Bornes : au nord, mer Glaciale ; à l'est, le détroit
de Behring et le Grand océan qu’on nomme ici l'Océan- Oriental ; au sud. i: dre Chinois et la Turkestan ou Tartarie-Indépendante ; à l’ouest, la mer Caspienne, le fleuve et les mouis Ourals @).
Cette vaste région, qui comprend plus d’un quart de l'Asie, était presque aussi peu connue des anciens, que l'Amérique. En 1242,
Transcaucasie ou pays Caucasiens (No. 6
(b) Par les traités de 1858 et de 0 tout le pays situé à la gauche du fleuve Amour à été abandonné à la Russie, ainsi qu’une bande maritime considérable, à l’est et au sud de l'Amour. Ces parties détachées de la Mandchourie chngise ont formé les deux provinces russes de lAmour ot du Zaittoral (No. 56
(a) La Russie d’Asie comprend deux parie principales : la Sibérie et la
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des Tatares ou Tartares fondèrent, aux bords de l’Obi et de lY’Irytch, un Xhanat ou royaume, qui prit le nom de Sibér. Dans le 16e siècle, les Russes, attirés par les riches fourrures qu’il produisait, en firent la conquête, et étendirent successivement leur domination jusqu’à l'extrémité orientale de l'Asie ; mais le Kamtckatka ne fut soumis qu'en 1711.
564. Divisions : La Sibérie et ses annexes se divisent en douze provinces ou territoires, dont voici les noms : Tobolsk, Tomsk, Ténisséisk, Irkoutsk, Transbaïkalie, Yakoutsk, province de l'Amour, province du Littoral, territoire des Kirghiz d'Orenbourg, territoire des Kirghiz de Sibérie, province de Sémipalatinsk, Turkestan russe.
Le pays des Kirghiz s'étend de la mer Caspienne à l'empire Chinois. Il ne se compose guère que de steppes généralement stériles, parsemés de lacs salés, et arrosés par l’Ilek, le Djem, l’Ischim supérieur, l’Irghiz, le Sir-Déria, le Sari-Sou et le Tchou. Les Kirghiz sont nomades et pasteurs ; ils se divisent en 3 hordes: la Petite- Horde, la Moyenne-Horde et la Grande-Horde ou Horde-d’or. Le territoire des Kirghiz d’Orenbourg comprend la Petite-Horde et et l’'Oust-Ourt, haute plaine stérile entre la mer d’Aral et la Caspienne ; le territoire des Kirghiz de la Sibérie renferme la Moyenne- * Horde; la province de Sémipalatinsk comprend la Horde-d'or. Le Turkestan russe est formé de la partie septentrionale du Khanat de Khokand, annexée à la Russie en 1364 ; c'est un pays beau et fertile, où le fer et la houiïlle abondent,.
565. Climat, productions, &c.: Séparée par de hautes montagnes de tous les pays tempérés, et s’inclinant dans toute sa largeur vers la mer Glaciale, la Sibérie présente la région la plus froide de la terre. Les parties du midi et de l'ouest sont assez fertiles en orge, en sarrasin, en lin et en légumes ; quelquefois, mais difficilement, le blé parvient à sa maturité. Ailleurs, ce sont de vastes plaines ou Steppes, tantôt sablonneuses, tantôt couvertes de pâturages abondants et élevés ou de forêts de bouleaux, partout sillonnées par des fleuves ou des rivières, et entrecoupées de lacs la plupart salés. En approchant de la mer Glaciale, ce ne sont plus que des marécages, où le sol est une boue presque toujours gelée sur laquelle croissent quelques plantes languissantes ou des tapis de mousse. Les trois-cinquièmes au moins de la Sibérie sont impropres à toute espèce de culture. L’hiver dure 9 ou 10 mois; les chaleurs de l’été sont très-fortes et très-subites. Près de la mer Glaciale, les végétaux ne vivent que peu de jours, pendant lesquels ils fleurissent et forment
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graine. La neige couvre souvent les moissons avant qu'on ait pu les récolter.
