‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 53 sur 248 · SCÈNE XXI. Si · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI. Si

que je ne la donnais; si vous.^tiez à ma place^ conservericz-vous quelque espoir ?

J^I^DÀME LAROCHE, '

Comment vouiez-vous que je réponde à cela ^ innocent que vous êtes? Il ferait même question de moi, qâeje«e saurais que vous dire; Une femme qui ne p^nse à rien , et qui se trouve tout à coup pour adve^àire uu jeune homme possédé d'une vocation de mariage à &ire trembler, c^est trè»-étourdissant.

!^Iais ce jmme hoi^smè n'est pas un étranger pour elte; die le connaît; elle :sait combien il a de paisqns.pour Ja ^chérir, pour Tadorer. lyaîlleurè, madame Hébert n'esl-éll^ pas chairmante ? Si Julien a'àrvaik pas un autre ^mour dans le <;œur, je suis sûr qu'il Faitt^^^t cottiilié je Taime; et Julien n'est paab«»atioup plus âgé qi^ mèi.

MADAME EAHOCHE.

Pourtant sans te malentendu, ou elle croyait que vous lui parUe:S de Louise, etèù votis avez cru qu'eHe vous parlait d'elle-même, votre tête n'aurait pas fait toiM: le (diemiti qu'elle a fkit.

- - ^ RATlIfOWD.

il est bien sûr que c'est elle que j'airhe. Danà tous les romans que je lis (car on a beau faire j

84 LE S^INARISTE.

nous lisons des rouans )^ PP^r peu que rhëroïne soit douce y bonne, tendre, sensible, c'e^t toujours sous les traits de madmn^ Hébert que je me la représente. Il n'y a pas un d^e mes camarades ^aU^éminaire, auquel je n'eq aie parlé conune je Vous en parle ; tous voudraient ja connaître.

' ' : JULIEN. ' ' '

. Voilà. une singulière envie pour des sémina-*

ristes. . , ,

RAtMQNp.

Des séminaristes. sont des jeun^es gens comme d'autres. Nç vas-tu pas t'ima'giner qu'ils, sont pétris d'un levain particulier? Il n'y en a pas un>qui ne ^ soit à se raisonner, depuis le matin jusqu'au soir, pour persévérer dans l'état qu'on Inî afiiit prendre V Ainsi ^' à tes. yeux ^ je serais lé seul qui aurais les idées que j'ai. Mad^une Laroche, c'est encore une cbose sur laquelle il faut-appuyez^ auprès de madame Hébert. M. S*-tJtsunt n'aura pas manqué de me peindre comme un hbmn^ à part; i^ n'en est p^s moins vrai cependant; que tous ceux de mes camarades qui ne soât p^s des brutes, ou des ambitieux à qui .on a persuadé qu'ils ont une crosse d'évêque dans lelir bréviaire, comme on disait aux soldats qu'ils avaient un bâton de. maréchal de France dans leur giberne , préféreraient

SOÈNE XXL 85

unie position franche à eeWe où on cherche à les mettre.

MADAME I.AROCHE

Je n'ai pas absolument besoin de savoir cela.

RAYMOND

Puisque vous ne voulez pas que je m'explique avec madame Hébert, il faut bien que je vous mette en gai'de contre lès calomnies que je redoute. Tout ce que je vous dis dans ce moment-ci , c'est comme une confession ; je né iè répéterais à personne, mais à vous, à Julien...:. Quand il y va de rôpinion que madame tiébert peut se formel? de moi , ne dois-je pas prévpir toutes les fausses impretoions, qu'on' animait pu lui* donner ?

MADAME LAttOGHE.

Vous q»i parlez si peu ordinairement, je ne vous recbnïiâis pas. Et toujours madame Hébert! Usemblerait que quand j'aurai répété à madame Hébert tout ce- qiie vous venez de me dire, elle n'aura plus qu'à vous épouser. Rien ne va aussi vite que cela, mon enfant.

JULIEIf y cherchant à entfalaer Raymond.

Viens. Laissons faire madame Laroche. '

RATMOirD.

