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226. Le Pérou est borné au nord par la république de l'Équateur ; à l'est et au sud, par le Brésil et la Bolivio; à l'ouest, par le Grand-Océan. Son étendue est d'environ 503.000 milles carrés.
227. Montagnes, Rivières, etc. : Les Andes, qui traver. sent le Pérou du sud au nord, forment deux chaînes prineipales, éloignées l’une de l’autre de 30 à 60 lieues. Celle de l'est, qui cst beaucoup plus haute, s'appelle la Grande Cordillère ; celle de l’ouest est la Cordillère de la Côle. Entre la dernière et le Grand-Océan est le pays de Valles, ou la Costa, composé de déserts arides et sablonneux, dépourvus de végétation et d'habitants, si l’on excepte les bords des torrents qui descendent des montagnes. La partie du Pérou comprise entre les deux Cordillères est une suite de plateaux élevés de 8 à 10 mille pieds au-dessus du niveau de la mer. À l’est des Andes sont des plaines im-
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menses, Cntrecoupées de forêts, et arrosées par quelquesunes des branches tributaires du Maranon. Le Pérou est sujet aux tremblements de terre. Ses montagnes sont remplies de volcans qui brûlent au dedans, tandis qu’elles sont couvertes au dehors de neiges et de glaces éternelles. Le lac Titicaca, sur la frontière du sud-est, est le plus corsidérable de l'Amérique méridionale (Voir le No. 237).
228. Divisions: Le Pérou se divise en 21 dévartements et 2 provinces littorales,
229. Le climat, le sol et les productions sont à peu près les mêmes que dans la Colombie,
Sur la côte du Pérou on voit quelquefois des éclairs, mais on Do# T
n'entend jamuis le tonnerre, les pluies y sont très rares. Seulemen l'hiver, ou depuis le mois de juillet jusqu'au mois de novembre, la terre durant le jour est couverte d’une espèce de brouillard qui, le soir, 8e résout en une forte rosée. Ailleurs, l’année se partage entre la saison des pluies et celle de la sécheresse.
Parmi les quadrupèdes indigènes, on remarque le lama, la vigogue et l’alpaca ; parmi les oiseaux, le condor, espèce de vautour, qui a 3 ou 4 pieds de haut, et 14 pieds d'envergure, on dit qu'il enlève des veaux, des brebis, etc.
Dans fs phines de Fe Na trouve d'énormes serpents, d’innombrables insectes, etc.*+ *
230. Mines : Les mines du Pérou ont toujours été célèbres, depuis la découverte du Nouveau-Monde. Il y en a un très-grand nombre d’or ct d’argent, sans compter celles de mercure, de cuivre, de plomb, d’émeraudes, etc. La plupart sont situées dans la région des neiges perpétuelles, ce qui fait qu'on les exploite avec moins d'avantage que celles du Mexique.
231. Commerce : Or, argent, cuivre, étain, vin, eau-devie, coton, sucre, piment, quinquina, sel, nitre, guano, (a) laine de vigogne, etc.
Le commerce extérieur du Pérou s'élève en moyenne à 555,000, 900, dont $23,000,000 à l'importation. La vente du guano qui avant 1879 fouruissait annuellement environ $16,000,000, a considérablement diminuée depuis que le Chili s’est emparé des îles Lobos et autres sources de production.
232. Capitale : Lima, sur la rivière Rimav, à deux lieues de la mer. Depuis trois siècles, cette ville a été le grand dépôt de richesses métalliques de l'Amérique méridionale. Elle a été plusieurs fois détruite par des tremblements de
(a) Le.guano est un engrais puissant, formé d’excréments de guunaes, ou oiseaux de mer, amoncelés depuis des siècles. Les couches du guano sont quelquefois de 100 à 150 pieds d'épaisseur. Le Pérou en possède les plus riches dépôts qui soient au monde, et en exporte de grandes quantités en Europe. Le gnuvernement péruvien s’en est réservé le mobopole.
