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Dans le désert qui s'étend depuis l'Hedjaz jusqu’à l'Euphrate, les voyageurs sont exposés, en été, au vent mortel nommé samiel ou simoun : du côté qu’il vient, l'air prend une couleur rougeâtre et l’on sent une odeur de soufre. Les Arabes se couchent alors par terre et les animaux s’enfoncent les narines dans le sable, Celui qui oserait respirer cetto vapeur peñtilentielle, serait suffoqué à l’instant.
678. Sol, Productions, etc.: L’Arabie n’est en général qu’une vaste mer de sable interrompue par de nombreuses oasis ou élévations montagneuses, qui sont assez fertiles surtout en dattiers et en palmiers. La végétation du désert consiste en quelques plantes salines et grasses, le varec, l'ortie, l’aloës, l’acacia, les ronces, ete. Sur les côtes on trouve le tamarinier, le cotonnier, le bananier, la canne à sucre, l’indigo, le muscadier, le bétel, et toutes sortes de melons et de courges. L’Arabie Heureuse fournit le caféier, qui donne le meilleur café de l’univers, ct le baumier, d’où l’on tire le baume de la Mecque, la plus odorante et la plus chère de toutes les gommes-résines; parmi les autres productions, on remarque la gomme arabique, qu’on tire de l’acacia, le ricin, le séné, et plusieurs autres plantes médicinales. De tout temps l'Arabie a été célèbre comme le pays de l’encens; mais il est reconnu que le meilleur vient de l'Abyssinie, du Siam et des îles de l'Océanie. Quelques campagnes, surtout celles de l’Yémen, produisent en abondance le blé, le riz, le maïs, le sésame, etc.
Le dourra, espèce de millet, fait la principale nourriture des habitants, qui mangent encore le porc-épic, la belette, le rat, les lésards, les sauterelles, et quelquefois par friandise, la chair du chameau. On nourrit les chevaux avec de l'orge et les ânes avec des fôves. Ilya peu de richesses minérales.
Parmi les animaux, il faut placer au premier rang le chameau à une bosse, justement appelé un navire vivant sans lequel on ne saurait traverser ces flots de sable qui couvrent le sol de l’Arabie. Oet animal n’est pas moins précieux à l’Arabe que le renne au Lapon. Il peut marcher plusieurs jours à travers des sables brûlants sans boire ni manger; le fardeau qu’il porte est de 500 à 1,000 livres. Le lait du chameau nourrit son conducteur; sa chair est succulente et d’un assez bon goût ; ses nerfs font de bonnes cordes ; son poil, qu’on tond annuellement, procure aux Arabes des vêtements et des tentes.
Les bœufs ont une bosse sur le dos, comme ceux de la Syrie. On dit que les moutons traînent leur queue épaisse sur une petite charette.
N'oublions point le cheval, la gloire de l'Arabie; il y en a de deux classes, l'espèce commune et les chevaux nobles qu’on prétend issus
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des haras de Salomon, la généalogie de ceux-ci se conserve depuis 3,000 ans. On a le plus grand soin d'en tenir la race pure. Ils supportent les plus grandes fatigues, passent des jours entiers sans manger, et se jettent sur l'ennemi avec impétuosité. Les meilleurs sont élevés par les Bédouins dans les déserts du nord : Ils demeurent sous la même tente que leurs maîtres et sont trnités avec la même tendresse que les enfants ; on les accoutume à donner des marques d'affection à tous ceux de la famille. Ils ne vont que lo pas ou le galop ; au moindre signe de la main ou du talon, ils partent avee le vitesse du vent. Si le cavalier se démonte, son fidèle coursier s’arrête jusqu’à ce qu'il ait repris sorr siège; s’il tombe dans la mêlée, le coursier reste auprès de lui et par ses hennissements demande du secours.
Les ânes sont d’une force et d’une agilité extraordinaires.
