‹ Nouvel abrégé de géographie moderne à l'usage de la jeunesse [microforme]Chapitre 199 sur 269 · Chinois ; la hardie · texte numérisé non relu

Chinois ; la hardie

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peuples de toutes les calamités, famines, épidémies, tremblements de terre, &e. ; il s’accuse alors publiquement d’avoir irrité le ciel en négligeant ses devoirs, et s’impose des pénitences qui consistent en retraites, en jeûnes, en prières ex! raordinaires, &c (a).

L'armée chinoise est d'environ 250,000 hommes, dont une faible partie est organisée et exercée à l’européenne. Elle se compose de troupes mandchoues et mongoles, et de milices chinoises ou troupes de l'Etendard vert. On assure qu’elle est mal disciplinée, dépourvue de courage, et qu’elle ighore l’art des évolutions militaires (b). La marine est composée d'un grand nombre de vaisseaux, mais les Chinois n’ont fait que peu de progrès dans la science de la navigation, quoiqu’ils aient connu longtemps avant nous l’usage de la boussole.

592. La langue chinoise est peut-être la plus imparfait. ot la plus difficile à apprendre qu'il y ait au monde. La langue parlée ne contient que 350 monosyllabes, que les Chinois accompagnent d’une infinité de gestes, en parlant. L'écriture se compose de 80,000 signes hiéroglyphiques, qui expriment non des mots, mais des pensées entières.

593. Arts et Sciences : Les Chinois imitent très-bien la nature dans leur peinture, dans la construction de leurs jardins et de leurs maisons de plaisance. Ils sont sans rivaux dans les fabriques de joujous, éventails, corbeiiles, fleurs artificielles, ouvrages en ivoire, en filigrane, &:. Ils font avec une vitesse surprenante les calculs arithmétiques. Ils ont inventé l'imprimerie, du moins celle qui se fait avec des planches massives, plusieurs siècles avant les Européens, et la poudre à canon, qu’ils employèrent lors même de l'invasion de Genghiskhan (en 1209). Ils font de très-beaux feux d'artifice, qu'ils tirent ordinairement en plein jour. Ils ont des tragédies, des comédies et d'autres représentations dramatiques. Mais en général ils ignorent ce qui constitue la vraie poésie et la véritable éloquence. Leur architecture et leur peinture se bornent à copier servilement les objets que la nature leur met devant les yeux. Leurs connaïssances en fait de mathématiques ne s'étendent pas même jusqu’au calcul des éclipses. Ce sont les Européens qui leur out appris à se servir de caractères d'imprimerie mobiles, et de mousqueterie.

594. Ouvrages publics : On doit admirer les grandes routes des Chinois ; leurs ponts d’une seule arche, et d’une solidité remarquable ; la hardiesse prodigieuse de leurs galeries suspendues le long des mon-

(a) On attache la plus grande importance à ses actes les plus insignifiants. La Gazette de Pékin, qui parait chaque jour, raconte avec une gravité risible comment l’empereur a dormi, s’il a mangé avec appétit, quels ont été ses aliments, &c.

(b) Les guerres récentes avec les Européens ont prou soldats chinois sont redoutables. k PHONE CN MAR

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tagnes, et qui sont si effrayantes pour les Européens ; leurs tours pyramidales, qui distinguent pour l'ordinaire leurs temples ou pagodes ; leurs canaux, vastes, profonds, bordés de quais en pierre, surtout le canal Impérial entre Pékin et Canton, qui n’est interrompu que par une journée de marche pour traverser une montagne.

Mais l'ouvrage le plus étonnant qu'offre la Chine, et peut-être le monde entier, est la Grande Muraille, qui s'étend sur toute la frontière septentrionale, et qui fut construite pour arrêter les incursions des Tartares (Mongols et Mantchoux). Sa longeur est de 600 lieues ; sa hauteur, de 30 pieds dans les plaines, et de 15 à 20 dans-les parties montagneuses ; sa largeur est telle, qué le plus souvent six cavaliers y peuvent parader de front.

595. Mœurs, d'e. : Les Chinois sont accusés d’un manque extrême de probité, d’indolence dans les classes riches et de malpropreté dans les classes pauvres, qui dévorent, dit-on, tout ce qu’elles trouvent sous la main. L'usage cruel d’exposer les enfants dans les rues ou sur l’eau, est fort ancien, quo‘que assez rare aujourd’hui. Le sexe est tenu dans une espèce d’esclavage ; le paysan chinois attelle, en mème temps, dit-on, à sa charrue sa femme et son âne.

Une Chinoise ne se croit belle qu’autant qu’elle a les yeux bridés les lèvres un peu gonflées, les cheveux lissés et d’un noir d'ébènes et les pieds d’une petitesse extrême : ce dernier trait achève l’idée de sa beauté. Pour lui donner cette perfection, on a soin de lui emmaillotter étroitement les pieds dans sa jeunesse ; aussi, dans un âge plus avancé, elle semble chanceler plutôt que marcher. Chez les hommes, l’embonpoint, signe d’une vie oisive, est un titre à la considération. Les hommes maigres passent pour avoir peu de talent. Les gens comme il faut laissent croître les ongles des doigts. On teint en noir les cheveux et la barbe. Les innombrables cérémonies

. que pratique partout le Chinois, rendent su compaguie fort ennu-

yeuse aux autres nations.

Rarement le Chinois laisse apercevoir la plus légère trace de passion ; rarement il quitte l'air humble et soumis d’un esclave qui veut plaire. Ces qualités sont fortifiées, tant par le caractère du gouvernement, que par l’absence totale de mets échauffants et de liqueurs

spiritueuses. Le thé est la boisson universelle.

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