‹ Nouveaux samedisChapitre 13 sur 38 · X. DOUDAN · texte numérisé non relu

X. DOUDAN

que l'un coupe de travers un cheveu en quatre, l'autre renverse des églises et brise les portes des villes. C'est la différence qu'il y a entre une paire de ciseaux et un boulet de canon. » (Page 117). Il proteste avec esprit, presque avec éloquence, contre le succès de Fanny ; et, un peu plus loin, il affirme que Voltaire n'est entré en pleine possession de tout son génie lyrique qu'entre soixantedix et quatre-vingts ans. Le lyrisme de Voltaire! c'est comme si l'on disait : la tendresse du marbre d'Houdon ! — Ainsi de suite. "En voyant ce juge accepté et salué par nos maîtres alterner entre des arrêts d'une justesse et d'une finesse parfaites et des paradoxes inexplicables, on reconnaît, une fois de plus, qu'il faut croire pour persuader, qu'il faut être convaincu pour être conséquent, et l'on ajoute tout bas : « Voilà où mènent ces admirables qualités négatives, ces merveilles de neutralité souriante, ironique et dissolvante, qui firent le fond du caractère et du rôle, de l'esprit et du talent, des causeries et des écritures de Ximénès Doudan I » Je me résume et je m'humilie. Il y a un an, presque jour poui' jour, en rendant compte des deux premiers volumes de ces Mélanges et LettreSy je demandais ou je conseillais, pour un avenir plus ou moins prochain, un travail de réduction, d'élimination et de triage qui fît de ces deux in-octavo de mille pages, d'un intérêt incontestable, mais inégal, un petit livre mince, portatif, charmant, exquis, presque immortel. Au lieu de c^ela.

on me répond en publiant un troisième volume : on en annonce un quatrième ; et ces volumes ont beaucoup de succès. C'est le cas, ou jamais, d'emprunter à Doudan lui-même les formules de son cher scepticisme, et de s'écrier : t A quoi sert la critique ?» — Mes bénévoles lecteurs le savent peut-être; quant à moi, je n'en sais plus rien.

Page 1