Les arbres sont le bouleau, le saule, l’orme, l'érable, le peuplier, &c., surtout le sapin, qui remplit des forêts immenses : l'espèce qu'on nomme cèdre de Sibérie s'élève à 120 pieds et vit 150 à 200 ans. Ici comme dans les autres pays très-froids, les arbrisseux à baies, framboisiers, mûriers, groscillers, cerisiers à grappes, &c., abondent dans les bois et les plaines. Leurs fruits procurent aux Sibériens diverses liqueurs agréables.
Les animaux domestiques sont le renne, le chien, qui sert de bête de trait, le cheval, ordinairement blanc, le bœuf, le mouton à larg® queue, la chèvre, le porc, &c.; le chameau n’y vit que dans la province de Nerschinsk. Les animaux sauvages sont, à peu près, tous ceux de l’Europe, auxquels on peut ajouter le cheval et l'âne sauvages, le dijggetaï, ou l’hémione, espèce intermédiaire entre le cheval et l’âne, qu'on dit être l’animal le plus léger à la course, l’argali ou brebis sauvage, &c. Le plus redoutable de tous est l'ours blanc ; le chasseur l'attaque pourtant, une lance à la main, et l'animal stupide, assis sur ses pattes de derrière, laisse approcher le fer meurtrier.
566. Fourrures : Après les mines, dont on va parler, la principale richesse de la Sibérie sont ses magnifiques fourrures, entre autres, ses peaux de zibeline, d’hermine, de de glouton, de martre, de renard noir et de renard
lance.
567. Mines: La Sibérie est appelée le Pérou des Russes. Les mines d'or de Bérézof, à l’est des monts Ourals (a), celles d'argent de Kolywan vers les sources de l’Obi, et de Nerschinsk, dans la Daourie russe ou Transbaïkalie, ont produit des sommes immenses ; mais elles ne sont plus à comparer aujourd'hui avec les riches dépôts métalliques de Schlangenberg dans le Petit Altaï, d’ou l’on tire en abondance l'or, l'argent, le cuivre, le zinc, le plomb, le plombagine, l’arsenic, le soufre, ete. Les mines de fer sont trèscommunes dans toute sette région, particulièrement dans la chaîne ouralienne, qui fournit aussi beaucoup de cuivre et de platine (No. 358).
(a) “ Les alluvions aurifères des monts Ourals et de l’Altaï renferment les débris de l’ancienne faune de la Sibérie, aujourd’hui et depuis longtemps détruite, et composée de mammouths, de rhinocéros-tichorinus, d’élasmotherium, de bos primigenius, de bos urus, de bos priscus, de cerfs et d’élans. On trouve duns ces alluvions et aussi dans les toundras, nonseulement dos ossements et des défenses, mais encore des cadavres d’éléphants et de rhinocéros, ensevelis dans la vase par un cataclysme subit, etsi bien conservés par la gelée, que les ours et les chiens des Tongouses mangent leurs chairs. C’est de cette race perdne d’éléphants ou de mammouths que provient l’ivoire fossile, si abondant dans la Nouvelle- Sibérie et dans les toundras. ” (Dussieux, Géographie Générale).
SIBÉRIE
On a découvert près d'Atakansk, lieu le plus chaud de la Sibérie, (a) &
vers les sources de l’Ienissei, une masse de fer natif du poids de sont
.1,680 livres, qui selon les Tartares, est tombée du ciel. Dans les
monts Ourals on trouve de l’asbeste (ou amiante), matière minérale Les : dont on fait des toiles, des bonnets, des bourses, du papier incombus- aux
MED tibles. Ily a une grande variété de pierres précieuses, topazes, dimi
béryls, onyx, calcédoines, lapis lazuli, &c.; et quantité de sources, petite chaudes, particulièrement au Kamtchatka. ont le . . 0 0 . Jeux,
568. Le commerce de la Sibérie se fait principalement pour par des marchands voyageurs qui s’y rendent de la Chine, mu ;
du Thibet, de la Tartarie et de l'Europe. 11 consiste à
Ê , ù sont échanger le produit des manufactures européennes et chi- des p noises, l’eau-de-vic, le thé, le tabac, le coton, la soie, la rhu- * paress barbe, &e., pour des fourrures, des peaux, des étoffes, des 571
bestiaux, des métaux, de la verrerie, &c. Les mines s’ex- 3,100 ploitent au profit du gouvernement, qui retire encore un | bourg
tribut pour toutes les pelleteries exportées, Dune
1569. Villes: Tobolsk, au confluent du Tobol et de Elle d l'Irtyche, est la capitale de toute la Siberie—résidence du us gouverneur général et d’un archevêque—habitée en grande pa” partie par des descendants d’exilés, surtout des officiers sué- intime
. dois faits prisonniers par Pierre-le-Grand à la bataille de Dep Pultawa—principal entrepôt de commerce entre la Russie, Tinme:
la Chine et la Tartarie.
