‹ Nouveaux samedis (volume 2)Chapitre 22 sur 44 · MA · texte numérisé non relu

MA

dres. » Là, se rencontraient ce pauvre Alphonse Royer, Taimable auteur de la Favorite^ spirituel, sympathique, plein d'anecdotes, d'une politesse exquise, déguisant de son mieux son âge, et de qui nous nous disions, en le voyant parfois chanceler sur ses jambes, qu'il avait peutêtre un peu trop regardé celles de Fanny Essler; Nuitter, le gracieux archiviste de TOpéra, si doux, si bienveillant, si correct et. si bon, qu'on avait peine à se le figurer faisant mur mitoyen avec les faciles beautés du foyer de la danse ; Mermet, qui nous parlait des fatalités acharnées contre sa Jeanne d^Arc, et qui ne prévoyait pas encore les plus cruelles de toutes : l'incendie, la première représentation, et le brusque passage de tant de feu à tant de glace ; Vaucorbeil, brillant causeur, relevant par toutes les élégances de l'homme du monde un talent cher au dilettantisme délicat, compositeur si ingénieux et si fin qu'il a trouvé grâce auprès du moins harmonieux des gouvernements ; Robert Mitchell, un de ces hommes rares qui, par le charme de leur esprit, l'ardeur de leur patriotisme, la netteté de leur regard, la fermeté de leur caractère, leur aptitude à réconcilier la fantaisie et le bon sens, désarment toutes les dissidences et se font aimer de tous les partis ; — et enfin, Mario Uchard, un type de verve insouciante et de bonne humeur, opposant aux déceptions de la vie littéraire une philosophie facile et un agréable entrain, prolongeant sous des cheveux presque blancs cette seconde jeunesse qui lui rappelle un

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