ILES QUI DÉPENDENT DE LA TURQUIE L'ASIE
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690. Ténédos, qui produit d'excellents vins muscats , population 9,000 ; Mételin, ancienne Lesbos, célèbre encore par ses vins et ses figues, qui sont les meilleurs de l’Archipel ; population 30,200 ; Scio, riche en limons, en oranges et en cédrats, les roses sont plus communes ici que ne le sont ailleurs les chardons, les Turcs, en 1822, massacrèrent ou dispersèrent tous les habitants, au nombre de 100,000 ; Samos, très-fertile en vins, en oranges, en huile et en soie, il y a de superbes restes d’un temple de Junon, population 25,000 ; Cos, patrie d'Hypocrate, belles plantations de limoniers mûlés à de grands érables, cette île a donné son nom à une espèce de pierres à aiguiser, population 10,000 ; Rhodes, qui a une capitale du même nom avec un port à l'entrée duquel était le fameux colosse, elle a longtemps appartenu aux chevaliers de Malte, Soliman IT s’en rendit maître en 1523, population 30,000 ; Chypre, grande, riche en coton, en 8oie, en laine, en bois, en fruits, surtout en vins, mines de cuivre, fabriques nombreuses, jadis elle renfermait neuf royaumes et un million d'habitants, population 200,000 ; Patmos, rocher stiwile, où Saint-Jean écrivit l' Apocalypse, etc.
691. L'Afrique, troisième partie du globe en étendue et en population, est bornée au nord par la Méditerranée ; à l’est, par le canal de Suez, la mer Rouge et la mer des Indes ; au sud, par le Grand océan austral ; à l’ouest, par l'océan Atlantique. Sa plus grande longueur est d'environ 1,700 lieues, et sa plus grande largeur de 1,500.
692. L’aspect de octte vasie péninsule ou plutôt de ce continent insulaire, puisqu'il a été, en 1869, séparé de PAsie par le canal de Suez, est bien différent
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de éelui des autres régions de la terre, qü’on vient de par. courir. Une longueur de près de 6,000 lieues de côtes triste. ment uniformes, n’offre que rarement des baies profondes ou de bons ports. Les fleuves, sujets à des inondations an. nuclles, s'y précipitent avec trop d’impétuosité dans la mer, ou charricnt des amas de sable, qui, en s’accumulant vers leurs embouchures, les rendent inaccessibles aux grands vaisseaux. Encore ces fleuves sont-ils en petit nombre, et deux seuls méritent d’être comparés à ceux du nouveau continent. Deux chaînes de montagnes traversent l'Afrique de lorient au couchant : les montagnes de la Lune, qui la partagent en deux régions à peu près égales; et l'Atlas, dont les sommets glacés forment ces colonnes du monde, si célèbres chez les poètes La plupart des autres n: sont que des barrières destinées à préserver les côtes des envahissements de l'océan. Un dernier trait qui caractérise singulièrement la géographie physique de la péninsule africaine sont ces mers de sable toujours agitées par les vents et toujours enflammées, qui couvrent l’intérieur ; mers que sillonnent, dans toutes les directions, des flottes animées, des caravanes d’infatigables chameaux ; mers que remplissent, non plus des cétacés, des requins, ou d’autres habitants des eaux, mais le lion, autruche, la gazelle et la sauterelle ; mers d’où s’élèvent tantôt des pics isolés et stériles, tantôt des oasis qui récréent le voyageur par la vue d’une belle et riante végétation.
693. C’est en Afrique qu’on trouve l'or le plus pur et le plus bel ivoire ; les arbres et les plantes les plus gigantesques ; le plus grand nombre d'animaux nuisibles ; les plus énormes reptiles ; les contrées les plus chaudes et les plus malsaines ; enfin, l'une des portions du genre humain les plus éloignées des vraies idées d'ordre, de justice, d’humanité, de religion et d’organisation sociale.
