‹ Nouvel abrégé de géographie moderne à l'usage de la jeunesse [microforme]Chapitre 204 sur 269 · Va · texte numérisé non relu

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INDE OU HINDOUSTAN

Le commerce des Indes augmente chaque année dans une proportion extraordinaire,et peut-être exceptionnelle. Depuis 1840,il s'accroît en moyenne de cent pour cent dans une période de six ans. Il était, en 1865, de $170,000,000 ; il dépassait, en 1864, $600,000,000. 3,68

: pays qui prennent la part la plus active dans le commerce ‘des Indes

sont : l'Angleterre, la Chine, la France et les Etats-Unis.

616. Capitale de l'Inde anglaise, Calcutta, dans une position malsaine sur l’Hougly, l’une des branches occidentales du Grange à 100 milles de la mer. Elle est divisée en deux quartiers, la ville Noire, habitée par des Indiens et d'autres nations asiatiques, et le quartier du gouvernement, habité par les Anglais et d'autres Européens ; la première est

très-basse et mal construite en maisons de bambous ; la se-

conde est magnifique.

Parmi les édifices de Calcutta, on remarque le palais du gouvernement, une cathédrale anglicane, une église catholique et une arménienne, plusieurs mosquées et une foule de pagodes ; il y'a une

| université, ! une société savante .très-célèbre, un superbe jardin bota-

nique, un grand nombre de manufactures et de maisons de commerce, &.—Population, ,1,000,000 d'habitants, dont un quart environ professent le christianisme. Le port ne peut recevoir que des vaisseaux de 500 tonneaux ; les autres sont obligés de jeter l'ancre à 50 milles plus bas, à Port-Diamant.

617. Villes principales : Bénarès, la ville savante des Hindous, sur le Gange à plus de 200 lieues de son embouchure—ancien observatoire où l’on voit une sphère tracée d’après le système de Copernic, connu des Indiens longtemps avant cet astronome—pagodes magnifiques, dans l’une desquelles est un taureau taillé de pierres qui renferme un taureau vivaut—les Hindous sont obligés de visiter cette pagode une fois dans leur vie—grande affluence de pélerins dans les fêtes religieuses.—Principal marché de diamants et de bijoux.—Population, 200,000.

—Surate, dans le Guzurate, grande ville de commerce, —ce fut ici que la Compagnie des Indes établit sa première factoreris, en 1612, avec la permission du Grand-Mogol, &c.

—Madras, siége de la 2e présidence, sur la côte de Coromandel— très-riche et très-florissante—églises, couvents, missions, ob$ervatoire, fabriques nombreuses, &c. Population, 700,000.

‘—Patna, sur le Gange, à 105 lieues de Calcutta——fabriques trèsimportantes—commerce de salpêtre et d’opium.

Bombay, sur la côte de Concan, siégé de la’ 3e présidence-trèsgrande, très-forte—son port est un des meilleurs de l’Inde—entrepôt des marchandises arabiques, persiques et indiennes. Population, 800,000. #

Delhi, ancienne capitale du Grand-Mogol. Population, 200,000 (a).

(a) Delhi a été le centre de la révolte des Cipayes, en 1857,

244 INDE OU HINDOUSTAN. —Agra, ancienne capitale des Grands-Mogols—on y admire le palais et la mosquée de l'empereur Akbar, deux des plus beaux édifices de l’Asie.—Lahore, autrefois résidence des Grands-Mogols—on :y voit un des plus beaux palais du monde.—Jaggernaut ou Jagrenat, terre sacrée des Hindous, fameuse par les pélerinages qu'y attirent trois grandes pagodes—l’une d'elles renferme une idole dont les yeux sont de gros diamants——Golconde, ville forte connue par les mines d'or et de diamants qui se trouve dans les environs.—-Seringapatam, où périt, en 1799, le dernier roi de Mysore, le brave Tippoo-Saïib, en se . défendant contre les Anglais.— Masulipatam, célèbre par ses toiles peintes et ses manufactures, &c., &c.

