‹ Nouveaux voyages en zigzag à la Grande-ChartreuseChapitre 23 sur 45 · PIÈCES JOUÉES DANS LE BAS VALAIS · texte numérisé non relu

PIÈCES JOUÉES DANS LE BAS VALAIS

La Querelle de Mars et d'Apollon \

Les Noces de Cana ( XI, 102.

Martyre de saint Maurice \

Comédie jouée à Monthey XI, 104.

Comédie jouée à Vanvri XI, 105.

Comédie jouée à Saint-Maurice XI, 105.

Le Mauvais Riche, joué à Monthey XI, 107.

Pièces jouées à Saint-Maurice XI, 108.

Pièces jouées à Martigny XI, 192.

Pièce de Basson, jouée à Lausanne XI, 287.

Théâtre XIII, 80.

Le Sacrifice d'Abraham, par Théodore de Rèze. . . XIII, 358.

L'Ombre de Stauffacher, jouée à Genève en 1581. . V, 476.

« Le vieux théâtre suisse, qui se composait des passions, des martyres, des mystères, est maintenant tombé dans les villes, mais existe encore dans quelques contrées catholiques de nos Alpes. Il n'y a pas soixante-dix ans qu'une histoire de la Passion a été jouée dans la Gruyère. Les manuscrits

de ces pièces sont conservés dans les archives, niais il n'est pas aisé d'en obtenir communication. Celles qui ont été imprimées sont assez rares hors des bibliothèques cantonales...

« Une mémoire usée, ajoute M. Bridel, une main qui peut à peine tracer quelques mots lisibles, ne permettent pas de plus amples détails à un vieillard de quatre-vingt-six ans »

« Montrcux, IX mai 1843. »

Puisse-t-il, ce digne vieillard, nous être conservé longtemps encore, et, doyen qu'il est des pasteurs de notre belle vallée, doyen des modernes historiens de la Suisse, doyen des écrivains nationaux, patriotes, laborieux, pleins de droiture, de sens et de lumières, recueillir longtemps encore rhoinmage de considération affectueuse et de respect profond que lui attirent le renom de ses travaux et le parfum de sa bonne vie I

A la suite de cette note, et pendant que nous en sommes à transcrire des documents, voici la traduction littérale du programme qui nous fut distribué avant-hier. L'on y lira avec intérêt, outre le sujet de la pièce, le nom des hommes du hameau de Stalden qui en ont rempli tous les rôles, y compris ceux de femmes. De ces hommes, illettrés et novices comme sont des montagnards, plusieurs ne savent pas même lire, mais à force de patientes répétitions, qui, à partir du mois de mars, ont occupé les veillées du printemps et les loisirs des grands jours, ils sont parvenus, sous la direction du curé et du vicaire, à savoir, à dire, à déclamer leur rôle avec une sorte d'emphase, plutôt encore énergique et solennelle que recherchée ou désagréable. Voici ce programme, qui est écrit dans un allemand un peu vieilli.

Rosa de Tannenbourg représentation en 4 actes, jouée sur un théâtre rustique dans la commune de Stalden le 4 et le 5 septembre 1842 le matin à 9 heures.

Rosa était fdle d'un chevalier souabe du nom d'iïdelbert de Tannenbourg. Depuis la mort prématurée de sa mère Matbilde, elle vivait sa^e

et paisible, dans la terre de Tanneubourg, auprès de son père, lequel avait été blessé dans une guerre sanglante. Kunnrich, un fier et terrible chevalier de la même contrée, Pavait connu dans sa jeunesse à la cour du duc; plus tard, il s'était rencontré à la guerre avec Edelbert, et il pensait avoir été offensé par lui en quelque occasion de peu d'importance. Ayant appris par les perfides complices de ses vengeances que le chevalier Edelbert vivait seul dans son château de Tannenbourg, il y pénétra tout armé, enchaîna l'infortuné Edelbert et ses deux plus fidèles serviteurs, et il les emmena dans son château de Fichtenbourg pour les y laisser languir jusqu'à la mort. Rosa, arrachée à sa demeure paternelle, s'enfuit, abandonnée à la protection de Dieu. Après avoir parcouru, seule et orpheline, sa sombre vallée de Tannen, elle trouva enfin un vieux charbonnier, nommé Burkhard, qui lui offrit avec charité un misérable asile. C'est là que Rosa passa quelque temps, songeant en elle-même au moyen d'adoucir la douloureuse captivité de son père.

Enfin il s'offrit une occasion pour Rosa d'entrer au service du geôlier de Fichtenbourg. La noble fille, cachée sous les vêtements qu'elle avait portés chez le charbonnier, supporta les mauvais traitements et l'humeur grossière de la femme du geôlier, et elle parvint enfin jusque dans la prison de son père, dont les souffrances furent allégées en quelque degré par les tendres soins de Rosa. Celle-ci, obéissante aux conseils du vieillard, fit du bien même à leur cruel ennemi, et elle sauva au péril de sa vie le jeune Eberhard, fils de Kuhnrich, qui s'était laissé choir dans un puits.

Sur ces entrefaites, le terrible chevalier s'étant engagé avec plusieurs de ses compagnons d'armes dans une guerre contre un prince voisin, les amis d'Edelbert voulurent profiter de cette circonstance pour le délivrer. Mais leur entreprise ne réussit point. Kuhnrich, de retour de la guerre, et encore plus irrité qu'auparavant contre Edelbert, à cause de la tentative de ses amis, résolut de se débarrasser de lui, et le jour de son exécution fut fixé.

Cependant ce fier chevalier, dans un mouvement de son orgueil qu'il ne savait jamais maîtriser, avait promis à la fille supposée du charbonnier de la récompenser magnifiquement et de lui accorder telle grâce qu'elle désirerait obtenir. Rosa alors déclara sa naissance, et demanda que son père, prisonnier et condamné à mort, fut rendu à sa tendresse filiale, ce qui lui fut enfin accordé, ainsi que la délivrance des deux fidèles serviteurs.

Puisse cette représentation atteindre son but et inspirer à la fois aux

parents le soin de leurs enfants, aux: enfants Le respect et l'obéissance envers leurs parents, et répandre chez tous des sentiments de support, de concorde et de fraternelle charité!

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