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feuilles un fruit qu’un seul homme peut à peine porter ; les graines ont la couleur et le goût des châtaignes ; rôties au feu, elles donnent une huile épaisse employée par les nègres pour l’assaisonnement de leurs mets, et par les Européens pour l'éclairage.
Le vin de palmier et la bière de millet sont la boisson ordivaire des nègres.
L’énorme baobab ne s'élève qu’à la hauteur d'environ 30 pieds, tandis qu'il a quelquefois 100 pieds de tour. Le marc des fruits de cc colosse du règne végétal, assez gros pour meurtrir en tombant les hommes et les animaux, offre un aliment grossier aux nègres, qui, dans le besoin, mav,sent jusqu'aux feuilles de l'arbre ; la coque donne des vases solides, de la cendre du bois l’on extrait du savon ; l'écorce sert à «ire des cordes, de grosses toiles et des mèches d'éclairage. L'arbre Ctant sujet à pourrir facilement, les nègrvs se gardent de construire leurs cabanes à son ombre, pour n'être pas écrasés par sa chute.
Le fruit du théobrome sort au travers de l'écorce du tronc. L'Égypte, entre une foule de plantes partieulières, produit le papyrus, udnt la tige composée de plusieurs feuillets superposés, et qu'on détachait les uns des autres, servait de papier aux Anciens. Aucun pays n'offre dans ses végétaux des traits aussi caractéristiques que le cap de Bonne-Esptrance.
Le mont Atlas, les côtes occidentales et orientales, le Cap et la Nigritie, présentent des forêts vastes, épaisses, remplies d'arbres gigantesques, comme les forêts du Brésil.
L’herbe des prairies atteint la hauteur de 20 et même de 30 pieds : c’est ]à que se réfugient une multitude d’éléphants, de buffles, de sangliers, de tigres, de serpents monstrueux, etc.
La végétation des déserts consiste en touffes de plantes salines, acacias, aloès, ronces, bruyères, etc. ; quelques-unes parviennent à la hauteur des herbes. Les oasis, qui s'élèvent de temps en temps, comme des îles au milieu de l'océan, sont couvertes de palmiers et de dattiers.
704. Animaux : T'Afrique renferme à peu près toutes les espèces de l’Asie ; le lion africain est seul digne de son nom, sa proie la plus ordinaire, ainsi que de la panthère, du chacal, de l’hyène, etc., sont les timides gazelles ct Îcs antilopes; l'éléphant, que les nègres ne savent point spprivoiser, est moins grand, mais il a plus d'agilité qu'aux {ndes, et son ivoire est plus beau ; ses défenses, longucs quelquefois de 6 pieds, pèsent jusqu'à 200 livres; le chameau, si nécessaire dans cette partie du monde, offre des espèces excellentes, ainsi que le cheval et l’âne, dont les types sauvages sont les girafes ct les zèbres ; le buffle cst souvent en guerre avec le lion, et le rhinocéros avec l'éléphant ; le caméléon est très-venimeux ; les guenons, les babouins et d’autres singes, fourmillent partout ; les moutons sont de l'espèce à queuo
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large et à laine grossière ; les chiens, comme dans tous les paye es AoRs ont le poil court, rude et roux, et n’aboiïent pag,
hippopotame, qu’on pourrait appeler un énorme cochos d’eau, habite les fleuves et les rivières.
Parmi les volatilles, on peut remarquer l’autruche, qui est la plus parfaite de son genre, le faisan, le flamant, le vautour le perroquet, l’aigrette, l'oiscau du paradis, l'ibis qui détruit les serpents, le pélican, de gros canards, etc. Les oiseaux de rapine sont innombrables.
La chasse aux autruches que font les Arabes, offre un spectacle curieux. Une vingtaine d'hommes armés de fusils et montés sur des chevaux du désert, vont, contre le vent, chercher la trace de l’autruche, et, quand ils l'ont trouvée, la suivent avec la plus grande rapiduté possible, en se tenant éloignés d’un demi-mitle les uns des autres. L'oiseau, fatigué de courir contre le vent qui s’engouffre dans ses ailes, so retourne et cherche à passer à travers la ligne des chasseurs: ceux-ci l'entourent et tirent tous à la fois sur lui jusqu’à ce qu'il tombe mort. Sans cette ruse, on ne pourrait jamais prendre l’autruche, qui, bien que dépourvue de la faculté de voler, dépasse sar terre les animaux les plus rapides.
