autre^^chosç qn'mi acaicia ; U y a un p€U de gazoa , deu^ ou Iroîa lik» v ^^ des fleurs qua»d oa en fait Jtteltre.
* JUL' MARQUISE
Ce que c'esl que rîmaginatian! Je m'étais figure qu'ii y aurait de l'air. Le re^:e me parait assez bien ; reacalier est. noble; leàalon>qtte je viens.de traverser a de i'^yvatiott. Ceci est le cabinet de la vicomteisae? ,
LB COMMAirOËVR.
C'est l'endroit oii elle se tieot d'habitude.
XA MARQUISE
Nous allons donc nous reparler aujourd'hui pour la première fois depuis trente ans. Nous avons été très-liées ensemble. Ce sont des fleurs qui nous ont broôiliées. C'est une singulière origine pour une querelle de femmes. Vous a-t-elle parlé de cela?
LK COMMANDEUR
Elle ne m'a pas parlé de {leur^s.
LA MARQUISE
J'avais emmené à Hambourg une femme de chambre assez adroite, qui me demanda la permission de faire des modes dans ses momens perdus. Pour varier un peu, elle imagina d'y mettre
des fleurs; c'est dereon commuD; mais alors c'était une ch<i8e toute jH>aTBlle« Tén pftriai à la irî«omtcase comma on parle dé tout ^ et je; ne fuà^ pas peu étonnée quand elle me dit «fU^elèe se chargerait 4^ m'en faire. Elle aTait prîsqudques leçons dans àon ^ta&Doé^ et elle in'envpjra d'asaes joits çeillèts. G^la fit foreur. Malbeureusentent éHe ne savait bien faire que les tieiUetls efquriqoes fleurs de fan* tâisîe; mais qui n'avaieot aucun milite pom* des Allemandes qui veulent toujours metti^ un nom à tout. Cette petite branche d'industrie venant à lui manquer, elle s'en p^it à moi , et fut fort injuste même.... Mais il y a si loiig-temps de cela.... et je suis si oublieuse ! Nous aui^ns^ grand plaisir à nèns revoir. ' :
SCËNE UI
LA MARQUISE , LE COMMANDEUR , LA VICOMlïSSE.
LA MARQUISE, IflàHt sU^ftvaàt «k la vicointess!\
Eh ! la voilà donc enfin cette chère vicomtesse. Ëlte n^a pas vieilli d'une minute.
LA VICOMTBSSE.
Ahîahl
LA MARQUISE
Non, en vérité. £t moi> cemment me trouvezvous?
LA VICOMTESSE
Tenez, niarquise, il faut être <le bonne foi; on ne peut pas être et avoir- été.
/ LA MARQUISE
C'est que je ne me soucie pas du tout d'avoir été.
, . LA VICOMTESSE
Ni moi non plus mais.....
LA MARQUISE
Je crois que vous m'en voulez encore.
LA VICOMTESSE, ai ri^t.
Ce que j'aime en elle , c'est que son caractère est toujours le même , franc et v^f. Vous voulez donc acheter mon hptel ?
LA MARQUISE
Ce n'est pas pour moi , c'est pour ma petite-fille qui va se marier.
LE COMMANDEUR
Mesdames, vous avez beaucoup de choses à vous dire ; je vous demanderai la permission d'aller faire une courte visité à un pauvre abb^ qui meurt de chagrin de ce qu'on ne fait rien pour l'Église.
LA VICOMTESSE
C'est un abbé bien exigeant.
( Le Commandeur sort.)
i4 LA RANCUNE.