” 618. Le cheflieu des possessions françaises est Pondichéry sur la côte de Coromandel, vills nnufacturière, mais située dans un pays stérile; celui des possessions portugaises est Groa, sur la côte de Concan, grande ville très-commerçante, archevêché catholique, &c.,—on y voit le tombeau de St. François Xavier. ie possessions hollandaises, | autrefois très-importantes, furent toutes cédées à l’Angleterre en 1824.

Les autres villes ou ports français sont Chandernagor dans le

Bengale, Yanaon, sur la côte d'Orissa ; Karikal, sur la côte de Coro-

mandel, et Mahé, sur la côte de Malabar. Les Portugais ont encore l'île Diu, sur la côte de Concan. Les ports hollandais étaient Jaggernaut et Palicole, sur la côte d’Orissa ; Paliacate, Madras et Porto- Novo, sur la côte de Coromandel, et Tuticorin, dans le golfe de Manar, Jusqu'en 1795, Cochin, sur la côte de Malabar, était le principal établissement que les Hollandais eussent dans les Indes. Calicut, sur la même côte, est le premier port des Indes qui ait été visité par les Européens; le portugais Vasco de Gama y aborda en

615. Population : Environ 184,000,000 d'habitants, qui appartiennent presque tous à l’Hindoustan anglais, les états indépendants ne renfermant qu'environ 4 millions d'habitants, les possessions portugaises 400,000, et les françaises 200,000. La division par races est à peu près comme suit : 130 millions d’'Hindous, 25 millions de Mongols, et les autres Afghans, Béloutches, Guèbres, Perses, Arabes, Juifs, Portugais, Anglais, Français, métis, &c.

Les habitants de l'Inde, ainsi que ceux de l’Europe, appartiennent à la race caucasique ; mais ils se partagent en une grande variété de types. On compte au moins 30 nations distinctes, ayant chacune un langage propre, qui se subdivise lui-même en une série indéfinie de dialectes. Les principales langues parlées sont : l'hindoustani (a)

a) L'hindoustani est la langue la plus répandue dans l’Hindoustan ; c’est . celle que le gouvernement anglais emploie dans ses rapports officiels,

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INDE OU HINDOUSTAN

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Les Hindous sont divisés en quatre castes principales, chacune desquelles en renferme beaucoup d’autres ; la première est celle des Brahmes ou Bramines ou prêtres ; la seconde, celle des guerriers ; la troisième, celle des agriculteurs ; la quatrième, celles des artisans. Ces castes ne peuvent manger ensemble ni s’allier entre elles. Elles exercent le droit de mort ou d’exil sur leurs membres. Les descendants de ceux qui, par des mariages illicites, ont dérogé aux priviléges de ces quatre castes nobles, sont compris dans les divisions ignobles et méprisées. Au dessous de ces dernières, on voit les Pariahs, que les Hindous ont rejetés de leur société et qui ne peuvent habiter dans les villes; ils sont obligés, dit-on, de fuir à l'aspect d’un Hindou noble, de maïquer leurs fontaines par un entourage &’os animaux, et de se livrer aux occupations les plus dégoûtantes. Cependant l'influence des mœurs anglaises a déjà beaucoup affaibli les préjugés des Hindous au sujet des castes et mitigé le sort de ces malheureux proscrits, qui s'engagent volontiers au service de leurs maîtres européens.

Il arrivait souvent autrefois, surtout dans le Bengale, que les femmes des deux premières castes se brûlaïent à la mort de leurs maris; cette coutume barbare a été détruite par les Anglais depuis 1829. Le meurtre des enfants du sexe féminin est à peu près général.

