SCÈNE VI. i
gnezrles d'une manière convenable. Ménagez leurs faiblesses^ adoucissez leurs ridicules; et si vous voulez que nous applaudissions vos personnages , donnez-leur de l'esprit, de la délicatesse, du désintér^sement ; qu'aved cela , vos acteurs aient bonne mine; qu'ils mettent de la grâce et de la finesse dans leur jeu, nous dirons^ Nous voilà.
MADAME DE LOBMOIT.
Mais des caricatures comme celles qu'on se permet ! Le Théâtre-Français devrait rougir.
MADAME OB' MÉRIGNY.
Blâmez plutôt le public. Le 'Théâtre-Français est bien obligé de le servir à' soti goût.
M. LIÉVE3îr. .
Pourquoi ne donne-t-6n plus la G>mtesse d'Escarbagnas? C'est une comtesse,; et une comtesse du temps de la dignité du Théâtre-Français, Le Roi de Cocagne ne dérogei'ait pas non plus , je crois.
M. DE LORMON»
Monsieur, Monsieur, vous voulez nous dérouter; mais je, trancherai la question , et je dirai que, dan^ des temps comfne ceux-ci, iî est très-malheureux qu'il y ait des théâtres. Si j'étais leiiFiaître,je défendrais au moins qu'on y représentât des pièces nouvelles. Peut-être de loin à loin daign^rais-je
i4o LA PREMIERE REPRESENTATION, oetroyer la permis&ioa de jouer quelques tragétlies; mais ce serait à ccmdition qu'elles seraient taillëes sur de bons patrobs j qu'elles ne remueraient aucune idée y qu'elles ne réveilleraient aucun souvenir. Ah î que je voudrais être gouremeihent!
C'est la seule ambition de M. de Lormon.
M. 0E LORMOK.
Rien que pour châtier le prenûer auteur qui s'aviserait de traiter pour le théâtre des sujets tires de l'histoire de France .
ItfADAME Dl LORAfOir.
Il est certain qu'on ne respecte pas assez notre histoire.
MADAMK DE SfJÉRI&lfY.
Que j'ëtais Simple alors! je trouvais agréable de l'apprendre comme cela^ moi.
MADAME HERFORTJ
Moi aussi.
' S*-PAUL
Il y à trop peu de choses dans les historiens. C'est toujours un roi qui succède à un roi , et puis un autre y et puis un autre ^ et toujours , toujours, toujours; c'est sans iqtérêt. Au lieu que de voir passer sous ses yeux les mœurs, les costumes, les