L'Afrique fut peuplée par les descendants de Cham, troisième fl: de Noé. Dès la plus haute antiquité il s’y forma de puissantes monarchies, où fleurissaient les sciences, les arts et le commerce Mais l'Afrique des anciens était toute située au nord d’une ligne qu'on pourrait tirer de l’île de Fer jusqu'aux sources du Nil dans les monts Kong ou montagnes de la Lune. Vers l'an 600 avant J.-C., des Phéniciens, par l'ordre de Néchao, roi d'Égypte, sortirent d'un des ports de la mer Rouge et revinrent après uno navigation de trois années,
par le détroit de Gibraltar. Les hommes d'alors regardèrent comme fabuleuse une expédition où l’on prétendait avoir été au-delà
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694. Divisions : L'Afrique peut se diviser en 20 parties principales, savoir : au nord-est, l'Égypte, la Nubic ct PA. byssinie ; au nord, la Barbarie et le Sahara ou Grand- Désert ; à l’ouest, la Sénégambie, la Guinée et le Congo ou Guinée inférieure ; au centre, la Nigritie ou Soudan ; au sud, la Cafrérie, la colonie du Cap, le pays des Hottentots ou Hottentotie, la Cimbébasie, la colonie de Natal, la république de la rivière Orange, le république de Transvaal et le pays des Zoulous ; à l’est, les côtes d’Ajan (y compria le royaume d’Adel), de Zanguébar, de Mozambique et de Sofala,
695. Golfes : Dans la Méditerranée, ceux de Tunis, de Gabès (ancienne Petite-Syrte), et de Sidra (Grande-Syrte); vers l’entrée de la mer Rouge, le golfe d’'Aden ; eur la côte sud-est, la baie de Lorauzo-Marquez ou Délagoa ; à l’ouest de l'Afrique, le golfe de Guinée, qui forme ceux de Benin et de Biafra.
696. Détroits : Celui de Gibraltar, entre le Maroc et l'Espagne ; celui de Bab-e!-Mandeb, entre le golfe d'Aden et la mer Rouge ; et le canal de Mozambique, entre la côte de ce nom et l'île de Madagascar.
697. Laes : Le lac Tchad (No. 744), dans la Nigritic ; le lac Dembéa, en Abyssinie, traversé par l’une des sources du Nil; le lac Nyansa ou Maravi, derrière la côte Mozambique, le lac Tanganika, le lac Albert-Nyanza, le lac
Victoria-Nyanza, d’où sort le Nil Blanc, etc,
698. Fleuves : Le Nil, le plus grand fleuve de l’aneien monde, du moins dans ses hautes eaux, a probablement sa source dans les montagnes de la Lune ou au lac N'yanza (a). Il traverse l’Abyssinie, la Nubie et l'Égypte, et, après un cours d'environ 1000 lieues, se jette dans la Méditerranée par plusieurs bouches, dont les principales sont celles de Damiette et de Rosette.
En entrant dans l'Égypte, ce fleuve forme deux cataractes célà. bres ; la hauteur de la plus grande n’est pourtant que de 4 à 6 pieds. Dans la Haute et la Moyenne-Égypte, son cours est resserré entre des montagnes qui ne laissent entre elles qu’une vallée large de quelques licues ; au-delà l’on ne voit que des sables arides. Au des. sous du Caire, les montagnes s'éloignent de chaque côté et forment cette plaine magnifique de la Basse-Égypte, qui doit sa fertilité étonnante uniquement aux inondations du Nil: car ilne pleni presque jamais dans cette contrée. Ces inondations, causées par les pluies tropicales qui tombent daus les pays où le Nil prend sa source commencent vers le 13 juin et ne décroissent que vers le 18 de septembre. Toute la Basse-Égypte présente alors l'apparence d’une mer au-dessus de laquelle s'élèvent, de distance en distance, des villes, des viklages, des chaussées, des touffes d'arbres et des collines. Les eaux en se retirant, déposent un limon qui féconde les terres. Les semences se font vers la fin de décembre.
Le Nil, dans son état ordinaire ne porte que des bateaux de 60 tonneaux depuis la Méditerranée jusqu'aux cataractes; mais dans les crûes périodiques, des caravelles de 24 canons peuvent remonter jusqu’au Caire. Ce fleuve nourrit beaucoup de crocodiles et d’hippopotames, principalement vers le haut de son cours.
