ERNEST RÉEL ARENA NT EE AE DRE MERE
erses situarw la vanité es bijouteeur climat, ffes, et qui le tatouage le dévelopmarchand, guerrier. Îl liamants, et ordon. Par te noblesse;
s. Une invijus puissions les sillons e nos années
Américains tablissement r, des préros prêtres et nent aux enrale ; puis la ménage. Le ur, d’ouvrier
sol quelques lte adjoignait on. Avec son épaisseur des abattait les
il point l’em-
EN AMÉRIOUE 285
ploi du fer et de l'acier. Mais grâce à sa patiente industrie, avec de faibles instruments, elle produisait une quantité de choses, des ornements en or ou en cuivre, des tissus d’agave ou de coton, des cottes de maille en coton que les Espagnols adoptèrent, des flèches et des lances garnies à leur extrémité d’une pierre aiguë, ou d'un os de poisson, des boucliers en bois couverts d’une peau épaisse, des vases en terre cuite revêtus d’un brillant vernis et divers autres ustensiles de ménage. Avec des peaux soigneusement préparées, avec des feuilles d'agave, ou des bandes de coton tissé, les ouvriers faisaient des rouleaux de parchemin et des papyrus.
Sur ces rouleaux, des scribes ou plutôt des enlumineurs relraçaient avec un pinceau en signes hiéroglyphiques l’histoire et les lois du pays. De la mème manière, ils inscrivaient le dénombrement de la population, les produits annuels de l’agriculture et du commerce.
Des artistes construisaient ces massives pyramides, taillaient dans des blocs de pierres ces têtes fantastiques, ces statues monstrueuses qui nous représentent aujourd'hui la mythologie et les anciennes coutumes de cette contrée.
Pour les calligraphes qui étaient ses chroniqueurs, pour les architectes et les sculpteurs qui lui élevaient ses monuments, le peuple professait un très grand respect, pour le marchand, un sentiment particulier de sympathie et de considération. Le marchand établissait un lien social entre différentes communautés. Il allait d'ici, de là, pertout désiré et partout utile, sachant les fantaisies du riche et les besoins du pauvre. Comme nos anciens merciers ambulants, il portait les nouvelles d'un village à l’autre, entrait dans l’intérieur des familles, égayait les vieillards par ses récits, les jeunes
trs.
2 er Le
ARE ARE TS GE CS à.
- he
2kû NOUVEAUX RECTIS DE VOYAGE lilles par ses brillantes exhibitions, et fidèlement accomplissait de délicates missions.
Le commerce se faisait par échange selon le système si ardemment prôné par M. Proudhon en 1848. On ne connaissait encore dans ce riche pays, ni le dollar, mi le peso, ni tant d’autres pièces d'or ou d'argent qui excitent tant de cupidité et bouleversent tant de pauvres têtes. Les impôts se payaient en nature. Parfois seulement, pour régler plus promptement un compte, on employait en guise de monnaie les grains de cacao. Oh! heureuse monnaie! dit un ancien missionnaire espagnol, o felicem monelam, qui préserve de l'avarice, car on ne peut être tenté d’enfouir ou d’entasser des grains de cacao.
À part les horribles prescriptions de leurs sacrifices, ces Indiens avaient de bonnes mœurs et de bonnes lois. La polygamie était parmi eux absolument interdite; le vol, l’adultère, le sacrilège rigoureusement punis, les prévarications des juges et des autres fonctionnaires sévèrement aussi poursuivies et châtiées. L’'homicide, l'attentat à la souveraineté ou à la religion entrainaient la peine de mort. La noblesse était héréditaire, le gouvernement monarchique ou oligarchique tempéré par un ministère de vicillards, un idéal de gouvernement.
De là tant de prospérité.
En visitant aujourd'hui les républiques de l'Amérique centrale, en examinant leurs villes et leurs villages, leurs ressources et leur population, peut-on s’imaginer qu'il y a eu là jadis des édifices gigantesques, des cités magnifiques, plusieurs peuples riches, puissants, nombreux. C'est cependant un fait certain. Il est attesté par les premiers historiens de cette contrée, par la grandeur de ses monuments qui maintenant tombent en ruines dans le silence de ses forêts.
ent accom-
le système 48. On ne dollar, ni argent qui de pauvres Parfois seucompte, on s de cacao.
nissionnaire re de l’avau d’entasser
rs sacrifices, bonnes lois.
interdite; le t punis, les nchionnaires L'homicide, entrainaient aire, le gouempéré par vernement.
| l'Amérique rs villages, 1 s’imaginer s, des cités ssants, NOoMt attesté par la grandeur it en ruines
EN AMÉRIOUE 287
De l’une de ses anciennes cités, à l'approche d'Alvarado, l'intrépide lieutenant de Cortez, sortaient 20 000 hommes armés de lances et de flèches; d'une autre, 40 000, et d'Ucatlan, 70000. Dans cette capitale du royaume de Quiché, on voyait un séminaire qui renfermait plusieurs milliers d'élèves, et un palais construit en pierres de diverses couleurs, élégant et grandiose, comme celui de lInca de Cuzco ou de Montezuma.