Parmi les reptiles, on distingue le crocodile, qui saisit un bœnf et le dévore ; le lézard, dont quelques espèces égalent le croeodile en grandeur ; une foule de scorpions et de serpents venimeux ; ie boa, long de 26 à 30 pieds et gros de 6, qui s’élance des arbres sur les hommes et sur les animaux, il les dévore d’un coup, et devient à son tour la proie des nègres, qui l’attaquent au moment de la digestion, ou le rôtissent en mettant le feu aux savanes à la fin des pluies.
L’ichneumon pénètre dans le corps du crocodile pendant qu’il tient sa gueule ouverte, et lui ronge le ventre.
J1 y a une multitude effrayanto do termites, espèce de fourmis, qui construisent des pyramides hautes de 16 pieds, sur une base de plus de 100 piedscarrés ; d’autres, très-redoutables, attaquent les hommes et les animaux, des malfaiteurs qu'on leur livre sont rongés jusqu'aux osen un jour ; legtrsondi entrent daus la trompe des éléphants, et les font mourir avec des accès de fureur terribles ; d’autres termites pénètrent partout etréduisent en poudre les hardes, les marchandises, les meubles et jusqu’à la charpente des maisons.
Les voyageurs sont assaillis continuellement d’une nuée de cousins, de moustiques et d’autres insectes incommodes. Il y en a dont la piqûre passe pour mortelle. Les papillons fourmillent dans les champs et dans les forêts, ainsi que les abeilles ; pour s'emparer des trésors que ces dernières ont amassés, on met le feu aux arbres qui portent les ruehes, et les abeilles s’enfuient,
705. Minéraux : On tire de l'or très-pur de plusieurs contrées de l'Afrique, en particulier de l’Abyssinie, de la Sénégambie, de la Nigritie, et des côtes de Mozambique et Je Sofala (selon quelques-uns, l'Ophir de l'Écriture). Les principales mines d'argent connues sont celles de la Nigritie
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et du Con. Le Congo fournit beaucoup de fer ; le même pays et celui des Hottentots abondent en cuivre; l'Égypte, est riche en sel, en salpêtre, en natron Q ; il y a de vastes dépôts de scl-gemme dans lo désert de Sahara ; la côte d'A. besch, sur la mer Rouge, possède, dit-on, des mines d'émeraudes et d’autres picrres précieuses. (b)
706. Commerce : EsosVes, or, ivoire, bois précieux, épices, gommes, ambre gris, substances teinturières et médicinales, coton, sucre, hu’.c de palmier, blé, riz, dattes et autres fruits, encens, nrgrrhe, cuivre, sel, salpêtre, cuirs, plumes d’autruche, peaux de buflles, de tigres, ete, ; vins (des îles et du Cap), eto., etc.
On trouve presque partout en. Afrique une vaste quantité du plus be! ivoire, et sur les rivages de la mer, l’ambre, la corail, les perles, ete., etc.
Des malheureux nègres, arrachés à leur sol natal, enchaînés comme des bêtes de somme dont on les destine à faire les travaux, condamnés à souffrir tout ce que l’avarico et une cruelle brutalité peuvent inventer de tourments, voilà depuis trois siècles l'objet du commerce des Africains, soit entre eux, soit avec les peuples étrangers. Ce trafic barbare a remplacé chez eux, du moins en beaucoup d’endroits, les sacrifices humains et l'anthropophagie.
La plupart des nations chrétiennes ont aujourd’hui aboli la traite des nègres; mais, par lo fait, toutes celles qui tolèrent l'esclavage ne laissent pas de l'exercer encore. On a estimé que vers l’année 1822, dans l'espace de 18 mois, 400 vaisseaux négriers avaient emmené 100,000 esclaves des côtes occidentales; on sait qu’à la même époque, il en fat acheté un grand nombre sur les côtes orientales.
Des vaisseaux de guerre anglais et américains sont stationnés sur quelques points des côtes d'Afrique, avec ordre de saisir et de confisqner tous les bâtiments négriers qu'ils rencontreront, quelqu soit le pays d’où ils viennent.
Il se fait un grand commerce ‘ntérieur, par le moyen des caravanes qui partent des états Barbaresques ct du Caire pour aller à Ségou, à Tombouctou, à Skatou, à Yaourie, à Funda, à Boruou, et aux autres grandes villes situées sur le
(a) Soude carbonatée, alcali qui entre dans la fabrication du savon.
