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malfaisants.Elles ont peur de les offenser et souvent leur offrent des sacrifices. Elles ont peur de l'âme des morts peur surtout des sorciers.
Parmi elles subsiste un usage semblable à la loi de tabou dans plusieurs peuplades de lOcéanie. Divers heux, divers objets sont déclarés « roonda », interdits «laboués ». Telle forêt est « roonda ». Si vous y pénétrez, vous serez puni par le génie qui la protège.
lel oiseau est «roonda » ; si vous le tuez, vous deviendrez plus malheureux que l « Old Mariner » de Coleridge avant tué l’albatros. | 9 A ,’ Les flots de l’Ogôoué enlacent des îles où s'élèvent Pa baobabs, dont les branches sont couvertes e c L KL T al ae nids d'oiseaux. Naturellement, M. de Compiègne ne peut manquer cette occasion de faire une belle chasse.
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« Non, non, s’écrie le pauvre petit roi de M’Boumba,
iles m'appartiennent, et ces oiseaux sont tétiches. I nr Q L ar ? 1 Ai
In ne peut lirer sans outraget M'Bouiri, le redoutable
M'Bouiri. »
Malgré cette grave admonestation, nos deux chasseurs : font conduire à la plus grande des îles interdites. æurs rameurs noirs, après les avoir débarqués sur la plage, se retirent prudemment à l'écart. Les coups de fusil retentissent, et à chaque coup on voit tomber un {out superbe, un ibis rose ou une aigrette blanche. Que fait donc le puissant M'Bouiri? Est-il devenu insensible au massacre de ses oiseaux fétiches, ou n’ose-t-1l punir les blancs ?
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. Tout à coup, un nuage sombre s’élève à l'horizon, s'élargit, grandit, voile la clarté du ciel, et le tonnerre or . : C cronde, et la pluie tombe. Le lendemain, elle tombait encore. En pleine saison sèche, c'était un événement extraordinaire.
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Le roi entre dans la case des deux téméraires chas- À
seurs et leur dit avec un accent de douleur :
« Vous avez irrité M'Bouiri. C’est lui qui amasse ces nuages et fait tomber cette pluie. Nous n'avons pas encore récolté nos maniocs, ni cueilli nos bananes ; qu'allons-nous devenir ? »
Cette fois, pour apaiser linquiet monarque, il fallut le gratilier de plusieurs verres de rhum.
Mais, quelques jours après, à voir les deux tueurs d'oiseaux roonda grelottant et tremblotant dans des accès de fièvre, on devait croire que le démon des iles les châtiait de leur sacrilège.
Au lieu de poursuivre leur voyage, ils sont obligés d'aller chercher un refuge au Gabon.
Là, ils trouvent le secours fraternel des ofliciers de marine, le doux et pieux secours des institutions catholiques. C’est une des gloires de la France de porter partout où elle va planter son drapeau le dogme de la charité, la lumière de l'Evangile.
En 1845, nous prenions possession des terrains qui nous étaient cédés sur la rive droite par le roi Denis, sur la rive gauche par Île roi Louis: et, en cette même année, dans cette nouvelle colonie, arrivèrent les missionnaires et les religieuses *.
Les missionnaires, dirigés par un prélat d'un zèle admirable, M“ Bessieux, ont fait d’une terre ineulte un magnifique jardin. Chaque jour ils donnent aux peuplades sauvages qui les entourent l'exemple du travail, et ils réunissent dans leurs écoles des enfants des Bouloux, des Bakalais, des Pahouins. Ils leur enseignent le français et divers métiers utiles.
Les Sœurs ont aussi organisé une école pour les
1 Les Missions catholiques francarses, par M l'abbé Durand, p. 148.