ÎLES QUI DÉPENDENT DE L'ARABIE
683. Les plus romarquables sont: 1o les îles Baharein, dans le golfe Persique, fameuses par la riche pêche de perles qui s’y fait en ét6, et fertiles surtout en dattiers; 20. Perim, ilot volcamique, nu, stérile, situé dans le détroit de Bab-el-Mandeb, et appartenant aux Anglais depuis 1857; 30. l’île de Socotora, vers l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, célèbre par son aloès, fertile en dattes, en indigo, en ae etc., elle est habitée par 100,000 individus sous un chef arabe,
684. Bornes : Au nord, la mer Noire et les provinces russes ; à l’est, la Perse ; au sud, le golfe Persique et l’Arabio ; à l’ouest, la mer Rouge, le canal de Suez, la Méditerranée et l’Archipel. Sa superficie est d'environ 660,000 milles carrés.
685. Divisions : On peut diviser la Turquie d'Asie en sept parties principales, savoir : l’Asie-Mineure ou Anatolie, PArménie, le Kourdistan, la Mésopotamie ou Al-Djezireh, la Babylonie ou Irak Arabi, la Syrie et le Hedjaz (No. 670.)
Los divisions turques en pachalicks ou provinees, sangiakats ou districts, etc.; sont peu connues des Européens.
(a) ‘ Nous allons fouler un sol fertile en grands souvenirs; mais ces souvenirs même n'existent point pour les habitants aetuels, abrutis par l'ignorance et l'esclavage. Une obscurité profonde enveloppe la gloire de vingt peuples qui jadis florissaient dans l’Asie occidentale ; les troupeaux bondissent également sur le tombeau d'Achille et sur celui d'Hector: les trônes des Mithridate et des Antiochus ont disparu comme les palais de Priam et de Crésus ; les marchands de Smyrne ne se demandent guèr: si ce fut daus leurs
(a) (Malte-Brun, Géog. Univ.)
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murs que naquit Ilomère ; le beau ciel de l’Ionie n’inspire plus ni peintres ni poètes ; la même nuit couvre de 8es ombres les rives du Jourdain et les bords de l'Euphrate; la république de Moïse a disparu ; les harpes de David et d’Isaïe sont muettes À jamais ; un pusteur arabe vient avec indifférence appuyer 8a tente aux colonnes brisées de Palmyre (a); Babylone (b) aussi a succombé sous les coups d'un destin vengeur, et cette cité qui régnait sur l'Asie opprimée, laisse à peine après elle une trace qui puisse indiquer ou s'élevaicnt les remparts de Sémiramis.” ‘‘ J'ai vu sur les lieux, dit ‘encore un voyageur, l’accomplissement de cette prophétie: Tyr ‘“ (c), la reine des nations, ne serait plus qu'un roc où les pôcheurs « feraient sécher leurs filets, (Ézachiel, ch. 26.)
Les peuples Ics pius célèbres de l'antiquité, les Assyriens, les Perses, les Grecs et les Romains, dominèrent, sur les contrées qui composent la Turquie d'Asie actuelle. Au 7e siècle, les ealifes sen rendirent maîtres; leur capitale fut d’abord la Mecque, puis Damas, et enfin Bagdad. Houlagou, petit-fils de Geugis-khan, détruisit en 1258 lo califat d'Orient, que remplaça l'empire des Turcs, venus de la Tartarie. Leur pre’aier sultan fut Othim.in ou Osman, dit le briseur d'os, qui s'établit vers 1300 à Karahissar en Caramanie Ses successeurs ne tardèrent pas à soumettre le reste de l’Asic- Mineure et le sud-est de l'Europe. Mahomet IT, prit Constantinople et anéantit l'empire grec en 1453 ; Sélim I, réduisit en provinces ottomanes la Syrie, la Palestine l'Égypto (1517) une grande partie de l'Arabie, Alger, etc. Soliman Il, dont le règne fut l’apogée de la grandeur turque, étendit beaucoup ses états du côté de l’Orient ; y ajouta une partie de la Hongrie; enleva Rhodes aux Chevaliers de Malte, et vint camper devant Vienne en 1529. Sélim IE, conquit l'île
de Chypre, Tripoli et Tunis ; mais à la même époque, la bataille na- de vale de Lépante mit un terme à ses envahissements. Au bout d'un pi siècle, la puissance ottomane marehaïit rapidement vers sa décadence. Les rêgences d'Afrique et l'Égypte deviennent presque libres de fait ; 80 la Hongrie passe définitivement à la maison d'Autriche (1686); en fi même temps s'éleva la redoutable rivalité de la Russie, qui menace toujours de plus en plus près Constantinople. En 1829, perte de P la Grèce (No. 645; ; d'une partie de l'Arménie cédée aux Russes ; de U la Valachie, de la Moldavie et de la Servie, déclarées libres sous tribut (No. 634). En 1833, révolte de Mahomet-Ali, pacha d'Égypte l (No. 711), dont les conquêtes me furent arrêtées que par l’intervention armée des puissances européennes. ;
(a) Cette ville était connue dès le.temps de Salomon, sous le nom de
Tadmor, elle fut, au 3e siècle, la capitale de l’immortelle reine Zénobie, uo l’ompcereur Aurélien fit prisonnière ; parmi uno foule d’autres ruines, almyre renferme les restes magnifiques d’un temple du Soleil,
() Les décombres de Babylone occupent un grand espace aux environs de Hella, sur l’Euphrate. Tout le territoire au-dessus de Bagdad est jonché de débris de villes grecques, romaines, persanes et arabes, confondues dans un même néant.