(b) Pays d'Afrique réputés les plus riches: en pierres précieuses; Nigritie, Egypte, Madagascar; en or, Sénégambie, Deux-Guinées, Nigritie, Mocaranga, région su périeuro du Nil (Abyssinie et pays voisins),etc.; en urgent, Mocaranga, Nigritie; en cuivre, Doux Guinées, Sénégambie, Nigritie, Mocaranga, pays des Iottentots, région supérieure du Nil, Maroc, etc.; en plomb, Barbario; en fer, Deux-GQuinées, Sénégambie, Nigritie, Mocaranga, Madagascar, etc.; en sel, Barbarie, Sahara, région du Nil, Deux- Guinées, îles du Cap-Vert, Madagascar, etc.
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APBIQUE. 285
Niger ou sur les rivières qui s'y jettent ; d’autres earavanes He Abyssinie, aux royaumes de Sennaar et de Darfour, eto. (a
Langues: Celles de l'Afrique sont très-multipliées, et n'offrent que peu de ressemblance entre elles ; les plus généralement répandues sont l'arabe, le berbère, l'yolof, le mandingue, le congo, le cafre, le hottentot, l’abyssinien, etc. Les langues africaines renferment beaucoup de sons bizarres, de hurlements, de sifflements inventés à l’imitation des animaux ou pour se distinguer des peuples ennemis,
707. Population totale : 202,753,000 h. divisés en trois races principales ; 10. Les Maures répandus dans la Barbarie ; principales ; 10. Les Maures répandus dans la Barbarie ; les Foulahs, peuple doux et cultivateur de la Sénégambie, et les Fallatahs, nation puissante et guerrière de la Nigritie, appartiennent à cette race. 20. Les Nâgres, qui occupent tout le centre et tout l'occident, depuis le Sénégal jusqu’au cap Négro : parmi ceux-ci on remarque les Yolofs, les plus beaux nègres de la côte occidentale, les Féloupes, les Mandingues, les Ashantées ou Assientes, les Dahomiens, les
boés ou Ibbous, eto. 30. Les Cafres, mieux faits et plus grands que les nègres; cette race paraît bien différente de celle des Hottentots, qui ont les joues très proéminentes et le menton très-pointu, de sorte que leur visage à la forme d’un triangle: les plus difformes et les plus barbares des Hottentots, peut-être même de tous les hommes, sont les Boschmans. Les Coptes en Égypte, les Nubiens et les Abyssins, sont probablement issus d’un très-ancien mélango de nations asiatiques ct africaines,
Les Berbères sont d'une origine entièrement distincte de celle des Maures. Les arabes sont répandus dans toute la partie septentrionale de l’Afrique et jusqu’au centre de la Nigritie. Les Franc çais sont dans l'Algérie. Il y'a beaucoup de Juifs, de Turcs, ete.
708. Religion : Le mahométisme domine dans l’Afrique septentrionale, et le fétichisme partout ailleurs : cependant beaucoup de Nègres et de Cafres se sont fait un mélange de ces deux religions. Les Coptes sont chrétiens, ainsi que la plupart des Abyssins, qui mêlent à leurs croyances diverses
(a) Ces caravanes achètent ou font acheter chaque année une vingtaine de "lle esclaves ay’ils vendent en Perse et dans l’empire ottoman.
pratiques juives et superstitieuss. Il f a des missions chré. tiennes établies au Congo, au Cap, à ls Mozambique, en Abyssinie et dans quelques autres endro's fréquentés par les Européens. Les catholiques se trouvent priurinalement dans les possessinpe françaises, espagnoles et portugaises. Le protestantisme règne dans les colonies anglaises et dans les républiques de Libéria, de la rivière Orange ct de Transvual. 11 y a beaucoup de juifs dans la Birbarie, en Égypte ct en Abyssinie.
La croyance à la magie et à la sorcellerie est générale en Afrique, aiasi que la circoncision, prescrite par la loi de Mahomet, et pratiquée comme usage purement civil par les nègres fétichistes.
La religion chrétienne, dès ses commencements, fut plantée dans toute l'Afrique septentrionale, où elle fut arrosée du sang d'une multitude infinie de martyrs ; elle continua d'y fleurir jusqu’au temps do l'invasion des Vandales en 427. Les peuples qui habitent aujourd’hui ces mêmes contrées, sont les ennemis les plus acharnés du nom de J.-C.