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terre. Elle est reliée À Callao par un chemin de fer. Elle possède un archevêché, des églises remarquables par leurs immenses ricuesses, une université, plusieurs colléges ei couvents, une bibliothèque nationaie, ete. Sa population est de 101,000 âmes. Villes principales: (UZ200, ancienne capitale des Incas ; Truxillo, bâtie par Pizarre ; Callao, ville maritime, très-fortifiée, etc.
233. Population et Religion : La population est d’environ 3,000,000 d'habitants, dont 250,000 blancs, descendants d'Espagnols ; les autres sont Indiens, Cholos, nègres, métis. La religion est le catholicisme.
234. Gouvernement : Le Pérou, avant qu'il fut conquis par les Espagnols sous la conduito,de Pizarre (a), formait
(a) L'Amérique méridionale avait son empire, aussi bien que l’Amérique soptentricnale ; c'était le Pérou, dont les souverains, plus magnifiques et plus grands que les empereurs du Mexique, commandaient à des peuples encore plus riches et plus civilisés que les Mexicains. Ces deux grands états, séparés par des tribus sauvages et inconquises, ne se connaissaient pas, et tandis que lo général Fernand Cortès conquérait avec tant d'éclat celui du nord, de simples particuliers travaillaient obscurément à déeouvrir celuidu midi. François Pizarre, Diégo Almagro et le prêtre Fernand Lucques, s’unirent tous les trois à Panama pour cette entreprise. Leurs efforts furent cinq ans malheureux. Enfin, à force d’une constance admixabie et vraiment héroïque, Pizarre vint à bout de prendre pied dans le pays en 1551, et ilne balança pas à s’y enfoncer, suivi seulement de 260 fantassins, 60 cavaliers, et quelques pièces d'artillerie. Des circonstances très-heureuses combattaient pour lui ; une guerre civile désolait le Pérou depuis quelque temps; deux frères se disputaient le trône, et se battaient pour l'obtenir. Pizarre marcha droit à Ataliba, qui était le vainqueur et qui 80 trouvait campé assez près de la côte, à Caxamalca, avec une nombreuse armée. Les Péruviens plus doux encore, moins bien armés que Les
exicains, furent aussi étonnés qu'eux des chevaux et des armes à feu, dont ils n'avaient pas la moindre connaissance : ils furent aussitôt vaincus qu'’attaqués. En vain une multitude généreuse se dévoua à la mort pour sauver son monarque ; l’Incas fut fait prisonnier par les mains mêmes de Pizarre, qui l’attaqua traîteusement dans une conférence, suivant les uns, ou lo défit inyalement, suivant d’autres. Quoiqu'il en soit, Ataliba captif offrit pour sa rançon autant d’or qu’il en pourrait tenir dans une vaste salle où ül 59 trouvait. st à la hauteur de sa main, qu’il éleva de toute la longueur de son br: au-dessus de sa tête. Non content de ces immenses monceaux d’or que l’imagination a peine à concevoir, et qui procurèrent près de 60.000 livres à chaque soldat, ces féroces, ces avides, ces abominables brigands, ne furent satisfaits qu’après avoir trempé leurs mains dans le sang de cet innocent et malheureux monarque ; par la plus outrageante et la plus indigne des barbaries, ils le firent expirer sous les coups du bourreau. Avec lui périt la dynastie bienfaisante des Incas et l’âge d’or des Péruviens. Ce florissant empire s’écroula de tous côtés : et les tigres s’entre-déchirèrent sur ses débris. Ce dut être du moins une consolation pour les malheureux Péruviens de se voir vengés de leurs tyrans par leur propre race. En effet, Almagro ayant pris les armes contre Pizarro, fut vaincu et décapité. Les partisans d’Almagro dans leur fureur assassinè rent Pizarre,et se donnèrent pour chef le fils de ce même Almagro, qui à peu de temps de là, fut défait par un gouverneur venu d’Espagno, qui lui fit trancher la tête. Cependant un autre Pizarre, frère du premier, continue H guerre civile ; il bat un vice-roi et le tue ; il est lui-même défait, pris et pendu. Enfin, ce n’est qu’après dix-sept ans do pareïs troubles, en 1548, que ce malheureux pays obtint une espèce de repos, après la mort violente de presque tous ceux qui l’avaient découvert ou eonquis.
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