(c) Aujourd’hui Sour, village couvert de ruines, eitué au nord d’Acre pur la Méditerranéo.
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686. Climat, etc. : L'Arménie, le Kourdistan, et les pays que traverse la large chaîne du Taurus, partagent le climat et les productions des pays Caucasiens (No. 588). En général, il règne dans l’Asice-Mineure un air salubre, une température douce ct pure qu’on ne trouve point sur les côtes opposées de l’Europe. Cependant les bords de la Méditerranéc éprouvent des chaleurs accablantes, tandis que celles de la mer Noire souffrent d’une trop grande humidité. Dans l’intérieur de la presqu'île sont de vastes plaines, où croissent l’absynthe, la sauge, ct diverses plantes salines. Au sud et au sud-est, on retrouve les sables brûlants, le vent do simoun, les gazelles ct les sauterelles de l’ Arabie.
Les bords de l’Euphrate et du Tigre présentent quelquefois des
lisières fertiles en grains et en fruits de toutes sortes, et des jardius maguifiques entretenus par des irrigations artificielles.
Les richesses végétales des côtes de la Méditerranée et de l’Archipel sont toutes celles de l'Italie et de la Grèce, auxquelles il faut joindre plusicurs gommes précieuses, le laudanum, la noix de galles, les dattes, le sésame, eto.
La Syrie en deçà du désert est exposée à trois climats dif férents ; une température douce dans les parties montagneuses, des chaleurs humides sur les bords de la Méditerranée, des chaleurs sèches du côté de l'Arabie. Du reste, c’est un pays extrêmement fertile.
Les productions les pue communes de la Turquie d’Asie sont : les blés, le maïs, la soie, le coton, le vin, les olives, les figues, les dattes et divers autres fruits. Les mines sont principalement celles de cuivre et de fer. Les Turcs élèvent un grand nombre de troupeaux.
687. Commerce: Laine, soie, coton, toiles, tapis, camelots, cuirs, maroquins, tabac, vins, huiles, figues, dattes, cire, garance, noix de galles, alun, rhubarbe et autres drogues, marchandises de la Perse, des Indes et de l'Arabie, armes blanches, cuivre, etc. (Voyez le No. 679).
Le commerce et l'industrie ne sont bien florissants que dans quelques villes Le long de la mer qu’on nomme Zchelles du Levant ; la plupart des nations européennes et les États-Unis y ont des consuls pour leurs affaires mercantiles.
Capitale, Constantinople... (voyez le No. 541),
688. Villes: 10. Dans l'Anatolie, Trébizonde, place forte sur la mer Noire, elle fut, depuis 1204 jusqu'en 1461, la capitale d’un
empire grec fondé par une branche de Comnènes, empereur de Constantinople ; Kastamouni, où il y a des fabriques de vaisselle de cuivre et autres ; Koutaïch, belle ville, riche en vins, en fruits en noix de galles ; Angora, commerçante en superbes camelots faits avec le poil d'une chèvre qui ne se trouve point ailleurs ; près d'ici Tamerlan, en 1402, vainquit Bajazet, empereur des Tures, le prit et l'enferma dans une cage ile fer où il termina ses jours ; cette victoire coûta la vie à 400,000 hommes ; Burse ou Brousse, ancienne capitale de l'empire ottoman, elle vend beaucoup de tapis et de soie ; Smyrne, la ville la plus commerçante de toutes les Échelles du Levant, la peste et les tremblements de terre l'ont souvent dévastée, célèbre marché de figues, l’une dessept villes qui prétendent avoir donné nuis. sance à Homère ; Scutari, vis-à-vis de Constantinople, dont il n’est qu’un vaste faubourg, etc. Amasie, patrie du géographe Strabon, mosquées magnifiques, fruits excellents ; Tokat, envouré de vergers et de vignobles, riches minces de cuivre dans les environs ; Konieh, ({conium), d'où les sultans somanlis étendirent leur domination en Asie ct en Europe ; Kaisarieh, ancienne Césarée, grande ville, com. merçante en maroquins, etc.