709. Gouvernement : Presque tous les souverains de cette partie du monde sont des despotes cruels, qui disposent selon leurs caprices de la vie et de la liberté de leurs sujets. Le Koran est la base de toutes les lois civiles chez les maliomé-
tans ; les uègres, qui ne connaissent point l'écriture, n’ont d’autre règle de justice pour terminer leurs différends que l'usage attesté par les plus anciens d’entre eux,
710. Mœurs, etc. : Le caractère général (a) du nègre est l’indolence, l’insouciance, la légèreté, et un penchant furieux vers tous les excès sensuels, Vingt jours de travail par an lui suffisent pour assurer sa récolte. Il mange de tout, la chair de l'éléphant, même lorsqu'elle est remplie de vermine, les œufs de crocodile, les singes, les chiens morts, les poissons gâtés, les serpents, les sauterelles, etc. Le soin de s'habiller le tourmente peu, le coton vient sans culturo à ses pieds; ses femmes en tirent la petite quantité d’étoffes nécossaires à la famille, et les teignent dans le suc de l’indigo, production également indigène. Sa cabane ne lui coûte guère plus d2 soin; quelques troncs d'arbres à peine dégrossis, ou quelques pieux revêtus de boue, quelques branches dépouillées de leur éeorce, un peu de paille ou quelques feuilles de palmier, voilà ses matériaux ;, les arranger en forme de quille (b), voilà son art. Il fabrique des poteries, des pipes à fumer, des ustensiles en bois, des ouvrages en fer et en or. Fumer
(a) Il y a des peuplades fort industrieuses, ot plusieurs qui se livrent entièrement au coinmerce.
(b) Le corps de l'édifice est de forme ciroulaire ; le toit est en cône.
ambique, en rquentés par Uaihalement ugaises, Lo 5 et dans les t de Trans-
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ÉGYP TB. 285
danser, voilà les éternels amusements des nègres. Leurs instruments de musique sont une rauque trompette d'ivoire, des tambours, des fifres, des espèces de guitares et de lyres,etc. ; leur harmonie vocale ne le eède en rien à l’instrumentale.
Il y a beaucoup de nations qui se rendent les dents pointues en les limant. La plupart se font des incisions sur la peau du visage, du dos, du ventre, ou même sur tout le corps. Quelques tribus vers Sierra-Léone savent produire dans la peau des enflures qui imitent les bas-reliefs. L'usage de s’enduire de quelque matière grasse qui adhère fortement à la peau, est assez commun.
À l'enterrement des princes, les nègres purement fôtichistes immolent des victimes humaines : le sang de es infortunés coule dans la tombe royale. Il “st probable que ces mêmes sacrifices ont lieu dans toutes les calari..s pressantes.
Les peuples d’origine européenne et asiatique, partagent le carac tère et les mœurs de leurs ancûtres.
Après les détails où l'on vient d'entrer, il suffira de parcourir trèsrapidement les diverses contrées de l'Afrique : excepté cependant l'Égypte et la Barbarie, qui méritent une description plus étendue.
711. Bornes : Au nord, la Méditerranée ; à l’est, le canal de Suez et la mer Rouge ; au sud, la Nubie ; à l’ouest, les déserts de Barca et de Lybie. Cctte contrée se divise en trois régions, la Haute-Égypte, nommé Suïd ; la Moyenne ou Ouestanich et la Basse ou Bahary; celle-ci comprend tout le Delta du Nil (voyez le No. 698). Sa superficio cst d'environ 175,000 milles carrés. (b)
L'Égypte, ce berceau des arts et des sciences, qui sous les Pha. raons fut uno puissante monarchie, est depuis 23 siècles soumise à une domination étrangère. Elle fut subjuguée par Cambyse, roi des Perses (No. 667), et par Alexandre-le-Grand À la mort de celui-ci, elle échut à Ptolémée, l'un de ses généraux, dont les descendants
régnèrent jusqu’au temps d’Auguste, Conquise par les Arabes (636 de J.-C.), elle obéit aux califes jus-
(a) C'était au moment de l'ivresse que i’infortuné nègre était souvent chargé de chaînes et transporté à bord de quelque vaissoau européen. b) Ces limites et cette étendue ne conviennent qu’à l’Égypto proprement ite. Eny comprenant les contrées récemment conquises, et qui sont la Nubie, Darfour et la vs llée du Nil Blanc, l'étendue du royaume d'Egypte est d’environ 1,100,000 ruille carrés.
