‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 54 sur 57 · ARR DELLE DURS · texte numérisé non relu

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qu'il advint de ces promesses par le maximum et par les assignats.

Le gouvernement de Guatemala manifestait aussi les plus belles intentions. Il voulait par tous les moyens possibles, améliorer la condition morale et matérielle du pays, faire des routes, creuser des canaux, établir des écoles, diminuer les contributions.

Mais les républiques ont une singulière alchimie. Elles prennent l'or de toutes mains, le jettent dans leur creuset, et tout s'en va en fumée. Avec tout ce qu'ils avaient acquis par les spoliations, les bons ministres de l'Amérique centrale reconnurent un beau jour qu'ils ne pouvaient rien réparer et rien construire, sans créer de nouveaux impôts. À ce mot d'impôts, de toutes parts s’élevèrent des protestations si violentes qu'il n'était pas possible d'y résister. On dut chercher un autre moyen de subvenir aux besoins de l'Etat. Les paiements en nature ne se faisaient plus aisément comme au temps de la domination espagnole, et les grains de cacao. ne suffisaient plus pour régler les comptes. On voulait un métal sonore. Après de longues et pénibles négociations, on parvint à contracter un emprunt en Angleterre au taux le plus onéreux, et la magnanime Angleterre prolita de cette occasion pour s'emparer du territoire de Balize attenant à la province de Guatemala. L'Espagne lui avait autrefois accordé le privilège de couper sur ce terrain des bois d’acajou. L’Angleterre ne se contentait plus de ce droit d'exploitation. Elle prit le sol et y adjoignit les lagunes des Mosquitos qui touchent au Nicaragua et à l'Honduras.

Ainsi par la révolution démocratique l’ancienne capilainerie espagnole était ruimée et démembrée. En d’autres pays, les mêmes causes produisent les mêmes eflcts.

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Hélas! notre démembrement par la révolution de 1870. Notre Alsace et notre Lorraine si chères et si regrettées !

En 1831, Morazan fut nommé président de la république. Le vaillant homme n'allait-il pas comprimer toute tentative de rebellion. ranimer la confiance, affermir l’ordre et la paix ? Nouvel espoir, nouvelle déception. Des distributions d’emplois froissèrent d'avides ambitieux, des mesures impolitiques divisèrent le parti libéral qui devait en grande partie sa force à sa cohésion. Plusieurs Etats se détachèrent de la confédération.

Comme les malades changent de lit, le gouvernement changea de résidence. Il alla s'établir à San-Salvador, et par là irrita la ville qu’il abandonnait sans acquérir plus d’ascendant sur celle qu’il occupait. Pour apaiser d’autres susceptibilités, on fit autour de San-Salvador, à limitation des Etats-Unis, un district fédératif. Pour calmer de fougueuses exigences, on revisa le pacte fédéral.

Les institutions monarchiques peuvent subsister inlactes pendant des siècles. Les institutions républicaines doivent être souvent revues, amendées, ou aggravées, à mo'ns qu’elles ne soient tout à fait abolies, ce qui est encore plus expéditif et plus sûr.

Tandis que les démocrates, en se vantant d’être à jamais les maîtres du pays, s’affaiblissaient par leurs mauvaises lois et leur désaccord, ceux qu’on appelait les aristocrates, les monarchistes, les rétrogrades se fortifiaient et se préparaient à rentrer en campagne. Quand vint le jour de leur nouveau combat, parmi eux surgit un homme qui devait faire triompher leurs principes : Raphaël Carrera, un Indien d’une condition infime, un simple pâtre de village, sans aucune instruc-

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