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EMPIRE CHINOIS
subdivisées en départements (/ouw), en arrondissements (tcheou) et en cantons (hien). En voici les nom: :
Provinces maritimes : Pe-tchi-li, Chan-toung, Kiang-son, Tche- Kiang, Fo-Kien, Kouang-toung, Kouang-si.
Provinces intérieures : Chan-si, Kan-sou, Ngan-hoeï, Ho-nan, Hou-,
. pe, Sse-tchouan, Kiang-si, Hou-nan, Koueï-tcheou, Youn-nan.
Quelques ennemis de la religion chrétienne, au dernier siècle, ont cru donner un démenti à nos livres saints en publiant, d’après de prétendues annales chinoises, que cet empire remontait à 10 ou 20 mille ans. Aujourd’hui que les monuments de son histoire ont été
- discutés avec soin, il est reconnu qu’elle ne date que de 7 à 8 cents
ans avant J. C. On ne doute point cependant que cette monarchie ne soit la plus ancienne de toutes celles qui existent ; elle fut fondée par Iao, descendant de Fohi (Noé), vers le temps de Josué ou peu: être aussitôt après la dispersion des peuples. A l’époque où florissait le célèbre philosophe chinois Confucius (551 avant J. C.), toute la Chine, au midi du fleuve Bleu, était encore déserte; même au 13e siècle de l'ère actuelle, les habitants de la Chine méridionale mangeaient la chair humaine, buvaient le sang des prisonniers de guerre, et se tatouaient, c'est-à-dire, se faisaient des marques ou figures sur la peau avec un fer chaud, à la manière des nations les plus sauvages.
La Chine a éprouvé beaucoup de révolutions politiques. On compte 22 dynasties qui y ont régné depuis Iao ; la 20e commença l'an 1280 de J. C., par un petit-fils de Genghiskhan ; et la 22e et dernière en 1649, par un prince mautchou, nommé Chun-si, dont la famille occupe encore le trône (a).
584. Climat : La Chine s'étend du nord au sud depuis le 40e jusqu’au 20e parallèle. Elle doit donc renfermer une grande variété de climats; mais, en général, la température y et beaucoup moins élevée que celle de l'Asie occidentale et même de l'Europe sous les mêmes latitudes. Les pluies y sont très-fréquentes en été, et rares en hiver; durant cette dernière saison, il gèle constamment, mais il ne tombe que peu de neige. Dans les parties méridionales, l’année se partage en deux saisons, celles des pluies, et celle de la sécheresse. La chaleur moyenne de l'été à Canton est de + 19°, Les ouragans et les trombes exercent souvent leurs ravages dans les parties voisines de la mer.
585. Les productions végétales de cette contrée fertile qu’arrosent deux grands fleuves (No. 556), et une multitude de rivières, de lacs et de canaux, sont toutes celles de
(a) Divers groupes insurrectionnels s’agitent, depuis plusieurs années, En po. ses provinces chinoises, et menacent le trône du jeune empereur ong- Qe
EMPIRE OHINOIS.
l'Europe et un grand nombre d’autres indigènes, telles que le camphrier, le mûrier à papier, l’arbre d’aloès, dont le bois du cœur nommé Calambac est un excellent cordial et se vend aussi cher dans l’Inde que l'or même; l'arbre à cire, qui fournit une cire blanche supérieure à celle des abeilles ; L’ARBRE A THÉ, devenu une source de profits immenses à la Chine, le ginseng, la salsepareille et diverses drogues médicinales ; le sésame, d’où l’on tire une huile de la meilleure qualité; diverses espèces de citronniers et d’orangers, le bananier, le tamarinier, le cannellier, le giroflier, le muscadier, &e., &e.
Le principal objet de l’excellente agriculture des Chinois est le riz» qui, dans les parties trop froides ou trop sèches, est remplacé par le froment ; viennent ensuite les pommes de terre, les choux, les navets, les ognons et les fèves. Ces légumes font la base de la nourriture des hommes et des animaux. Il n’y a que fort peu de pâturages ; les montagnes même les plus escarpées se cultivent avec soin. L'on n’y connaît point l’usage des jachères ; pour conserver la fertilité des champs qu'on ensemence toujours, on fait servir toutes les sortes d'engrais imaginables.
Entre les animaux sauvages on remarque l'éléphant, le rhinocéros unicorne, et plusieurs espèces de singes et de gibbons ; entre les insectes, les papillons, qui y sont d’une beauté rare, et les vers à soie, qui paraissent originaires de la Chine; entre les poissons, la dorade, qui, en Chine comme chez nous, sert d'ornement aux bassins ; entre les oiseaux, le faisan doré et argenté, la sarcelle, connue par ses deux belles crêtes orangées, le pélican chinois, qu’on dresse à la pêche, &c.
586. Mines : Il y a des mines d'argent; on recueille de la poussière d’or parmi les sables des rivières de l’ouest; on exploite aussi beaucup de cuivre, de mercure, de zinc, d’arsenic, de fer et de charbon de terre. Deux substances métalliques propres à la Chine sont la toutenague et le pétung-tsé ou cuivre blanc, qui servent à faire des vases et des chan-
deliers.
587. Commerce: Thés, nankins et autres cotons, soieries, toiles, draps; sucre, riz, canelle; toutenague, cuivre, borax, alun, mercure; porcelaine, verrerie; bois de sandal, drogues, tapisseries, papier, encre de la Chine, &c., &c. Le commerce extérieur Se fait principalement avec la Grande- Bretagne et les Etats-Unis,
Le thé et la soie forment la plus grande partie des exportations chinoises. Les importations commencent à égaler les exportations, grâce au commerce de l’opium; elles consistent en coton-
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EMPIRE OHINOIS. 231
nades américaines et anglaises, métaux ouvrés, quincaillerie, horlogerie, lainages, &c.