286 ÉGyYPs a.
que vers l'an 887. Les Turcomans, s’emparèreut ensuite de l'autorité et l’exercèrent sous plusieurs dynasties, jusqu’en 1250. À cette 6po. que, les Mamelouks, milico qui se recrutait d’eselaves, et qu'avaient établie les Turcomans, massacrèrent leurs maîtres. Ces esclaves. soldats dominèrent en Égypte jusqu'au moment où les Français en firent la conquête en 1798, Les Tures, aidés des Anglais, chassdrent les Francais, et cette contrée devint lo théâtre do eombats sanglants entre les paehas du Grand-Seigneur et les Mamelouks. (Ceux-ci furent enfin massacrés en 1811, par le célèbre Méhémot-Ali, qui, n'ayant que le titre de pacha, ne laissa pas do jouer le rôle d’un souverain indépendant, Co prince avait joint par conquête à son gouvernement toute la région supérieure du Nil, la Mecque, Médine et l’'Yémen en Arabie, la Syrie, Chypre et Candio; l'intervention des paissances européennes et les armes anglaises le contraignirent (1840-1841) de 80 renfermér dans ses états d'Afrique (No. 686). L'Égypte, depuis Méhémet-Ali, est entrée dans la voie des réformes et de la civilisation.
712. Climat, etc.: Climat chaud et peu salubre ; peste, ophthalmie, vent de simoun. Sol riche en productions de toutes sortes dans la vallée du Nil, c’est-à-dire,dans la partio arrosée par ce beau fleuve, ou par les canaux sans nombro qu'il remplit ; blé, riz, millet, orge, coton, indigo, sucre, huile, dattes, oranges, plantes médicinales, eto. Beaucoup de bétail, de brebis à grosse queue, ct de chameaux. Crocodiles, hippopotames, hyènes, autruches, ibis, ete. Cire, salpêtre, sel ammoniac, natron, marbre, porphyre, ete. Le commerec se fait principalement par des caravanes qui vont en Barbarie, en Syrie, en Arabie, en Nigritie, etc. ; elles y portent les productions du pays, et des toiles, qu’elles échangent pour de l'or, de l’ivoire, des épices, eto.
713. Capitale : Le Caire, près du Nil et de l’emplacement de l’ancienne Memphis. C’est la ville la plus peuplée de l'Afrique et une des plus commergantes. Rues étroites, maisons mal bâties en mauvaises briques comme le sont généralement toutes celles de l'Egypte. Le palais du pacha ou citadelle est le principal édifice de la ville. Grand nombre de mosquées, de bains, de canaux, de citernes, et de marchés publics. Cimetières remarquables. Puits fameux, nommé puils de Joseph, creusé dans le roc à la profondeur de 270 pieds, ou selon d’autres de 360, c’est un ouvrage du grand Saladin. Population, 368.000 habitants, Arabes, Turcs, Coptes, Fellahs, Juifs et Européens.
Le Caire possède la plus belle et la plus riche collection d’antiquités Égyptiennes. Cette ville est un centre commercial d’une haute
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ot qu'avaient Les esclaves.
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6 ; peste, Ctions do la partio nombro 0, Sucrc, eaucoup X. Cro- . Cire, to. Lo ui vont elles qu’elles
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ÉayPTa, 287
importance ; elle est le rondes-vous des ouravanes de la Turquie d'Asie, de l'Arabie, de la Barbarie, du Sénégal et du Soudan.
De l'autre côté du Nil sont les trois pyramides qui, par leur grundeur et leur célébrité, surpassent toutes celles dent l'Égypte est parsemée. La principale, quo les musulmans avaient vainement essayé d’abattre, a encore 474 pieds d’élévation ; le côté do sa bage est de 716 pieds. Monuments éternels de l’orgueil et de la tyrannie des rois égyptiens, qui les destinaient à leur servir de mausolées, ces pyra mides subsistent, quoique les noms de ceux qui les firent construire solent effacés à jamais du souvenir des hommes, On voit auprès d'elles la grande tête du Sphinx, taillée, suivant les apparences, à même un énorme rocher,
À trois lieues plus loin, en remontant le fleuve, est le bourg de Sakkarah, dont les habitants font le commerce des momies ou corps embaumés d'hommes et d'animaux sacrés, qu’on tire des caveaux taillés dans les rochers voisins. 11 y en a de parfaitement bien conservés qui n’ont pas moins de 3,000 ana
À l'ouest du Caire, dans le désert, est une vallée remplie-de lacs de natron, d’où l’on tire aussi beaucoup de sel commun.