Les bons Indiens de l'Amériqne centrale n'avaient point découvert l'imprimerie. C'est ce qui les à longtemps préservés du journalisme, du parlementarisme et du républicanisme, ces trois périls. Ils n'avaient poiut non plus découvert la poudre à canon. C’est ce qui les a perdus, Si nombreux, si vaillants qu'ils fussent, ils ne pouvaient résister à l'éclat d'une foudre inconnue, à l'artillerie des Espagnols, ces terribles Espagnols de la fin du quinzième siècle que la Providence, dit M. Prescott, semblait avoir constitués d’une façon exceptionnelle pour des événements extraordinaires.
Non, sans doute, dans les romans de chevalerie les plus étonnants, dans le cycle de Charlemagne et le cycle de la Table-Ronde, dans le cycle germanique des Niebelungen et de Dietrich de Berne; dans les récits fabuleux des Vikings scandinaves, dans les fantastiques lictions de Boiardo et de l’Arioste, non, 1l n’y à rien de si merveilleux que les expéditions, les batailles, les victoires de Fernand Cortez, de Pizarre, d’Alvarado et de Balboa, rien de si merveilleux et rien de si effroyable. Quel héroisme et quelle rapacité ! Quelle gloire et quels crimes!
Pour le candide Indien, l'Espagnol à cheval était un être surnaturel. Au Mexique on se rappelait la tradition du dieu Quelzatcoatl. En quittant le pays auquel il
avait enseigné l'emploi des métaux et de l’agriculture, il promettait de revenir. L'aspect des Espagnols éblouit ses innocents sectateurs. Ils crurent voir les précurseurs de Dieu tout-puissant, du Dieu vénéré dont ils attendaient le retour.
Pauvres Indiens! Comme ils ont payé cher leur confiance et leur erreur! Comme ils ont été outragés, dilapidés, torturés et massacrés!
# Parmi eux, après les lions qui les avaient vaincus, sont venus les chacals et les vautours, sans trêve et sans merci, pillant et dévorant.
De l’émigration des Espagnols au seizième siècle dans les royaumes nouvellement conquis, Cervantès a fait lui-même une sombre image. Dans une de ses nouvelles il représente un malheureux homme sans argent, sans amis, sans ressources. Comment pourra-til remédier à sa fatale situation? Comment? Il fera, dit l’illustre écrivain, ce que font les autres misérables de Séville, 1l ira aux Indes, refuge et rempart de tous les désespérés de l'Espagne, église de banqueroutiers, sauf-conduit des homicides, tapis des joueurs, réservoir général des femmes libres !.
De l'or! de l'or! c'était le cri de l'officier et du soldat, du gouverneur et de l’aventurier, le cri qui résonnait de Madrid à Saint-Domingue, à Mexico, à Cuzco, des rives de ‘la Méditerranée jusqu'aux plages de l’Océan. Pour satisfaire ces ardentes convoitises, pour apaiser cette soif frénétique, les Indiens travaillaient comme des bêtes de somme sous le fouet, sous la pointe du glaive, dans les mines et dans les champs, et mouraient eu maudissant leurs bourreaux.
La France n’a point ainsi administré ses colonies. Par-
4 El Zelososo Estremeno.
agriculture, nols éblouit précurseurs it ils atten-
»r leur contragés, dila-
ent vaincus, trêve et sans
ie siècle dans vantès a fait ses nouvelles argent, sans 1 remédier à l'illustre écri- Séville, il ira désespérés de if-conduit des
général des
et du soldat, qui résonnait à Cuzco, des s de l’Océan.