Les Tartares y apportent de belles peaux d'agneaux frisées, des étoffes de coton, des soieries indiennes, des pierres précieuses, &c. Il y Il a plusieurs églises, un couvent grec, une école de haute-grammaire, &c. Les rues sont planchéiées en poutres.—Population, 25,000.
Les autres villes sont, Irkoutsk, sur l'Angara, première ville de commerce ; Tomsk, sur le Tom, qui se jette dans l’Obi, demeure ou
rendez-vous d'un grand nombre de marchands russes, tartares, buka- 572. riens et kalmouks ; Nerschinsk, ville frontière, avec fort dn côté de des ren l'empire Chinois, célèbre par ses mines, auxquelles travaillent 1,000 entiers à 2,000 exilés ; Kiachta, sur la même frontière, formée de deux villes, blanc q l'une russe, l’autre chinoise—très-commerçante ; Iakoutsk, sur la Îles Lena—vend beaucoup de zibelines; Ochotsk, port sur la mer elles a d'Ochotsk, centre du commerce des fourrures entre Irkoutsh et le ces bou Hamtchatka, &c. \ —benu
570. Population : Environ 4,100,000, composé de Sibé- nie riakés ou descendant d’Europééns, de Russes, de T'artares, 1 de Kirghiz, de Tungouses, d'Ostiaks, de Wogoules, de (a) Le Cosaques, de Mongols, de Kalmouks, de Samoiïèdes, de les ruse Kamtchadales, &e. Les Sibériakes, les Russes et les exilés Sibérie,
la Sibérie, | poids de
Dans les e minérale incombus- 3, topazes, de sources.
ipalement la Chine, consiste à es et chiie, la rhuoffes, des ines s’exncore un
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6 de Sibé- Tartares, oules, de ièdes, de les exilés
(a) sont chrétiens; les Tartares sont musulmans ; les autres gont fétichistes, chamanistes, bouddhistes, etc.
Les Samoièdes, par leur taille et leur genre de vie, ressemblent aux Lapons (Nos. 336 et suiv.). Les Kamtchadales, dont le nombre diminue rapidement par les ravages des boissons enivrantes, de la petite vérole et du scorbut, sont aussi d’une taille très-courte; ils ont les épaules fortes, la tête grosse, le visage long et plat, de petits yeux, les lèvres minces, et peu de cheveux. Ils se serveut de chiens pour trainer leurs légers chariots. Dans la partie septentrionale de la presqu'île, leurs cabanes sont creusées sous terre ; les hommes se font un point d'honneur d’y entrer par la cheminée. Les Tartares sont propres et tempérants ; mais la plupart des autres tribus nomades de la Sibérie se laissent dominer par l’ivrognerie, et sont d'une :
* paresse et d’une malpropreté extrêmes.
571. Télégraphe Sibérien : Une ligne télégraphique, d'environ 8,700 milles, traverse la Sibérie, et unit actuellement Saint-Pétersbourg à Kiachta (dans la Transbaïkalie), en passant par Moscou, Nijni-Novgorod, Kasan, Perm, Iékatérinbourg, qui la jette en Sibérie, Tioumen, Omsk, Kolyvan, Tomsk, Krasnoïarsk, et Irkoutsk.. Elle doit aboutir à Pékin et à Shang-Haï, et à Nicolaïef, sur la Manche de Terrakaï ou de Tartarie. Une compagnie russe-américaine doit la poursuivre jusqu'au détroit de Behring, et la relier aux Etats-Unis, par un câble sous-marin, complétant ainsi l’union intime des réseaux télégraphiques épanouis sur les deux mondes.
Depuis 1863, un chemin de fer a été établi en Sibérie, allant de Tinmen à Nicolaéwik.