714. Villes principales : Alexandrie, sur un isthme étroit entre la Méditerranteet lu lac Maréotis, réunie à Suez par un chemin de fer, et au Nil par le canal Mamoudieb, fondée par Alexandre-le-Grand ; capitale de l'Égypte sous les Ptolémées et les Romaius, on y voit encore benucoup de colonnes, d'obélisques, et d’autres restes de son ancienne magnificence. C’est dans cette ville que se trouvait la plus riche bibliothèque de l'antiquité, contenant 700,000 rouleaux ou volames, qui furent brulés par l’ordre du calife Urpar. À l'entrée du plus oriental des deux ports d'Alexandrie, est le fameux phare bâti dans l'île, ou mieux, la presqu'ile de ce nom, et qui a passé pour l’une des sept merveilles du monde. Population, 208,000 habitants,
À 4 lieues au rord-est d'Alexandrie sont la forteresse et la baie d'Aboukir, célètres par trois grandes victoires remportées, la première sur les Français par l'amiral Nelson, en 1798; la deuxième eur les Turcs par Napoléon, en 1799 ; la troisième ou la ba/aille du Nil eur la faite française par celle des Anglais, encore commandée par le mème lord Nelson, en 1801.
Buez, où finit le canal de co nom, sur la mer Rouge, ville de 11,000 habitants, grand entrepôt de commerce de l'Egypte avec la aer Rouge, l’une des principales étapes de la grande route de transit entre l’Europe et l'extrême Orient. Ismailia, ville nouvelle, au centre de l’isthme de Suez, sur le lac Timsah. Port-Saïd, ville maritime, nouvellement fondée sur la Méditerranée, à l'entrée du canal de Suez Population, 16,000 habitants.
Damiette, située entre le Nil et le lac Menzaleh, dans la partie la plus fertile de l'Égypte, à deux lieues de l’ancienne Damiette que prit St. Louis et qu'il rendit aux Turcs pour 8a propre rançon, grand commerce de riz et d'autres denrées. Population, 34,000 h. Rosette, à l'embouchure de la principale branche occidentale
du Nil, ombragée de dattiers, de bacaniers et de figuicrs d'Inde ; exporte du riz, de l’huile, du coton, des toiles, etc.
Siout, l'une des plus grandes villes du Saïd, d’où partent les caravanes pour la Nubie et pour l’intérieur de l'Afrique, ses environs produisent le meilleur opium.
Au-dessous de Siout commencent les grottes de la Thébaïde, qui s'étendent à vingt lieues en remontant le fleuve. Elles furent habitées par les anachorètes, dans les premiers siècles du christianisme. Il paraît qu'elles avaient été creusées très-anciennement par les Égyptients, qui en ont tiré leur marbre.
Les ruines de l’ancienue Thèbes et les tombeaux de ses rois, à 60 lieucs au sud-est de Siout, étonnent encore le voyageur.
Au milieu du désert de l'Égypte occidentale sont la Grande et la Petite-Oasis ; la Grande est formée de plusieurs terrains fertiles, arrosés par des ruisseaux et séparés les uns des autres par des plaines de sable; c’est un licu de rafraîchissement pour les caravanes ; il y a quelques villes et des ruines d'architecture romaine. La Petits produit les meilleures dattes de l'Égypte ; elle est le chef-lieu de plugieurs tribus arabes.
715. Canal de Suez. Ce canal ouvert à la navigation le 17 novembre 1869, réunit directement la mer Rouge à la Méditerranée. en coupant l’isthme de Suez, et abrège ainsi de ? à 3 mille lieucs la route maritime qui relie l'Europe à l'extrême Orient (a). Il est sans écluses, parce que le niveau des deux mers est à peu près le même. Il part de Port-Saïd, sur la Méditerranée, traverse le lac Menzalebh, le lac T'imsab, où a surgi la nouvelle ville d’Ismaïlia, puis franchit les lacs Amers et aboutit à Suez, sur la mer Rouge. Il déroule entre Pert-Saïd ct Suez, au milieu de poteaux d’amarrages et de fils télégraphiques, un fleuve de 100 milles (150 kil}. de long, de 328 pieds (110 verges) de large, et d’une profondeur moyenne de 26 pieds (9 verges). À côté de ceite grande artère s'étend, entre Suez ct Zagazig, un canal d’eau douce dérivé du Nil; ce canal arrose et fertilise non-seulement la vallée de l'Ouady, qu’il transforme et vivifio, mais encore les rives du canal maritime, sur lesquelles on verra s'établir une nombreuse population, comme il arrive déjà à Port. Saïd, à Lsmaïlia et à Suez.