L'ensemble des échanges entre la Chine, l’Europe et les Etats- Unis, s'élève à #500,000,000. L'importation de l'opium est de $50,000,000 ; l'exportation du thé est de $70,000,000.
L’Angleterre, qui tient le premier rang dans le trafic avec la Chine, compte dans le chiffre des exportations pour $70,000,000, dont $40,000,000 pour l'exportation du thé (a).
588. Capitale : Pékin, dans la province de Petcheli, à 20 lieues de la Grande-Muraille. Elle forme un carré long et se divise en deux villes, la tartare ou mantchoue et la chinoise. L'ensemble a 6 lieues de circuit. Les murs ont 50 coudées de haut ; les arcades des portes sont en marbre, le reste est en larges briques. Les plus belles rues ont 120 pieds de large et une lieue de long ; elles sont occupées par des boutiques où se verident les soieries et toutes les marchandises de la Chine. Le palais impérial, avec ses dépendances, a plus de 2 lieues de circuit, la façade brille de peintures, de dorures et de vernis; les ornements de l'intérieur et les jardins sont de toute beauté. —Population, environ 2 millions d'habitants.
On admire la police exacte qui règne dans Pékin. Il y a un observatoire célèbre, une université, des académies, diverses écoles, un collége russe, des imprimeries, une bibliothèque, &c.
589. Villes Principales: Nankin, autrefois la capitale. Ses portes sont magnifiques, aussi bien que plusieurs de ses temples, entre autres celui qui couronne la fameuse tour de porcelaine. Cette tour a neuf étages ; il faut monter 884 degrés pour arriver au sommet, orné, à ce qu’on prétend, d’une pomme d’or massif. C’est la ville la plus savante de la Chine. Il y a plusieurs bibliothèques, une académie de médecine, des fabriques de satins rembrunis et d’étoffes connues sous le nom de nankins. L’arbuste qui fournit cette espèce de coton jaune rougeâtre, croît dans la même province. Population, 1 million d’habitants.—Shang-Haï, actuellement le principal centre du commerce de l’Europe et des Etats-Unis avec la Chine.
Canton : Une des plus peuplées et des plus opulentes villes de la Chine.—Exportation immense de thés, outre les soieries, la porcelaine, &c. Population, 1,500,000.
Au sud de Canton, sur la même baie, est située Macao, établissement portugais, autrefois très-important, et qui fait encore un fort commerce de thé et d'opium. Un groupe de rochers, près des hautes éminences de la ville, forme un antre appelé la grotte du C'amoëens, où ce poète composa, dit-on, son poème de la Lusiade.
(a) Le commerce extérieur de la Chine s’accroit rapidement, depuis que ses principaux ports sont ouverts aux nations étrang res.
232 EMPIRE CHINOIS
590. Population et Religion : La Chine est le pays le plus peuplé de la terre ; on y compte environ 500 millions d'habitants, dont 2 millions vivent sur l’eau dans des jonques et autres bateaux, Si à ce nombre on ajoute 25 millions
ur les pays tributaires ou dépendants de l'empire, on aura un total de 525 millions. Les empereurs et les lettrés ou savants chinois suivent la religion de Confucius, qui est une espèce de déisme ; le peuple suit généralement le culte de Bouddha ou Fohi. Il y a environ un million de catholiques.
Depuis les traités de Canton (1844-1845) et de Tien-tsin (1858),
concius sous l'influence de la France et de l'Angleterre, le christianisme est autorisé dans toute l'étendue de l'empire.
591. Le gouvernement est des” ..que. L’empereur s’intitule j£s sacré du Ciel, unique gouverneur de la terre, grand vère de son peuple ; on adore sa personne; on porte des offrandes à son image et à son trône ; ses états composent le Céleste-Empire. Les seigneurs de sa cour reçoivent à genoux ses ordres ; quand il sort, il est précédé de 2000 licteurs, qui portent des chaînes, des haches, et divers autres instruments de supplice ; les Chinois alors se renferment dans leurs maisons; ceux qui se trouvent sur son passage tournent le dos ou se prosternent la face contre terre, Tous les
uvoirs, religieux, civils et militaires se concentrent dans es mains de l’empereur, dont les principaux officiers, divisés en neuf classes, portent le nom de mandarins ; ceux-ci sont revêtus d’une autorité très-grande, et gouvernent despotiquement les villes et les provinces ; mais il leur arrive souvent d’être destitués ou mis à mort sans forme de procès.
Cependant, à côté d’un régime aussi absolu, il existe pour les sujets une foule de garanties. Le monarque est obligé de choisir ses agents dans le corps des Zefirés, et d’après des règles fixes. Ces lettrés, au nombre de 500,000, sont la nobiesse de l’état, qui se recrute perpétuellermient par des examens et des concours, ouverts aux jeunes gens de toutes les conditions. Il y a d’ailleurs Ges lois, des usages et des préjugés qu’on ne pourrait enfreindre sans s’exposer aux émeutes populaires ou même à une insurrection générale, Lorsque l'empereur preud une mesure qui contrarie J’opinion publique, il déduit ses motifs dans la Gazette Officielle, dont les extraits se réimpriment dans toutes les provinces. Una fait remarquable eut qu’il se croit responsable envers ses
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