pour apaiser laient comme la pointe du et mouraient
colonies. Par-
tout où elle a régné, elle s'est fait aimer. Dans les a LR lui ont été enlevées, on se souvient ps ARS 7” ris pensée sé sympathie et de respect. | “quis par tant d'extorsion et de cruautés n': point enrichi l'Espagne. Non, au contraire, il l'a dét ra née des sentiments de la vraie richesse ct de k ne url il lui a donné des goûts et des bites pes il l’a matériellement appauvrie et moralement L'exploitation des nouveaux domaines de l’Espag ne fut cependant pas toujours si implacable fe n'étaient pas livrés aux fureurs d’un Pizarre 0 “s folies d’un Bobadilla, l'ennemi de Christophe Co «S Des hommes de cœur entraient dans aies de ces belles contrées; des voix généreuses plai Jr la cause des Indiens. Isabelle, la noble ne “ . de au doux visage, aux beaux yeux bleus, condamnait sans restri tion les repartimientos, cet affreux système en se duquel les Indiens étaient comme des bestiaux ré que entre les colons. Elle voulait que les dtéhe Se libres comme ses autres sujets. di On sait avec quelle touchante commisération , quel zèle infatigable Las Casas se dévoua aux he vaincus, dont il avait vu de près les souffrances. Pour les défendre plus efficacement à à verses reprises il fit le voyage d'Amérique en rs ; Enfin il obtint une enquête sérieuse à la un laquelle furent promulguées les nouvelles lois de CI 4 Quint, las nuevas leyes, qui assuraient aux Indi F : réelle protection. : tie À l’aide de ces lois, malgré de rudes obstacles, e dépit d'une rapace cohorte de fonctionnaires Are “4 bre des prêtres et des religieux en une œuvre admirable d'intelligence et de charité.
Le 9 août 1492, Las Casas, à l’âge de dix-neuf ans, s'embarquait dans le petit port de Palos avec Christophe Colomb pour découvrirle Nouveau-Monde. À son retour en Espagne il entra dans l’ordre des Dominicains, puis il repartit pour l'Amérique afin de répandre les consolations de l'Évangile parmi les peuplades conquises et prêcher le devoir de ‘humanité à leurs oppresseurs. Des dominicains traversèrent comme lui l'Atlantique et d'année en année continuèrent son œuvre bienfaisante.
« On leur doit, dit M. Morlet, la fondation de la plupart des villes et des villages de la Vera-Paz ‘. Ces intrépides apôtres pénétrèrent les premiers dans cette contrée sauvage, arrachèrent les Indiens à l'existence précaire des forêts, les réunirent en société et parvinrent à discipliner des barbares qui mettaient l’indépendance audessus de tous les biens. En écoutant les chants religieux composés dans leur langue, les indigènes surpris et charmés se rassemblèrent autour d’une humble croix ; les enfants reçurent bientôt les premiers germes de soumission et d’obéissance; les femmes apprirent à filer le coton et à tisser la toile; les hommes furent initiés aux pratiques de l’agriculture et à divers métiers Enfin il se forma de petites communautés d'artisans et de laboureurs qui devinrent le noyau des populations régulières.
« Les missionnaires ne se bornèrent pas à rendre les Indiens industrieux. Ils s’appliquèrent à développer leurs qualités morales et à les éclairer. Ils ne cherchèrent point à les dépouiller par la violence de leurs préjugés et de leurs erreurs; ils mirent en œuvre la persuasion et la douceur. On vit s'élever un jour sur une éminence centrale une église d’une architecture imposante ; le
! Un des distriets de l'Amérique centrale dans l'état de Guatemala.
HS GAMES LT
neuf ans, christophe son retour ains, puis les consonquises et )pr'esseurs antique et enfaisante.
à de la plu- Ces intréette contrée ee précaire nrent à disndance auchants reliènes surpris mble croix; mes de sourent à filer urent initiés rs métiers d'artisans et populations
à rendre les lopper leurs chercherent
urs préjugés
a persuaslon
ne éminence 1posante ; le
de Guatemala.
hs YA RE
maitre-autel fut enrichi d’ornements précieux. Autour du majestueux édifice les ouvriers construisirent le couvent, les bâtiments communaux, plusieurs chapelles et plus de cinq cents maisons. Tous ces travaux étaient faits par la population indigène !. »
Grâce à l’adoucissement des institutions coloniales, à l'influence de plusieurs bons gouverneurs, surtout à la salutaire action des communautés religieuses et du clergé catholique, la race indienne s’est fortifiée dans l'Amérique espagnole, tandis que dans l'Amérique anglosaxonne elle s’est graduellement affaiblie. À présent, elle décroit de jour en Jour.