Animaux sauvages de la Perse, auxquels on peut ajouter le singe, le rat de Pharaon, l’antilope, et quelques autres, qui se trouveut plus communément ici qu’au-delà du Tigre, Les animaux les plus nuisibles sont les sauterelles, fléau de toutes les cultures. On remarque entre les oiseaux la stupide autruche, qui abundonne quelquefois ses œufs dans le désert, le faisan, la poule-pintade, la perdrix, la grive, qui vient chaque annés de la Perse et détruit les sauterelles, etc. Le poisson abonde sur toutes les côtes ; celle du sud-est nourrit la pinne-marine, et d'immenses quantités de tortucs de mer, ressource de tribus entières d’'Arabes. On trouve encore en Arabie beaucoup de tortues de terre ; c’est la nourriture des chrétiens les jours d’ebstinence. Il y a des serpents tachetés de blanc, dont la morsure cause une mort soudaine, et des lézards de la force d’un crocodile.
679. Commerce : Café, au montant de 12 à 14 millions de livres annuellement ; tabac, aloès, gommes, drogues, chevaux, perles, dattes, benjoin, encens, myrrhe, etc.
680. Villes: La Mecque, patrie de Mahomet, capitale du Grand-Chérifat et du monde mahométan. Cette ville et son territoire sont regardés comme saints. On y voit la plus belle mosquée du monde. Cette mosquée renferme un petit bâtiment carré, haut de 12 verges et nommé la Kauba, que les Arabes prétendent avoir été construit per Abraham et son fils Ismaël, leur père. Mahomet a ordonné à tous ses sectateurs d'y faire un pélerinage au moins une fois dans leur vie. Tous les ans, il se tient à la Mecque une foire où se rassemblent, dit-on, près de 100,000 marchands.
Médine, qui renferme le tombeau de Mahomet ; cet imposteur, chassé de In Mecque, l'an 622, se réfugia dans cette ville; de sa fuite, appelée Zégire, les musulmans comptent leurs années ; Médine fut prise et pillée par les Wahabites en 1804 ; Moka, port sur la mer Rouge, entrepôt de commerce de l'Yémen, elle a donné son nom à l'excellent café qui vient de cette province ; Aden, à l'entrée du
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détroit de Bab-el-Mandeb, possession anglaise depuis 1838, impor. tante station maritime et l’un des premiers entrepôts du commerce de l’Orient ; Mascate, la ville la plus commerçante de l'Arabie: Lahsa, vis-à-vis des îles Baharein, etc.
681. Population: environ 6,000,000 d'habitants, musulmans et wahabites. (Ceux-ci croient que le Koran est un livre divin, et que Mahomet avait été envoyé de Dieu ; mais ils défendent d’invoquer le prétendu prophète ; ils exemptent leurs sectateurs des pélerinages et des prières fréquentes que pratiquent les musulmans.
682. Gouvernement : L'Arabie se divise en plusieurs états, gouvernés par des chefs qui portent les noms d’imans, de chérifs, d'émirs et de scheiks. L'intérieur est habité par des peuples errants, qu’on appelle Bédouins ; ils forment une foule de tribus soumises à des scheïiks particuliers. Les états plus considérables ont une espèce de régime monarchique ; chez ies Bédouins on suit la forme patriarcale. ue les affaires civiles se décident d’après les lois du
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Au commencement du siècle actuel, les Wahabites étaient maîtres de la Mecque et d’une grande partie de cette péninsule, d’où ils ont été depuis presque entièrement expulsés par le célèbre pacha d'Egypte, Mahomet-Ali qui n’a pu y consolider sa domination.
Les Arabes sont de moyenne taille, maigres et comme desséchés par la chaleur. Ils ont le teint basané, les yeux et les cheveux noirs; légers à la course et excellents eavaliers, ils passent pour braves, pour babiles à manier l'arc ct la lanee, et pour très-bons tireurs, depuis qu’ils sont familiarisés avee les armes à feu. Ils sont hospitaliers, mais trompeurs, dit-on, et superstitieux. Leur boisson favorite est le café. Les liqueurs spiritueuses leur sont interdites par la loi de Mahomet.
Les Arabes comme les Turcs et les Persans aiment les habits longs. On les voit porter aussi de larges culottes avec une cointure brodée de euir, sous laquelle brille un poignard ou une dague. Tous les Arabes portent le manteau, qu'ils appellent habba : leur tête est surchargée d'un grand nombre de bonnets, qu'ils entourent encore d’une écharpe. Communément ils ne portent point de chaussure, mais dans les montagnes, ils 8e garantissent les pieds avec de la peau de chameau ou de mouton. Quelques-uns se rasent la tête, d'autres portent leurs cheveux.
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