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du tabac, boire de l’eau-de-vie ou du vin de palmier (a), dormir, danser, voilà les éternels amusements des nègres. Leurs instruments . de musique sont une rauque trompette d'ivoire, des tambours, des fifres, des espèces de guitares et de Iyre, etc.; leur harmonie vocale ne le cède en rien à l’instrumentale. sos
Il y a beaucoup de nations qui se rendent les dents pointues en *. les limant. La plupart se font des incisions sur la peau du visage, du dos, du ventre, ou même sur tout le corps. Quelques tribus vers Sierra-Leone savent produire dans la peau des enflures qui imitent les bas-reliefs. L'usage de s’'enduire de quelque matière grasse qui adhère fortement à la peau, est assez commun. HF.
A l'enterrement des princes, les nègres purement fétichistes immolent des victimes humaines : le sang de ces infortunés coule dans la tombe royale. Il est probable que ces mêmes sacrifices ont lieu dans toutes les calamités pressantes.
Les peuples d’origine européenne et asiatique, partagent le caractère et les mœurs de leurs ancêtres. k
Après les détails où l’on vient d'entrer, il suffira de parcourir trèsrapidement les diverses contrées de l'Afrique : excepté cependant l'Egypte et la Barbarie, qui méritent une description plus étendue,
EGYPTE
700. Bornes : Au nord, la Méditerranée ; à l'est, l’isthme de Suez et la mer Rouge ; au sud, la Nubie ; à l’ouest, les , déserts de Barca et de Lybie. Cette contrée se divise en trois régions, la Haute-Egypte, nommé Saïd, la moyenne ou Ouestanieh et la Basse ou Bahary; celle-ci comprend tout le Delta du Nil (voyez le No. 687).
L'Egypte, ce berceau des arts et des sciences, qui sous les Pharaons fut une puissante monarchie, est depuis 23 siècles soumise à une domination étrangère. Elle fut subjuguée par Cambyse, roi des Perses (No. 649), et par Alexandre-le-Grand. A la mort de celui-ci, elle échut à Ptolémée, l’un de ses généraux, dont les descendants régnèrent jusqu'au temps d'Auguste.
Conquise par les Arabes (636 de J.-C.), elle obéit aux califes jus." | |
que vers l’an 887. Les Turcomans, s’emparèrent ensuite de l’autorité et l’exercèrent sous plusieurs dynasties, jusqu'en 1250. A cette époque, les Mamelouks, milice qui se recrutait d'esclaves, et qu'avaient
(a) C'était au moment de l'ivresse que l’infortuné nègre était souvent c'argé de chaînes et transporté à bord de quelque vaisseau européen,
ÉGYPTE
établie les ‘Turcomans, massacrèrent leurs maîtres. Ces esclaves. soldats dominèrent en Egypte jusqu'au moment où les Français en firent la conquêfe en 1798. Les Turcs, aidés des Anglais, chassèrent * les Français, et tette contrée devint le théâtre de combats sanglants entre les pacbhs du Grand-Seigneur et les Mamelouks, Ceux-ci furent enfin massacrés en 1811, par le célèbre Méhémet-Ali, qui, n'ayant que le titre de pacha, ne laissa pas de jouer le rôle d’un sourain indépendant. Ce prince avait joint par conquête à son gouver- \ nement EN la région supérieure du Nil, la Mecque, Médine et
J'Yémen "Arabie, la Syrie, Chypre et Candie ; l'intervention des puissances éuropéennes et les armes anglaises le contraignirent (1840- 1841) de 8e renfermer dans ses états d'Afrique (No. 674). L'Egypte, depuis Méhémet-Ali, est entrée dans la voie des réformes et de la civilisation.
701. Climat, etc. : Climat chaud et peu salubre ; peste, opthalmie, vent de simoun.—Sol riche en productions de toutes sortes dans la vallée du Nil, c’est-à-dire, dans la partie arrosée par ce beau fleuve ou par les canaux sans nombre qu'il remplit; blé, riz, millet, orge, coton, indigo, sucre, huile, dattes, oranges, plantes médicinales, ete. Beaucoup de bétail, de brebis à grosse queue, et de chameaux.—Crocodiles, hippopotames, hyènes, autruches, ibis, ete.— Cire, salpêtre, sel ammoniac, natron, marbre, porphyre, ete. — Le commerce se fait principalement par des caravanes qui vont en Barbarie, en Syrie, en Arabie, en Nigritie, etc. ; elles y portent les productions du pays, et des toiles, qu'elles échangent pour de l'or, de l’ivoire, des épices, etc.
L 702. Capitale: Le Caire, près du Nil et de l’emplaceb ment de l’ancienne Memphis. (C'est la ville la plus peuplée de l'Afrique et une des plus commerçgantes.—Rues étroites, maisons mal bâties en mauvaises briques comme le sont généralement toutes celles de l’Egypte.—Le palais du pacha ou citadelle est le principal édifice de la ville. Grand nombre de mosquées, de bains, de canaux, de citernes, et de marchés publics.—Cimetières remaurquables.— Puits fameux, nommé puits de Joseph, creusé dans le roc à la profondeur de 270 pieds, ou selon d'autres de 360-—c’est un ouvrage du grand Saladin.—Population, environ 260,000 habitants Arabes, Turcs, Coptes, Fellahs, Juifs et Européens.