Le gouvernement de Washington, le représentant de ces bons républicains, de ces généreux philanthropes qui se sont tant apitoyés sur le sort des nègres, est parfaitement insensible à la destinée de la race des Peaux- Rouges. Il ne songe pas le moins du monde à la relever de sa dégradation, en lui donnant peu à peu des idées d'ordre et de travail. Il croit faire une assez belle chose en achetant ses domaines, en lui distribuant quelques livres de plomb et de poudre, quelques mauvais fusils et quelques douzaines de couvertures. [l la dépossède sans pitié de ses terrains de cullure et de ses terrains de chasse. Il l’empoisonne avec l’eau-de-vie et le whiskey qu’elle appelle l’eau de feu et le sang du diable. Subjugués par l'émnigration européenne, refoulés de zone en zone, les malheureux Peaux-Rouges se retirent dans les forêts du nord, et y meurent de froid et de faim.
Au dernier recensement, le nombre des Indiens dans les États-Unis ne s'élevait pas à plus de 295 000. Dans la tribu de Winnebago, en 1856, les statisticiens comptaient encore 8000 âmes. En 1860, ils n’en trouvaient
1 Voyage dans l'Amérique centrale, 1. IF, p. 127.
202 NOUVEAUX RÉCITS DE VOYAGE plus que 900. On peut aisément prévoir le jour où il ne restera plus rien de ces vaillantes peuplades dont les historiens et les romanciers nous ont fait de si curieux récits, dont les Anglais et les Français se disputaient encore l'alliance au dix-huitième siècle.
Dans l’Amérique centrale, la race indigène forme les quatre cinquièmes de la populaion.
Cette riche bande de terre gouvernée par de valeureux princes, péniblement conquise par Alvarado, devait être, selon la pensée de Fernand Cortez, une dépendance du Mexique. Des lettres patentes de Charles-Quint en firent, en 1527, :1 état distinct sous le titre de capitainerie générale de Guatemala.
La nouvelle capitainerie complètement soumise et pacifiée n'avait plus aucune ambition et ne faisait aucun bruit. Nulle guerre au dehors, nulle guerre à l’intérieur. De loin en loin l’éruption d’un volean, ou la secousse d’un tremblement de terre. Pas d’autres événements.
Elle devait être heureuse, si, comme on le dit, heureux sont les peuples qui n'ont pas d'histoire. Elle n'avait pas d'histoire, et elle subsistait ainsi depuis trois siècles, quand tout à coup elle fut atteinte par un fléau plus redoutable que l'explosion d’un cratère, le fléau de l'insurrection, le fléau révolutionnaire, qui en peu de temps, le long de l'Atlantique et de la mer du Sud bouleversa toute l'Amérique espagnole, depuis Buenos-Ayres jusqu'à Mexico.
Je ne sais pourquoi nous donnons encore le nom de novateurs aux gens quitravaillent à changer la forme des gouvernements. [l n’y a rien de plus vieux que leur ambition, et rien de plus surannè que les rouages de leur mécanique. Avec la chronique d’une révolution on ferait aisément celle de toutes les autres. Il suffirait d’en chan-
PE M arr GA ati ag
ur où il ne es dont les > si Curieux disputaient
1e forme les
w de valeuvarado, de-
une dépenharles-Quint , titre de ca-
| soumise et faisait aucun rre à l'intéolcan, ou là ’autres évé-
le dit, heuhistoire. Elle si depuis trois par un fléau re, le fléau de ui en peu de du Sud boule- Buenos-Ayres
bre le nom de r la forme des que leur amuages de leur ution on ferail rait d’en chan-
D ET ALI NS Mar
EN AMÉRIQOUE 203
ger les noms et les dates. Du reste, on est sûr de retrouver dans toutes ces violentes commotions les mêmes cupidités voilées sous une apparence de bien public, les mèmes phrases pompeuses masquant les mêmes trahisons, les mêmes impudences et finalement les mêmes calamités. Mais il en est des révolutions de la plèbe comme des vols à l'américaine. A tout instant, les journaux publient quelques-unes de ces tricheries, et perpétuellement de nouveaux badauds s’y laissent prendre. I n’y a pas un livre d'histoire qui ne nous montre de quelle façon ceux qui ont mordu à l’appât révolutionnaire en ont été tôt ou tard sottement dupes ou-cruellement victimes, et l’histoire et les jonrnaux n’empêchent pas beaucoup de gens de tomber dans le même piège.
Donc, à l'exemple de la Plata, de la Colombie, du Pérou et des autres provinces espagnoles, la capitainerie de Guatemala faisait en 1821 sa révolution, et dès les premiers jours se divisait en deux parties, les démocrates, qui prenaient tout simplement le nom de libéraux, et les aristocrates, auxquels ils infligeaient le nom de serviles. Les libéraux voulaient immédiatement une constitution semblable à celle des États-Unis. Les aristocrates désiraient former avec le Mexique un empire dont un prince dela maison de Bourbon serait le chef. La proclamation de la république à Mexico après la déchéance d’Iturbide anéantit leur espoir.