(a) La communication des ports d'Angleterre avec l’Inde Orientale ge trouve raccourcie de 49 p. 100; les ports de Franco sont rapprochés de l’Inde de 60, 61, 52 p. 100; ceux d’Italie, d'Autriche, de Turquie et de Russie, de 53 à 60 p. 100. Cette statistique nous donne probahlement le secret motif qui souleva, en Angleterre, des oppositions formidables au percoment de l’isthme, et fit du gouvernement britannique l’aniagoniste üflexible de cette entreprise bienfaisante.
(ent les cara.
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hébaïde, qui rent habitées lanisme. |] Dar leg Égyp-
es rois, à 60
:Tande et la RINS fertiles, ar des plai.
Caravanes :
- La Petite lieu de plu.
avigation ouge à la êge ainsi Europe à le niveau ort-Saïd, Timsah, t les lacs ile entre et de fils le lon fondeur > grande u douce ment la encore “établir Port.
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Ces gigantesques travaux, les plus utiles et les plus étonnants peut-être de notre siècle, sont l'œuvre d'une compagnie puissante, à la tête le laquelle est l'illustre français M. de Lesseps. Commencés le 25 Avril 1869, et poursuivis sans relâche malgré les difficultés loçales et les chicanes diplomatiques, ils ont été heureusement terminés au mois de novembre 1869 (a). Des fites splendides ont célé. bré l’achèvement du canal maritime, qui, suivant l'expression oriens tale, ‘ a marié les flots de la mer des perles À ceux de la mer des coraux.”
En 1882, 3,198 vaisseaux sont passés par le canal de Suez ; leur tonnage était de 7,122,125 dont &,795,584 appartenant à l'Angleterre. Les recettes, qui ont toujours suivi une progression croissante, ont atteint, cette même année, £2,536,313. Les profits nets de 1882 ont tté de £1,266 972, et le dividende payé aux actionnaires, déduction faite de 6 pour 100 au fonds de réserve, a été de 16.24 pour cent.
716. Population et religion: La population, d'environ 5,577,627 habitants, se compose de Coptes et de Fellahs (b), descendants des anciens Egyptiens, d'Arabes, de Tures, de Mamelouks, de Grecs, do Juifs, ete. Les Coptes sont de l'église grecque ; la plupart des autres sont musulmans (c).
Les Égyptiens excellent dans l’art de nager ; à la fête de l'ouverture des canaux, au temps de l’inondation annuelle, des nageurs descendent la rivière couchés sur le dos, une tasse de caft dans une main, une pipe dans l’autre, les pieds liés par une chaîne de fer. Ils savent encore très-bien dresser les animaux ; on voit des chèvres sellées qui portent sur leur dos des singes, et des ânes aussi dociles que le meilleur cheval anglais. La poste aux pigeons a étô commune en Égypte; le gouverneur de Damiette correspondait autrefois avec le pacha du Caire par le moyen de ees messagers aîlés. Des hommes, qu'on appelle enchanteurs, manient et gouvernent les serpents les plus venimeux ; ils laissent les vipères s’entortiller autour de leur corps, ils les gardent dans les plis de leurs chemises, ils les font entrer dans des bouteilles et en sortir : quelquefois ils les déchirent avec les dents et en avalent la chair.
Les Égyptiens nourrissent une grande quantité d’abeilles, et les font voyager sur le Nil pour les faire jouir des différentes productions de la Haute et de la Basse-Égypte. Les abeilles se répandent sur les deux rivages, et retournent exactement le soir à leur bateau.
(a) Pour creuser le canal de Sues, on a dû enlever 75 millions de mètres cubes. Les frais d'opération so sont élevés à 450 millions de francs ou $90,000,000.
a Une partie des Fellahs se compose d’Araber sédentaires et cultivaurs.
çe) En comprenant les pays soumis à l'Égypte (No. 711, note (b} La population est d’anviron 17,000,000 d'habitants.
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