Le Caire possède la plus belle et la plus riche collection d’antiquités Egyptiennes. Cette ville est un centre commercial d’une haute
importance ; elle est le rendez-vous des caravanes de la Turquie d'Asie, de l'Arabie, de la Barbarie, du Sénégal et du Soudan.
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De l’autre côté du Nil sont les trois pyramides qui, par IBur gran-" . deur et leur célébrité, surpassent toutes celles dont KE est par
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d’abattre, a encore 474 pieds d’élévation; le côté d@sa bage est de, . 716 pieds. Monuments éternels de l’orgueil et de la tyfannie des rois » égyptiens, qui les destinaient à leur servir de mausolées, ces pyra- ! mides subsistent, quoique les noms de ceux qui les firänt construire soient effacés à jamais du souvenir des hommes. On vait auprès d'elles la grande tête de Sphinx, taillée, suivant ‘les appirences, à même un énorme rocher. EAN
A trois lieues plus loin, en remontant le fleuve, est 19 urg'de Sakkarah, dont les habitants font le commerce dt momies Bu corps embaumés d'hommes et d'animaux sacrés, qu'on tire des Caveaux) taillés dans les rochers voisins. 11 y en a de parfaitement bien cônservés qui n’ont pas moins de 3,000 ans. '
À l’ouest du Caire, dans le désert, est une vallée remplie de lacë
. de natron, d'où l’on tire aussi beaucoup de sel commun.
703. Villes principales : Alexandrie, sur un isthme étroit entre la Méditerranée et le lac Maréotis—réunie à Suez par un chemin Ve fer, etau Nil par le canal Mamoudieh—fondée par Alexandre-le-Grand —-Capitale de l'Egypte sous les Ptolémées et les Romains—on y:voit encore beaucoup de colonnes, d’obélisques, et d’autres restes de son ancienne magnificence.—C'est dans cette ville que se trouvait la plus riche bibliothèque de l’antiquité, contenant 700,000 rouleaux ou volumes, qui furent brûlés par l’ordre du ealife Omar. A l'entrée du plus oriental des deux ports d'Alexandrie, est le fameux phare bâti dans l’île, ou mieux, la presqu'île de ce nom, et quia passé pour l’une des sept merveilles du monde,
À 4 lieues au nord-est d'Alexandrie sont la forteresse et la baie d’Aboukir, célèbres par trois grandes victoires remportés, la lre sur les Français par l’Amiral Nelson, en 1798 ; la 2de sur les Turcs par Napoléon, en 1799 ; la 3e ou la bataille du Nil sur la flotte française par celle des Anglais, encore commandée par le même lord Nelson, en 1801.
Suez, où finit le canal de ce nom, sur la mer Rouge, ville de 30,000 habitants, grand entrepôt de commerce de l'Egypte avec la mer Rouge, l’une des principales étapes de la grande route de transît entre l’Europe et l'extrême Orient.—Ismailia, ville nouvelle, au centre de l’isthme de Suez, sur le lac Timsah.—Port-Saïd, ville martime, nouvellement fondée sur la Méditerranée, à l'entrée du canal de Suez.
—Damiette, située entre le Nil et le lac Menzaleh, dans la partie la plus fertile de l'Egypte, à 2 lieues de l’ancienne Damiette que prit St. Louis et qu'il rendit aux Turcs pour sa propre rançon—grand commerce de riz et d’autres denrées.
—Rosette, à l'embouchure de la principale branche occidentale du Nil, ombragée de dattiers, de bananiers et de figuiers d'Inde—
exporte du riz, de l'huile, du coton, des toiles, etc.
Siout, l’une des plus grandes villes du Saïd, d'ou partent les cara-
| ÉGYPTE. ‘vanes pour la Nubie et pour l'intérieur de l'Afrique—ses environs pro-
‘duisent le meilleur opium. é Au-déssous de Siout commencent les grottes de la Thébaïde, qui
| s'étendent à vingt lieues en remontant le fleuve. Elles furent habitées
: par les anachorètes, dans les premiers siècles du christianisme, Il + paraît qu'elles avuient été creusées très-anciennement par les Egyptiens, qui en ont tiré leur marbre.
Les ruines de l’ancienne Thèbes et les tombeaux de ses rois, à 60 lieues au sud-est de Siout, étonnent encore le voyageur. Au milieu du désert de l'Egypte occidentale sont la Grande et la Petite-Oasis : la Grande est formée de plusieurs terrains fertiles, arrosés par des ruisseaux et séparés les uns des autres par des plaines de sable ; c’est un lieu de rafraîchissement pour les caravanes ; il y a quelques villes et des ruines d'architecture romaine. La Petite produit les meilleurs dattes de l'Egypte ; elle est le chef-lieu de plusieurs tribus arabes.