Le Niger, ou Djoliba, ou Quorra (, dont le eours à été longtemps un mystère impénétrable aux voyageurs ei aux géographes, preud sa source dans les monts Kong, à environ 80 lieues de Sierra.Léone sur l'Atlantique ; se dirigeant ensuite au nord-nord-est, il traverse les états de Sangara, de Kankan, de Wassoulo, et les belles plaines de Bambara où il égale la Tamise à Londres; de là s’avangant au nord-est, il forme le lac Dibbie et passe à Tombouctou ; après avoir longtemps continué son cours, tantôt à l’est, tantôt au sud-
(a) Le Nil est formé du Nil Blanc ot du Nil Bleu. Les sources de celuicisonten Abyssinie; quant à celles du Nil Blanc, elles sont encore problématiques. D’après les voyages et les conclusions du célèbre Dr. anglais Livingstone, elles devraient être placées au-delà du lac Victoria- Nyanza, entre le 10e ct le 12e dégré de latitude sud. Cette dernière assertion a du moins lo mérite de ccnfirmer L'opinion de Ptolémée, qui avait
avancé, d’après los A grecs, que lo Nil sortait de plusieurs lacs situés très au sud dans lo continent africain.
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La branche visitée en 1830 par M. Lander, se rend au cap Formose et se nomme Brass River (Rivière de Cuivre) ; la plus septentrionale est la rivière de Benin.
Le Quorra reçoit beaucoup d’affluents, entre autres la Tchadda (a) ou Binoué, qui passe par la ville de Funda, et qui, à son embouchure, paraît avoir une largeur de 2 ôu 3 milles ; À 30 lieues plus haut, il reçoit le Coudounia, autre rivière importante. La longueur du Quorra est de plus de 800 lieues ; sa largeur commune pendant 200 lieues avant d'arriver au delta paraît être de 2 à 4 milles. Le lit de ce fleuve est encombré d'îles. Ses bords fertiles, ombragés de palmiers, de plantains, de figuiers, de cocotiers, de mangoustiers, et d’autres grands arbres de la £one torride, sont infestés de moustiques et de fourmis noires ; ses eaux nourrissent des crocodiles et une grande abondance de poissons.
Les fleuves les plus considérables ensuite sont : le Zam- Lèze, qui arrose le plateau de la Haute Afrique, traverse la Mozambique, et se jette dans le canal de Mozambique ; la rivière Orange, qui arrose l’état libre de la rivière Orange, la colonie du Cap, la Hottentotie, et se jette dan: l’Atlantique ; le Coanza et le Congo, qui arrosent la Guinée inférieure ; le Sénégal et la Gambie, qui arrosent la Sénégambie, à laquelle ils ont donné leurs noms, ete. On a cru Re que ces deux derniers fleuves étaient les bouches du Niger.
699. Jles orientales : Socotora, les Seychelles ou îles Mahées, les Amirantes, les Mascareignes (ou île Mauritius, île de Bourbon et île de Rodrigue), les îles Comores, la grande île de Madagascar, etc.
Les occidentales : Les Açores, les îles Madères, les Canaries, les îles du Cap-Vert, Saint-Mathieu, Fernando-Po, l'île du Prince, Saint-Thomas, Annohon, l’Ascension, Sainte- Hélène, etc.
700. Montagnes : Les monts Atlas, divisés en plusieurs cbaînes parallèles qui traversent le nord de l'Afrique, et
(a) Ii y a une autre rivière du même nom qui se jette dans le ee Tchad.
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dont les plus hautes sommités, situées dans le Maroc, ont environ 11,400 picds d’élévation ; les monts Kong, qui paraissent 80 rattacher aux montagnes de la Lune ct s’éten. dent depuis la Sénégambie jusqu’au détroit de Bab-el- Mandeb ; les monts Lupata, ou l’épine du monde. qui bordent les côtes orientales depuis la côte d'Ajan jusqu'au Cap de Bonne-Espérance, une pareïlle chaîne semble exister sur les côtes du sud-ouest ; les monts de Cuivre dans le pays des Hottentots, eto.
Les monts Caméroun, à l'est du Golfe de Biafra, ont une élévation de 13,000 pieds.
