‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 90 sur 248 · SCENE VIII. • i · texte numérisé non relu

SCENE VIII. • i

M. DE THÉMINES

Vous n'en avez connaissance ni les uns ni les autres ? Oh ! bien , asseyez^vous , asseyez-vous. Personne ne peut vous raconter cela comme moi ; je

n'en ai rien perdu. (Tout le monde s'assied.) MADAME HERFO-RT.

Je ne sais pas comment fait M. de ïhémines , • mais il est toujours partout ou il se passe quelque chose.

M. DE THÉMINES

J'ai du bonheur. Imaginez- vous que j'étais dans le corridor des secondes , ou des troisièmes; car je crois bien.... enfin, c'est égal ; j'ëtais dans un corridor. Une loge s'ouvre, une dame en sort , jette un petit cri à propos de je ne sais quoi. Une femme qui trouve L'occasion de jeter un petit cri ne la laisse guère échapper, comme vous savez.

MADAME p?: MÉRIGNY.

Pas de réflexions.

,M. DE MÉRIGNY.

Si fait, si fait, Thémines, ne vous gênez pas.

, M. DE THÉMINES

Un monsieur qui marchait devant moi s'empresse d'offrir la main à cette dame , croyant apparemment qu'elle s'était blessée, ou pour lavoir de plus près , ou, ce qui est encore probable, pour essayer si.... dans le fait, je ne sais pas. Au même

i48 LA PREMIERE REPRESENTATION.

moment ^ un monsieur qui était dans la loge d'où sortait cette dame, et qui ^ vraisemblablement , était Ou un frère , ou Un mari , ou quelque chose d'approchant, adresse à l'autre monsieur quelques mots que je n'ai pas entendus ^ mais qui avaient l'air de signifier : a Monsieur^ de quoi vous niêlezvous ? » L'autre répond à peu près ce qu'il devait répondre , je crois j sur quoi l'autre ^ qui parais* sait un homme sanguin , prend tout à coup la mouche. L'autre, au lieu de s'émouvoir, regarde l'autre avec un grand sang-froid ^ ce qui ne fait qu'animer l'autre davantage ; parce que , il faut tout dire , l'autre avait dans la physionomie quelque chose d'un tant soit peu goguenard. Plus l'autre élevait la voix, plus l'autre mettait de modération dans ses paroles; mais de cette modération, vous savez? La pauvre dame ne Savait que devenir. Elle avait beau prier l'autre de se calmer, il n'en faisait rien ; l'autre, de son côté, ne voulait pas s'éloigner, de peur d'avoir l'air <lc fuir devant l'autre. Cela se c<Mfiprend.

MADAME DE M^RIGNY, rtaot de toutes ses forces.

/ Eh bien ! est-ce l'autre qui a cédé ?

M. DE THBMINES.

Il se serait plutôt fait hacher sur la place.

M. LIÉVEK , riant aussi. >

C'est donc l'autre ?

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