20. Dans l'Arménie, Erzeroun, forteresse, entrepôt pour les caravanes de la Perse et des Indes, etc.
30. Dans le Kourdistan, Moussoul, près de l'emplacement de \inive, elle a des fabriques de draps d'or, d'étoffes de soie, ct de coton qui, de son nom, ont Cté appelées mousselines.
40. Dans l’Algézireh, Diabékir, mosquées et bazars magnifiques, les environs produisent des melons et des pastèques qui pèsent 30 livres.
50. Dans l’Iraq-Arabi, Bassorah, lieu célèbre de commerce entre l'Europe, l'Asie occidentale et les Indes; les Arabes de cette ville ne conservent pas seulement la généologie de leurs chevaux, mais même celle de leurs pigeons et de leurs béliers, ceux-ci ont tous, disent-ils, un anneau blanc au bout de l'oreille, c'est la marque que les doigts du prophète imprimèrent à l’auteur de leur race ; Bagdad, ancien séjour des califes (No. 685), et célèbre lieu de pélerinage pour les Persans qui croient que leur prophète Ali y a demeuré ; la peste y fit périr, dit-on, 400,000 habitants en 1772, et 100,000 en 1832; un affreux tremblement de terre et une inondation du Tigre ont presque achevé de ruiner cette grande ville.
60. Dans la Syrie, Alep, bâti en pierres de taille et pavé de même a été presque détruit en 1822 par un tremblement de terre ; Damas, l4 plus industrieuse de toutes les villes de la Turquie d'Asie, il y à 500 édifices qui méritent le nom de palais, grand nombre de mosquées, vastes fabriques de savon, commerce très-considérable avec l'Inde, l’Europe et l'Égypte, cette ville est renommée par ses tissus de soie et les sabres auxquels elle a donné son nom; Saint-Jean d'Acre (Akka et Piolémais), très-forte place, célèbre par plusieurs siéges ; les Français, commandés par Bonaparte en 1799, firent vainement des prodiges de valeur pour s’en rendre maître, le brave
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chevalier Sydney Smith la défendait ; JénusaLEM (a) où se sont accomplis la plupart des mystères du christianisine, cette ville possède le Saint-Sépulcre, dans une église bâtie sur lo calvaire ; elle a changé 17 fois de maîtres, les chevaliers de l'Europe chrétienne lu délivrèrent des mains des infidèles en 1099, et y formèrent un royaume qui succombn 80 ans après, sous les armes de Saladin, fameux sultan d'Égypte ; Betblécm, sur une montagne couverte de
(a) Jérusalem, situéo au milieu de montagnes arides ct désortes, est totalement entourée do hautes murnilles. L'ancienne ville était situéo sur lo même terrain, excepté quo la montagne du calvaire no se trouvait pas dans son encointe, comme elle y est aujourd'hui, Les murs peuvent avoir 120 pieds de haut; leur épaisseur ne semble pas proportionnée à leur élévation. On y voit des pierres qui appartenaient évidemment à l’ancien temple ; clles sont d’une grandeur immense. L'ancienne Jérusalem avait douze portes, la nouvelle n’en a que sept.
Vue du haut des montagnes, Jérusalem à une certaine apparence de grandeur qui vous frappe ; l'aspect imposant des mosquées, des dômes et des minarets, qui dominent les autres édifices, produit cotte illusion; mais, quand on est une fois dans l’intéricur do la ville, tout s’évanouit : Jérusalem ne parait plus que ce qu’elle est en réalité, uno ville de décombres et do ruines. Ses maisons carrées, en générul petites, basses, sans fenêtres, couvertes d’untoit plat en terrasse, au-dessus duquel s'élève quelquefois une petito retonde, ressemblent à une masse de pierres entassées pour une contruction, plutôt qu’à une habitation véritable, et sont do l’effet le plus triste. Les rues no sont que des percées étroites, sales et de l’irrégularité la pluschoquante. Lo quartier lo moins mal bâti est celui des Arméniens : il y règno un pou de propreté et mêmo une certaine aisance, qui no sert qu’à faire ressortir co que les autres parties de la ville ont de hideux. |
Jérusalem a trois rues principales : k
10. La rue de la porte de la Colonne, qui traverse irrégulièrement la ville du nord au midi.
20. La voie douloureuse, plus irrégulière encore que la précédente ; c’est celle que parcourut Notre-Soigneur en allant au supplice. Elle passe devant la maison de Pilate et aboutit au Calvaire.