LES PRECEDEES, M. DE MÉRIGNY
M. DÉ MÉRIGNY* ,
Vous n'êtes donc pa« restés pour la petite pièce, vous autres?
i42 LA PREMIÈRE REPRÉSENTATION.
MADAME DE LORMON.
Madame de Mérigny nous ayant invités, à souper, nousaurions eu peur.de la faire attendre.
s*- PAUL.
A une première représentation ^ d'ailleurs , on ne reste jamais pour la petite pièce.
M. DE MÉRIGNY.
Moi, je veux toujours en avoir pour mon argent. ,
MADAME DE MÉRIGNY.
Est-ce que vous étiez^ aux Français, Monsieur ?
M. DE MÉRIGNY.
Cela vous étonne. Oui j'y étais. Je ne vous en avais pas parlé , parce qu'il aurait fallu faire cette partie avec vous; voyez comme cela m'aurait réussi, vous n'avez pas pn y aller. Je m'étais assiiré d'une placé a l'orchestre pour être bien tranquille, sans distraction, n'entendre que ce qui se dirait sur le théâtre , et n'avoir pas sans cesse devant les yeux un rideau mouvant 'de plumes et de chapeaux de, femmes, qui mlmAtent à la torture.
M. DE LORMON.
De sorte , mon cousin , que vous avez eu une jouissance complète ?
M. DE MÉKIÇNY. •
A notre âge, mon cousin, on n'a plus guère
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de jouissances complètes ; mais je me suis amusé.
^ M. DE LORMON.
Je vous en fais mon compliment.
M. DE MÉRIGNY.
Je me laisse assez séduire par le succès. Nous au* rions couru voir cela aux boulevards; on le rapprojche de nous en le mettant dans la rue de Richelieu , de quoi peut-on se plaindre?
M. DE LORMON.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'aujourd'hui , en littérature y on reconnaît deux écoles ?
M. DE MERIGNT.
Moi, je n'en connais qu'une , Técole amusante. Je ne vous dis' pas que cette pièce traversera les siècles; mais comme j'aime assez à m'amuser de mon vivant, je vqudrais que, sans tirer à conséquence, on en mît dé temps en temps de semblables dans la circulation.