620. Moœurs, nourriture, vêtements, fc.: On accuse les Hindous d’une extrême indolence, qu’il faudrait peut-être attribuer à la douceur du climat et à la facilité avec laquelle ils se pourvoient de tout ce qui est nécessaire à la vie. Leur nourriture commune est composée de riz, de quelques légumes, d'épices et de poisson ; les pauvres se contentent de riz et de sel. Le vêtement des Hindous du nord est un turban, une simple étoffe de coton qui leur couvre la haut du corps avec une seconde étroitement serrée autour dés reins, qui leur tombe jusqu'aux genoux. Ailleurs, ils vont tête nue, et la pièce d’étoffe inférieure descend jusque vers les talons; maïs les

‘ pauvres ne portent qu’une large ceinture qui leur cache le milieu du

corps.

Toutes les classes de la société ont l'usage de fumer du tabac et de mâcher du bétel; c'est pour elles une affaire aussi importante que le boire et le manger.

621. La religion dominante est le brahmisme, professé par les neuf-dixièmes de la population de l'Inde; les mahométans sont au nombre d'environ 16 millions; la secte guerrière des Seiks, qui s’est fait une religion composée de bouddhisme et de mahométisme, comprend 4 millions d'individus ; il ya un million et demi de chrétiens; les autres suivent le culte de Bouddha.

INDE OU HINDOUSTAN

Les Hindous admetfbnt l'existence d’un être gumprême, éternel immense, première cause de tout ce qui existe ; de tre a divinités, Brahma, Vichnou et Siva, qui sont autant d'émanations ‘a premier être et les principaux objets de leur culte ; d’une foule divinités inférieures préposées «u gouvernement du monde, ainsi que é'esprits bons et méchants ; l'immortalité de l’âme, la métempey :ose et la purification des âmes par les pénitences et les expiatiur: volc'taires, La vache est pour les Hindous un ar‘mal sacr' , la tuer est u:' crime punissable de mort.

es livres qui cortiennent la religion et la philosophie des Hin d'in; sont appelés Bédas ou Védas ; ils sont écrits dans une langue morte très-ancienne et très-pure, qu'on nomme le sanscrit, et qui est ‘à langue religieuse de l'Inde.

‘ude est remplie de temples ou pagodes ; quelques-uns sont d’une belle architecture; tous sont d’une richesse extraordinaire, Les idoles présentent mille formes bizarres, horribles, impudiques ; des visages monstrueux, des figures avec quatre têtes et huit braë ou moitié hommes, moitié bêtes, &c. Les cérémonies du culte brahmanique donnent lieu quelquefois à des scènes affreuses, telles que la procession du dieu Krichna, dont le char énorme, haut de 80 pieds, écrase sous ses roues les fanatiques qui,-en s’y précipitant, croient trouver à la fois et la mort la plus glorieuse et une félicité éternelle. Il y a d’autres fêtes où règne la licence la plus effrénée,

622. Gouvernement : Depuis la suppression de la compagnie des In‘ es, en 1858, l'Hindoustau est sous l’autorité d’un Gouverneur-Général, nommé par la couronne d’Angleterre, et assisté d'un conseil législatif de cinq membres. . Les états protégés ou tributaires sont des monarchies absolues; mais ils sont sous la dépendance complète des Anglais, qui ont administration de leurs finances, ie commande-

ment de leurs armées et la possession de leurs places militaires.

Pour mieux s'assurer de la confiance des Indiens, \e gouvernement anglais leur laisse le libre exercice de leur culte religieux, et leur administre la justice suivant leurs propres lois Les Européens obéissent aux lois de leurs nations respec. es. Duns les trois villes de Calcutta, de Madras et de Bombay, tous les procès criminels se décident d’après le code de l'Angleterre.

Revenu, environ $220,000,000.

Dette publique, $500,000,000.

623. Les états indénendants sont gouvernés comme les peuples tributaires par des chefs ou rajahs ou nababs, qui exercent pour l'ordinaire sur leurs sujets un pouvoir très-despotique.

624. Voies de communication.—Les principaux canaux sont : le canal du Gange, entre Hardouar et Caounpour, et le canal: de la

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