701. Volcans : Le pic de l'ile Fogo, dans les îles du Cap- Vert ; le Mongo-Ma-Lobah, dans le massif du mont Came. roun, en Guinée ; le piton de la Fournaise, dans l’île Bourbon, à l’ouest de Madagascar, eto. Il y a un bon nombre de volcans éteints,
702. Climat : Les trois quarts au moins de l'Afrique sont situés sous la zone torride, qu’elle ne dépasse que de 9 degrés au sud et de 94 du côté septentrional. Elle doit donc
être exposée aux chaleurs brûlantes, aux pluies annuelles, aux vents réguliers de l'Inde et des autres régions tropicales. Mais on ne rencontre point communément en Afrique plusieurs causes qui rendent tempérés et même froids certains pays placés sous les mêmes latitudes. Les montagnes ne paraissent avoir en général qu’une hauteur médiocre ; le manque d’eau se fait sentir presque partout ; au lieu de nos forêts immenses et de nos grands lacs, ce sont des sables continuellement échauffés par les rayons d’un soleil vertical; le vent froid du pôle antarctique ne rafraîchit que le cap ds Bonne-Espérance et les côtes les plus méridionales, tandis que les vents du nord sont interceptés par la chaîne de Atlas. Il ne reste donc pour diminuer la chaleur du climat africain que les pluies périodiques, les vents de mer, et en quelques endroits, l'élévation du sol.
Les pays les plus chauds et les plus insalubres sont la Sénégamb'e et les autres côtes occidentales. Sur la côte d'Or, on a vu le thermomètre g’élever, en plein air, jusqu’à 45} de Réaumur (134 de Fabhrenheit) ! Les plus grandes chaleurs au Cap sont de 80° ; la temptrature varie de -{- 17°à-[-26°, sur les côtes o:ientales ; rarement elle s'élève à 304° (100 de Fabrenheit). Les chaleurs de l'été sont excessives en Égynte et en Barbarie. Les fièvres, la diarrhée, 1»
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L'hiver, ou plutôt la saison des pluics, dure depuis mars jusqu’en septembre au Cap ; depuis juillet jusqu’en octobre dans le désert do Sahara; depuis juin jusqu’en septembro en Abyssinie ; ct depuis juin jusqu'en octobre sur les côtes oceidentales. Ilne pleut que très-rarement en Egypte ct dans le royaume d’Adel. L'hiver de la Barbarie ressemble à celui do l'Europe méridionale.
703. Preductions : La plupart de celles de l’ancien et du nouveau monde se retrouvent en Afrique, mais aveo des dimensions colossales, causées par la chaleur et par l'humidité, qui se réunissent dans tous les endroits fertiles, particulièrement aux bords des fleuves ou dans les deltas quo forment leurs embouchures et dans les lieux marécageux ou sujets aux inondations annuelles. |
Les productions alimentaires les plus communes sont les diverses espèces de millet, qui atteignent la hauteur de 10 à 12 pieds et dont les épis pèsent quelquefois 2 ou 3 livres ; les dattes, les fruits du palmier et du plantain, les cocos, les bananes, les ignames, le manioc et quantité d’autres légumes ; le riz, le maïs, le sarrasin, les melons ct les courges,lcs fruits de l'arbre à beurre ou à suif ou à l'huile, de l'arbre à pois, les patates, cte. L'Egypte et la Barbarie fournissent une grande abondance de blé et d’autres céréales. La canne à sucre, le coton, l’indigo, le tabac, viennent presque partout.
Il n’est guère besoin de dire que l’on trouve en Afrique la vigne, le figuier, l'olivier, l’oranger, le citronnier, etc. ; outre le tamarinier, l'ananas, le mûrier, le caféier, le poivrier, une foule de bois précieux, d’arbros aromatiques, de gommicrs et de plantes médicinales.
Il y à une grande variété de palmiers, qui donnent des fruits, du vin, de l'huile, des toiles, des cordages, etc. Le vin se fait avec le suc de l'arbre, que l’on tire par incision comme celui de l'érable en Canada. Une espèce de palmier porte des feuilles prodigieusement larges, qui servent à faire les toits des maisons ; une seule feuille peut abriter 10 ou 12 personnes. Le superbe palmi-r du Congo embellit de ses touffes les champs ct les forûts ; ses fruits sont très. abondants et d'un bon goût; son vin est doux, piquant, agréable. Lorsqu'on ne le prive pas de sa sève, il produit à la racine de ses