C'est que madanîe Laroche rie m'a pas dit pourquoi je ne pouvais pas rester.

MADA^ME LAHOGHE.

Parce ^ue vous diriez quelque folie, et que si madame Hébert cousentait à se remarier, ce ne serait assurément p^s^avec un fou.

RAYMOND

Je vou^ obéis. Aussi bien je sens que je suis trop ému, â^que, comme vous le dijtes, mndame Hébert s'y méprendrait peut-être. Maïs, de grâce, n'oubliez rien, Mad^^n^e^. Que m^idame Hébert ne voie plus en moi un en£E|nt dont elle a prift soin , mais un homme dont fe^cpériençe a été avancée par la réflexion , un. homme que ses supérieurs estimaient assez pour lui faire £siire encore icî^ tout à l'heure j p^r Tentreroise de. M. S-Utsunt luimême, les offres le$ plus avantageuses. Elle peut^ le lui demân^er^* à ipoins qu'il n'ait abjuré tout sentiment d'hoi)nèur,,il s^ra forcé d'en convenir. Qb ne ç)^ reproche que d'avoir trop dé chaleur d^apie, des i^ées ti*pp arrêtées, de n'être pas assez flexible à dés cp^ibinaisons qui me paraissent funestes. Sont^ce là des r^roches que Ton ferait à un enfant? U y a des maris à barbe ^ise qui ne seraient pas si sûrs que moi. (i\ s'ante êi 00 pe»it~pas s'empêcher de rire. ) Qu'il fant être eusorcelé comme je le suis pour oser parler de soir avec autant d'assurance ! Mais j'ai vingt et un ans, il faut bien

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qmr je pDouvô que je vâUK mieitK qti^ cela. Je^vais' d;>ez vousy MadMi0;7son^|^ atéc quelle, àtitiélé je i^oufr y attçndyàt, : ■ -^ ' ' ' ^

.. ■ ' ' ■ mi^ici^' ■ "v, ■ . . ' '•' ^ ' ■ ' A»-tufuit9 .'■"•' ;.''■'! ''-r

Ce n'eàtjii comme philosophe ^ ni e^mtrié esprit fort, qft je quitte le 8^ii)airè f iKiHis il trie' refait impossible de faire dés vOeUx av&^ la< éeititude«le' ne pas pouvoir les accomplir. :■ . '•

( Il primd lelbias de JàHeo et sort avec lui. )

S€ÈNE XXH.

MADAME LAROCaiÊ; ensuite MAibAMte HÉBERT.

MADAME LAROCHE

En conscience y je trouve que ce; garçon -là a tout ce qu'il faut pour Taire un )bon mari. Mai^, mon Dieu ! que le «eïitiittetit est bavardi Je ne plaindrais pas beaucoup madame Hëbèrt; elle ne tient à personne; éa, nièce mariée peut s.'en aller bien loin: àqui-s'intâyeâsprà-trellei^ MadatUe tiëbert a besoin jd'âimev. £H^ ne s'en apércétait pas , ptréequ'èHe' aidait <ce$ ée^%:^ eflfehfrj ^ttlâdà^ ieule, que deviendra-t-^lle? J^ayttiôil^ ld'dotidiiit*â*beau-

$$ hZ SÉMINARISTE.

coup mieux. que œ niécbant apôtre donlâUe fieU r^it par être la yîctiine. Il y a <ki oQçur dana ce jeune homme-là, du moios. Pauvre petit diable! Je l'ai vu assez attentif auprès de Naqette, il y a quelque temps. Il a fait, ce matin, unedéckra-^ tion d'amour à Louise; il est persuade ^)résent qu'i^ «!a jaJÈaaâs aime que madame Hébe.i^t,,'et tout

Cfil^ 4^'tfîè$-boiine foi. (Madame Hébert entre (fta air ion

qjfêfii, m i«eiNttoqt de tous càtéi; ) Vous cherChez quel •

qu'un ?

nàj>jLMB

HÉBBRT.

Elt-ce qu'il

n'est pas ici ?

MAi>4M£

LAJIOGHE.

Qui? .

. ^^DàUE

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