Les libéraux devenaient les maitres.
Par leur activité et leur ferme association, ils parvenaient à accomplir leurs projets,
En 1776, Jefferson, John Adams, Franklin signaient à Philadelphie le fameux acte d'indépendance de PAmérique du Nord.
En 1834, trente-quatre obscurs individus procla-
Fr HS. RH LOL
SA t +5 PRET" r- PISE Ve PF
Ste
maient aussi l'indépendance de lAmériqne centrale et faisaient de cette capitainerie monarchique une république fédérative : cinq États, Costa-Rica, Honduras, Nicaragua, San-Salvador et Guatemala ; deux Chambres, comme aux États-Unis, les députés éligibles sans aucun cens électoral, à vingt-trois ans, les sénateurs à trente.
Ainsi s'organisait le congrès, et la ville de Guatemala en était la capitale. Le drapeau espagnol fut remplacé par un large étendard sur lequel étaient peints cinq volcans avec ces mots solennels : Dios, Union, Libertad.
Un décret interdit la publication des bulles du Pape el supprima tous les titres de noblesse jusqu’à l’innocente qualification de Don. C’est ainsi que le congrès justifiait la religieuse et libérale devise inscrite sur sa bannière. Quant aux cinq volcans, ils étaient les justes emblèmes des commotions et desexplosions qui devaient lhientôt désoler le pays.
Bientôt, en effet, les discussions politiques devinrent plus violentes. Les têtes s'enflammèrent et la guerre civile éclata, citadin contre citadin, villageois contre villageois, frère contre frère, tous les liens de bon voisinage, de cœur et de parenté rompus par une de ces révolutions qui promettent à tout un peuple l'union, la liberté, le bonheur, les glorieux principes de 89. Ah ! les perfides révolutions !
Dans l'Amérique centrale, après le vote de la constitution, tel État désirait un accroissement de pouvoir pour les démocrates ; tel autre s'irritait de leurs prélentions.
Aristocrates et démocrates, les armes à la main, entrent en campagne. Dès qu'un des deux partis est maître d’une ville, il ne manque pas d’emprisonner ou de déporter ses plus notables adversaires en s’empa-
‘entrale et une répu- Honduras, Chambres, sans aucun *s à trente.
de Guateol fut remient peints s, Union,
les du Pape qu'à l'inno-
le congrès crite sur sa at les justes qui devaient
es devinrent t la guerre seois contre ens de bon par une de iple l'union,
ipes de 89.
de la conit de pouvoir e leurs pré-
à la main, ix partis est emprisonner »s en S’eMpa-
| È À ë ES #
EN AMÉRIQUE 295 rant de leurs propriétés. Puis l’autre parti revient qui, à son tour, proscrit et confisque avec ardeur. Souvent ces condamnations paraissent un peu faibles. Les zélés y joignent l'incendie, le pillage et l’égorgement, tou- Jours au nom de la liberté et du bien public.
Dans le district de Guatemala, une troupe d'Indiens poursuit jusqu'au fond de l’église et immole, au pied de l'autel, le lieutenant gouverneur accusé d’avoir violé les privilèges des couvents.
A Léon, dans le Nicaragua, les démocrates brülent uu millier de maisons et dévastent le reste.
Après une bataille acharnée, les aristocrates entrent triomphalement à San-Salvador. Ils vont reprendre le souvernement du pays. Mais les démocrates cominandés par Morazan, un jeune général d’origine créole, engawent un nouveau combat et remportent une victoire décisive.
Aussitôt le congrès. qui avait disparu dans tous ces conflits, se réunit ; l'acte fédéral est reconstitué, et l’on célèbre par des fêtes pompeuses le: succès de Morazan, le héros de la république, disent les programmes officiels, le sauveur de la patrie, un Cincinnatus, un Washington.
Dès l'origine de la lutte, le clergé n'avait pas dissimulé son éloignement pour la démocratie. Il doit être puni de ses mauvaises dispositions. Par un décret du libéral président, l’archevèque de Guatemala et les reli-
gieux sont arrêtés, condamnés à un bannissement per-
péluel, tous les ordres monastiques abolis, tous les couvents d'hommes et de femmes supprimés et leurs biens confisqués.
En 1791, notre Assemblée constituante s’emparait ainsi des propriétés domaniales et ecclésiastiques, promettant d’alléger les charges du peuple. On sait ce
#2 AG qe
D re EU 2 ———
MES Pire ins à A ER T2
pm dm